top of page

Recherche

233 éléments trouvés pour «  »

Posts de blog (218)

  • Kirghizistan - Au pays des nomades

    Vallée de Sasyk Bulak — L’été, les bergers kirghizes montent au jaïloo (pâturage) avec leur bête et y établissent leur campement pour quatre mois. Là-haut, le cheval est plus que jamais un compagnon de labeur. Banni sous le régime soviétique, qui n’avait que faire d’un grimpeur économe et, qui plus est, nomade, alors que Moscou prône la sédentarité, le cheval kirghiz renoue avec sa culture. Chevauchée dans les Tian Shan, à la rencontre de ces nomades et de leurs coutumes. Et quel incroyable panorama ! Succession de cimes enneigées et de sommets effilés, belles rivières, lacs turquoise, immenses pâturages tapissés de fleurs, troupeaux de chevaux en liberté, moutons… Plus dur à voir : des loups, des moutons Marco Polo, des léopards des neiges. On ne soupçonne pas l’ampleur des montagnes en Kirghizie. Impressionnant ! La plupart des massifs culminent entre 4000 et 5000 mètres. Certains sommets dépassent 7000 mètres. Blotti entre le Kazakhstan, la Chine, le Tadjikistan et l'Ouzbékistan, on n'a qu'une idée confuse de ce petit pays d'Asie centrale: des paysages démesurés, un peuple intimement lié au nomadisme et une culture authentique que 70 ans de communisme n'ont pas subjugué. Voilà un pays hospitalier, sans grande ville ou monument, sans artifice ni fla-fla. Un fracas, amplifié par l'écho de la montagne, déchire le silence du matin. Le claquement des fouets résonne, suivi du martèlement des sabots des chevaux qui fait trembler le sol. Les tchabanes lancent des cris à tout rompre, encouragés par les tout-petits qui, fouet à la main et pouce dans la bouche, tentent d'imiter leur père. Ici, on apprend à monter avant de marcher. Un voyage au pays du nomadisme signifie lâcher prise avec ses petites habitudes de vie aisée. Rares sont les endroits sur la planète où l'on peut rencontrer un peuple autant en osmose avec la nature et encore à l'abri du matérialisme occidental. Cela, malgré sept décennies d'une politique de sédentarisation et de modernisation soviétique. La rencontre en montagne avec les nomades n'est pas un cliché. C'est une réalité concrète qui n'a rien d'un roman à l'eau de rose. L'été, ces rudes montagnards montent au jaïloo (pâturage d'été) avec leurs bêtes et y établissent leur campement pour quatre mois. «Les Kirghizes restent des éleveurs et des bergers», explique Jacqueline Ripart. Comme les machines agricoles héritées des kolkhozes ont disparu faute d'entretien et que la voiture, objet de luxe, est encore réservée à une minorité, le cheval est plus que jamais un compagnon de labeur. On le croise d'ailleurs partout, dans les rues, sur les routes et les pistes, attelé à la charrette ou plus souvent monté. Confortablement assis sur une selle recouverte d’une peau de mouton, en aucun moment nous avons souffert de douleurs au dos ou aux jambes. Pourtant, nous passions en moyenne cinq à six heures par jour à cheval. Et tout un montagnard, que ce cheval pas très beau ! Il grimpe agilement dans la moraine, à 4000 mètres d’altitude, sans s’essouffler, traverse les rivières houleuses d’un pas assuré et dévale des sentiers escarpés et boueux avec un aplomb admirable. Un peu à l’image du Kertag, ou cheval de Prjevalski, du nom du naturaliste d’origine polonaise et officier de l’armée impériale russe Nikolaï Mikhaïlovitch Prjevalski, qui a découvert en Djoungarie, à la fin des années 1870, des ossements du petit cheval sauvage. La porte d'un bozu est toujours ouverte au visiteur;, le thé, le koumiss, le pain, la crème, la confiture et le miel n'attendent que lui et l'invitation ne se refuse pas. Le samovar fume en permanence. En montagne, dès qu'on s'approche d'une yourte, on nous invite à enlever nos souliers, à passer à droite si on est une femme et à gauche si on est un homme; on nous offre un piala (petit bol) pour le thé que la maîtresse de maison ne remplira pas nécessairement. C'est bon signe: on tient à vous! Un bol plein aurait été une subtile invitation à prendre congé. Le koumys, est une boisson traditionnelle consommée quotidiennement par les bergers. On dit qu’il a de grandes vertus thérapeutiques. Les Soviétiques croyaient d’ailleurs aux propriétés curatives du lait de jument fermenté. Bien que le pays soit accessible à tous, un voyage au Kirghizistan, ce n'est pas pour tout le monde. Il faut vraiment avoir envie de lâcher prise. Mais tous ceux qui auront la chance d'y mettre les pieds avant que les investisseurs découvrent ce petit joyau en reviendront réellement transformés. On n'y rencontre encore que du vrai. Salam aleykum! Le meilleur moment pour aller au Kirghizistan se situe entre la mi-juin et la mi-septembre. C’est à cette époque, l’été, que les semi-nomades transhument vers les jaïloos. La compagnie kirghize Shepherd’s Way trekking, à Bichkek propose de jolies randonnées dans les Tian Shan et autour du lac Issyk Koul allant d'une journée et plus. Les propriétaires parlent l’anglais et ont l’habitude des visiteurs étrangers. Ils viennent chercher leurs clients à l’aéroport de Bichkek pour les mener au point de départ, à Barskoon (cinq à six heures de voiture).

  • Il était une fois la civilisation maya

    Copan Ruinas — De petits temples, mais des stèles remarquables sculptées au détail et un long escalier hiéroglyphe dont les 64 marches se lisent comme un roman. On est à Copan. Des pyramides colossales perdues dans la jungle ; de grands blocs de calcaire enchevêtrés par des racines d’arbres centenaires. On est à Tikal. À l’orée du 14e Bak’tun, l’histoire de ces sites, qui remonte à entre 250 et 900 de notre ère, continue de s’écrire. Qui a parlé de fin du monde ? L’architecture coloniale et les rues pavées et pentues de Copan Ruinas rappellent tout à fait le Mexique colonial et confèrent à la fameuse petite ville de montagne de l’ouest du Honduras un charme européen indéniable. Les habitants de la place se targuent même de vivre dans l’endroit le plus visité du pays. Pas surprenant étant donné que leur village est situé tout près de la porte d’entrée de l’un des plus beaux sites archéologiques maya de l’Amérique centrale. Des flambeaux plantés de part et d’autre de la scène éclairent le tapis rouge qui conduit au sommet du temple maya dressé pour le spectacle. Du sol s’échappe une fumée blanche qui recouvre le plancher de la scène. Deux haut-parleurs diffusent une musique rappelant le gémissement du vent, le cri rauque de l’ara, le rugissement du jaguar, le sifflement du serpent. C’est en l’honneur de notre petit groupe venu au Honduras dans le cadre de la 9e édition de la foire touristique d’Amérique centrale (CATM), qui se tenait en octobre dernier à San Pedro Sula, que les habitants du village de Copan Ruinas ont monté ce spectacle évoquant l’ère maya. Depuis le mois de janvier, à proximité de sites archéologiques importants de l’Amérique centrale, on célèbre de mille façons la fin du 13e Bak’tun, qui aura lieu le 21 décembre 2012. « Les Mayas étaient d’une étonnante précision, explique Eli Gonzalez, notre guide. Même installé au fin fond d’une jungle impraticable, ce peuple savait observer et réfléchir. Le temps constituait la base de leur religion. Pour eux, le monde était inscrit dans une succession d’univers qui devait chacun être détruit par un cataclysme et remplacé par un autre. C’est pour atteindre encore plus de précision dans l’évaluation du temps qu’ils ont inventé le compte long. » Parmi les unités du calendrier maya, il y a le kin (un jour), l’uinal (20 kin), le tun (18 uinal), le katun (20 tun) et le baktun (20 katun), l’unité la plus longue. « Un baktun équivaut à 144 000 jours, soit 394 ans, treize baktun, à 1 872 000 jours, soit 5125 années solaires du calendrier grégorien. Le 13e baktun représente la fin d’un grand cycle commencé le 11 août 3114 av. J.-C. Le 21 décembre prochain, on remettra le compteur à zéro pour un nouveau cycle de 5125 ans. » Sous le regard curieux des spectateurs rassemblés sur la place centrale du village de Copan Ruinas, surgit de la foule une longue file de guerriers mayas décorés de peinture. Les hommes portent le pagne et une coiffe surmontée de plumes d’aras ; les femmes, le huipil, la robe traditionnelle. La petite troupe à l’allure fière prend place sur les escaliers, face au public. Un narrateur raconte avec une voix sombre le contexte. Nous sommes dans la vallée de Copan, entre 427 et 900 de notre ère, à l’apogée d’un empire influent et prestigieux. Les Mayas, qui se construisent et se hiérarchisent depuis plus de 1000 ans, maîtrisent alors le calendrier, les mathématiques, l’astronomie, l’écriture. Ils cultivent le maïs, les légumes, les fruits, les pierres. Les échanges commerciaux entre cités mayas en Mésoamérique - territoire culturel d’avant la conquête espagnole, qui regroupe les États du Guatemala, Belize, la péninsule mexicaine du Yucatán, une partie du Salvador et du Honduras - vont bon train. Et si les Mayas savent aménager des canaux d’approvisionnement d’eau et construire des temples somptueux, reconnaître les plantes qui nourrissent, guérissent ou permettent d’entrer en contact avec les dieux, ils n’hésitent pas à sacrifier des êtres vivants pour que tombe la pluie ou que brille le soleil. Deux guerriers prennent place dans l’arène au pied des escaliers. Le combat commence. On assiste sous une pleine lune éclatante à une lutte acharnée qui durera une dizaine de minutes. Jusqu’à ce que mort s’ensuive. Rituel religieux, soif de sang, guerre de clochers ? Pas sûr ! Mais on comprend que le sacrifice et les offrandes occupent une place cruciale dans la vie des Mayas. Copan La cité maya de Copan doit son existence à Kinich Yax Kuk Mo, aristocrate maya de la région de Tikal, au Guatemala. Conquise en 378 par la grande cité mexicaine de Teotihuacán, Tikal étend sa domination sur le Peten central et vers le sud. Élevé à un statut royal en 426, Kuk Mo arrive dans la vallée de Copan en 427 portant avec lui la culture maya des basses terres. Yax Kuk Mo sera le premier roi d’une série de dix-sept à Copan. Il y régnera jusqu’en l’an 437. Le « Museo de Esculptura de Copan » au départ de l’Acropole prépare à la visite des ruines. Le bâtiment lui-même se veut un hommage au symbolisme maya. Les visiteurs entrent par la gueule d’un serpent et se retrouvent dans le musée à l’intérieur du corps tortueux du reptile. La salle d’exposition évolue autour du remontage, grandeur nature, du temple Rosalila Ici, dans ce musée lumineux, le voyageur fait connaissance avec la grande civilisation maya du premier millénaire de notre ère et ses structures monumentales : pyramides, temples, sculptures. « Le site de Copan, avec ses seize temples dont les inscriptions sont quasi intactes, compte plus de hiéroglyphes, de stèles et de marches que tout autre site du Nouveau Monde, précise Ali. Il est le site maya le plus étudié par les archéologues du monde. Non pas pour ses grandes pyramides, mais pour son art et ses sculptures ciselées avec finesse. » Une aire de pique-nique longe un sentier ombragé de 400 mètres qui mène au groupe principal. Derrière de belles pelouses, les ruines portent des numéros pour faciliter leur identification. Un groupe d’aras rouge, bleu et jaune vivant ici en liberté nous accueillent dans une cacophonie de cris à donner des frissons. D’ailleurs, juste le fait de se promener entre temples, stèles et tunnels de ce site classé au patrimoine de l’UNESCO donne la chair de poule. À voir : le jeu de balle, qui est le deuxième sport du monde maya. Ce sport rituel opposait deux équipes et consistait à renvoyer dans le camp adverse, sans qu’elle touche le sol, une balle en caoutchouc - matière sacrée chez les Mayas, qui pouvait peser jusqu’à trois kilogrammes. « On ne pouvait utiliser que les genoux, les coudes, les hanches et les fesses. La trajectoire de la balle correspondait à la course du soleil qui ne devait pas s’arrêter ; les anneaux de pierre, le plus souvent disposés à l’Est [levant] et à l’Ouest [couchant], servaient de cible », explique Ali. À voir aussi : l’Escalier hiéroglyphe, la plus longue inscription maya connue. Chacune de ses soixante-quatre marches couvertes de symboles gravés raconte la belle histoire des rois de Copan. Et le Guatemala Comme à Copan, Tikal, au Guatemala, est à dimension humaine, et tout se joue dans la forêt. En fait, plutôt dans la jungle, la vraie ! Les singes hurleurs se balancent d’arbre en arbre, les coatis se promènent dans les sous-bois, les oiseaux bavardent. C’est sauvage et grandiose. On se croirait parfois sur le site de la cité d’Angkor, au Cambodge. Sûrement à cause des fromagers (ceiba). Ces arbres ont poussé en entrelaçant les pierres de leurs racines. Atmosphère fantastique garantie ! D’ailleurs, pourquoi s’être installé dans une telle jungle ? Est-ce à cause de l’abondance du silex, utilisé dans la confection des pointes de lance, des flèches et des couteaux ? On dit que Tikal, au milieu du IVe siècle, sous le règne de Chak TohI Ich’aak Ier (Grande Patte de Jaguar), adopta les méthodes de guerre brutales des souverains de Teotihuacán, au Mexique voisin. Le silex servait aussi de monnaie d’échange pour d’autres marchandises. Comme les coquillages d’ailleurs. « On sait peu de chose du monde maya, raconte Laura Calderon, notre guide, mais la découverte de fausses fèves de cacao, qui servaient aussi de monnaie d’échange, indique que la magouille existait à Tikal. Pour quatre fèves de cacao on achetait une dinde ; pour dix, un tapir. » « Si Copan était considéré comme l’Athènes de la Mésoamérique, Tikal en était le Wall Street, poursuit Laura. C’était à la fois la cité de la diplomatie, un grand centre religieux et commerçant. On y négociait le jade, la pyrite et l’hématite. Tout le monde voulait être en relation avec Tikal. » Une pause au sommet du temple IV, à 65 mètres, permet d’apprécier l’étendue de la canopée et d’imaginer (avec l’aide d’un guide) la vie au temps des Mayas. À l’horizon pointent les temples de la Gran Plaza et le temple V. Le temple IV est l’édifice maya le plus haut après La Danta à El Mirador. Un escalier raide de 200 marches conduit au pinacle. Outre le plaisir qu’ils nous offrent de dominer des siècles d’histoire, les temples en ruines sont des plateformes parfaites pour observer les 300 espèces d’oiseaux recensées dans cette région du nord du Guatemala. Fin d’un monde ou pas, à quelle catastrophe faut-il attribuer la disparition de la civilisation maya classique ? Guerres, famines, maladies ou… problème environnemental. La déforestation massive et l’érosion qui s’est ensuivie apparaissent comme une explication plausible. C’est à ça qu’il faut réfléchir. Les Mayas n’avaient-ils pas comme théorie que l’histoire se répète ? Collaboratrice *** En vrac Se rendre à Copan. Il faut compter environ trois heures de route à partir de San Pedro Sula. Deux jours ne sont pas de trop pour visiter le village de Copan Ruinas, le site de Copan et le Macaw Mountain Bird Park, réserve privée qui se consacre à la sauvegarde des aras. Se rendre à Tikal. On peut y aller en auto de Guatemala Ciudad (environ 350 km, 10 heures de route si tout va bien), mais l’avion apparaît comme une meilleure solution. On part le matin et l’on revient le soir. Moins fatigant et moins risqué. Puis, observer du ciel la géographie tourmentée du Guatemala ne laisse pas indifférent. En ouvrant les yeux, on peut voir le Pacaya (2552 m). Adoré le beau livre de 216 pages, en papier glacé et abondamment illustré, Éternelle route maya. Au coeur du Yucatan, de Marie-Sophie Chabres et Jean-Paul Naddeo, aux éditions Gründ. L’ouvrage résume 3000 ans d’histoire maya et propose un itinéraire de 1637 kilomètres à la découverte de villes, villages et site archéologiques intéressants du sud du Mexique. Où manger, quoi manger, où dormir… les auteurs proposent ici tout plein d’idées. Acheté le magazine Archaelogy de novembre et décembre 2012. On y explique très bien, dans un article intitulé « The Maya and the End of Time », la fin du monde. D’un monde…

  • Tourisme Guatemala - Sur la route des volcans, d’Antigua au lac Atitlán

    Antigua – L’étonnante variété de paysages et la grande diversité culturelle du Guatemala font de ce petit État d’Amérique centrale, baigné au sud par l’océan Pacifique et au nord-est par la mer des Caraïbes, un pays passionnant à visiter. À l’ombre des volcans, entre la jolie ville coloniale de La Antigua Guatemala et les villages indigènes hauts en couleur du lac Atitlán. Rien à faire, le ciel reste nuageux. Impossible d’entr’apercevoir ne serait-ce que le contour du volcan Agua. Raison de plus pour élire domicile plus d’un jour dans cette jolie ville coloniale. Par beau temps, où que l’on soit dans Antigua, on voit l’Agua, situé à dix kilomètres d’ici. Mais aujourd’hui, le beau dôme, à 3766 mètres, se trouve sous un couvert de nuages. À la différence des autres volcans de la région, comme le Fuego et le Pacaya, l’Agua se présente en situation isolée au milieu des plaines. Son cône parfait à l’allure d’un entonnoir est donc visible de loin. Il est d’ailleurs si beau que le Guatemala a émis des timbres à son effigie. À défaut de pouvoir admirer live l’Agua endormi depuis 100 000 ans, le visiteur peut aller s’émerveiller au couvent Las Capuchinas devant une fresque qui représente le volcan surplombant Antigua. Par la même occasion, il peut aussi visiter le cloître aux grosses colonnes et aux galeries voûtées, son jardin et sa tour aux dix-huit cellules construite autour d’un patio circulaire. Histoire de se faire une idée de la vie menée dans ce beau prieuré par les religieuses madrilènes qui, avant le séisme de 1773, s’occupaient d’un orphelinat et d’un hôpital pour femmes. La grande séductrice Les guides touristiques sont unanimes : la beauté coloniale d’Antigua, avec ses rues pavées, ses ruines (causées par deux tremblements de terre), ses multiples hébergements - plus de 140 hôtels, auberges de jeunesse et« posadas » -,ses restaurants, ses cafés (et son excellent café), ses boutiques d’art, en fait l’une des étapes préférées des voyageurs en visite au pays des couleurs. À l’ombre du Parque central, il faut prendre le temps de déguster un café de chez Café Barista, à l’angle nord-ouest du parc, avant de se lancer dans la visite des ruines de la cathédrale de Santiago détruite par le séisme de 1773. Incroyables, ces énormes fragments de colonnes qui gisent toujours sous les arcades de brique, comme si le tremblement de terre venait d’avoir lieu. À Antigua, pas de bâtiments en hauteur. Donc, pas de grandes tours à appartements ni de grands hôtels qui viennent obstruer la vue sur les volcans Agua, Fuego et Acatanango. Pourquoi ? Les ruines parlent d’elles-mêmes. L’histoire de cette ancienne capitale née en 1543 des conquêtes espagnoles et classée au patrimoine de l’Unesco, en 1979, a été ponctuée de séismes, d’éruptions volcaniques et d’inondations. Qui voudraient vivre aujourd’hui au 17e étage d’un immeuble ? « L’histoire tourmentée de la ville a d’ailleurs commencé sur les flancs du volcan Agua, le 11 septembre 1541 », raconte Laura Calderon, notre guide. « Une coulée de boue provenant de la montagne a pour ainsi dire enseveli la localité [premier emplacement de la capitale] alors située dans l’actuelle Ciudad Vieja, à sept kilomètres d’ici. Ce n’est que deux ans plus tard qu’apparaît sur la carte du monde Santiago de los Caballeros, le nom d’Antigua à l’époque. » Antigua, alias Santiago de Guatemala donc, sera pendant près de deux siècles un important centre politique, économique, religieux et culturel. Mais la capitale située au beau milieu d’une zone sismique active n’est pas au bout de ses peines. La terre gronde à répétition et finit par avoir raison de la belle coloniale en 1773. À bout, les autorités espagnoles décident de s’installer dans la vallée de La Ermita, à 45 kilomètres à l’ouest d’Antigua. En 1775, le roi Charles III signe une charte ordonnant la construction de Guatemala Ciudad, depuis la capitale du Guatemala. L’embarras du choix Plusieurs motivations incitent les touristes à visiter Antigua : la richesse de l’histoire, la joliesse des maisons aux couleurs pastel, le café exquis, l’ivresse de grimper l’un ou l’autre des trois volcans qui dominent la ville, la gentillesse des habitants, les nombreuses écoles d’espagnol. « Elles attirent les étudiants du monde entier, dit Laura Calderon. Le choix est vaste à Antigua et la plupart des écoles offrent tous les niveaux d’apprentissage. Et si un cours dure trois semaines en moyenne, rien n’empêche de s’inscrire à une leçon d’une heure seulement ou alors de s’installer à Antigua pour plusieurs mois, histoire d’explorer les environs de la ville. » Nul besoin d’être un grand marcheur pour grimper le volcan Pacaya (2552 mètres d’altitude) situé à 25 kilomètres d’Antigua. Et il est encore actif ! On atteint le cratère en deux heures de marche max. À l’occasion, il arrive de voir une coulée de magma en ébullition au milieu d’un champ de lave durci. Attention aux petites explosions rocheuses. C’est ça, le danger ! Autre très beau site à visiter au Guatemala : le lac Atitlán à trois heures de route d’Antigua ou de Guatemala City. Le visiteur qui voyage en autobus a tout intérêt à suivre le conseil du guide Lonely Planet sur le Guatemala : se placer du côté droit du véhicule pour ne rien manquer de la vue époustouflante sur le lac couleur indigo et les trois volcans qui le dominent. À Solola, petite ville située sur une falaise, à 2060 mètres d’altitude, un belvédère invite les voyageurs à faire une courte pause contemplative. Le moment est propice, avant la pluie qui risque de tomber, pour capter en images le reflet du volcan San Pedro (3020 m) sur le lac d’une longueur de huit kilomètres du nord au sud et dix-huit d’est en ouest. Très photogénique. Une longue descente en serpentins de huit kilomètres mène à Panajachel, principale localité sur les bords du lac. Les rues piétonnes du centre-ville sont bordées de cybercafés, d’agences de voyage, de vendeurs d’artisanat, d’hôtels, de restaurants, de bars. Première véritable rencontre avec les mayas cakchiquel et « tzutuhil » venus des villages environnants vendre leur artisanat. Partout l’accueil est souriant. Dans les rues, les enfants vous saluent et les commerçantes vous emboîtent le pas, histoire de vous soutirer quelques quetzal, bien sûr, mais aussi de vous initier à leur savoir-faire ancestral. Elles vendent tissus colorés, foulards, tapis, kilim. Lorsqu’elles sont vêtues du huipil traditionnel, un connaisseur saurait dire, par la couleur de leur tunique, duquel des douze villages autour du lac proviennent ces femmes mayas, pour la plupart tisserandes de mère en fille. Du coton au textile C’est en lancha (bateaux-bus), au départ de Panajachel, que l’on rejoint les villages de Santiago Atitlán et San Juan La Laguna. Entre plantations de café, de coton, de bananes et de maïs, les deux localités aux rues pavées et pentues vivent au rythme des humeurs du lac Atitlán. Interrogés sur leur vision de la fin du monde par leurs ancêtres, les Mayas tz’utujil de San Juan La Laguna répondent qu’ils craignent bien plus les dégâts occasionnés par la montée des eaux du lac que tout autre chose. En accostant au quai, on voit les maisons inondées. Désolant ! À San Juan comme à Santiago Atitlán, les femmes portent des jupes à rayures et des huipils brodés de fleurs colorées, d’oiseaux, d’astres… Et elles assurent le maintien des traditions au grand plaisir des touristes. À San Juan, les femmes de l’Association de tisserandes « Telar de Cintura Chinimaya » ouvrent grandes les portes de leur atelier, ce qui permet aux visiteurs de suivre les étapes de travail des fileuses, teinturières et tisserandes du village de 5600 habitants. « Dans les coopératives artisanales, la priorité est donnée aux teintures végétales locales et au coton biologique filé à la main », explique Mercedes, une femme « tzutuhil » qui s’empresse de nous amener dans son jardin pour nous exposer les étapes de la teinture à partir de plantes locales. Avant que ne se lève le « Xocomil », ce fameux vent qui peut déchaîner le lac Atitlán en moins de deux, et que les étoiles s’allument, une visite à Maximon, cette divinité tenue en grand honneur dans les Hautes Terres du Guatemala, complète notre découverte de Santiago Atitlán. Comme le personnage change de maison tous les ans, un enfant du village nous conduit vers la statue de bois drapée de cravates et d’écharpes colorées et fumant un gros cigare. C’est Juan, un villageois qui a la tâche de surveiller le personnage 12 heures par jour, 365 jours par année. C’est aussi lui qui recueille les offrandes (Maximon adore le rhum et les cigarettes). « L’effigie du dieu est installée dans la maison d’un membre de la confrérie maya catholique, lit-on dans le guide Lonely Planet. Selon les anthropologues, Maximon déménage chaque année de façon à équilibrer les pouvoirs locaux. » Quoi qu’il en soit, ni le chemin à travers les ruelles de Santiago Atitlán emprunté pour se rendre au domicile ni la rencontre avec le « personnage » ne laissent indifférent. Pas plus d’ailleurs qu’un voyage au Guatemala. En vrac Où dormir: Le choix d’hébergement est aussi grand à Guatemala City qu’à Antigua. Les voyagistes ont toutefois tendance à préférer amener leurs clients directement à Antigua. Les hébergements de charme Porta Hotel del Lago et la Posada de Don Rodrigo à Antigua sont deux bonnes adresses. Aimé la visite du musée de l’atelier et du magasin La Casa del Jade, à Antigua. Le jade était très apprécié des anciens Mayas. Mangé des plats typiquement maya et du terroir guatémaltèque sous une palata au toit en feuilles de palmier, sur fond de marimba, au restaurant Kakao, situé dans la zone 10 à Guatemala City. À lire : les guides Ulysse ou Lonely Planet sur le Guatemala. Vous y trouverez mille et uns conseils pratiques pour réussir votre voyage dans ce pays assez bien organisé pour les touristes.

Tout afficher

Autres pages (15)

  • En Vrac | Tourisme Aventure Hélène Clément

    En vrac L'île de Carriacou, une expérience caribéenne à l'ancienne Vous n'aimez plus ce post Tak Tak Martinique propose glamping et nuitée dans une tente suspendue au dessus de la rivièreCapot Vous n'aimez plus ce post Tak Tak Martinique propose un hôtel sympa pour découvrir Fort-de-France Vous n'aimez plus ce post On meurt tous d'avoir vécu 1 j'aime. Vous n'aimez plus ce post 1 Nantes et son musée Jules-Vernes Vous n'aimez plus ce post Elko, Nevada - Festival de poésie cowboy Vous n'aimez plus ce post Îles Cayman - Festival gastronomique Vous n'aimez plus ce post Tunisie - Les oliviers dans le paysage Vous n'aimez plus ce post Tunisie - Un thé au Café des Nattes Vous n'aimez plus ce post Tunisie - le fruit qui fait date à Tozeur 1 j'aime. Vous n'aimez plus ce post 1 Tunisie - Symphonie en bleu Vous n'aimez plus ce post Tunisie-Virée dans le Djebel Matmata 1 j'aime. Vous n'aimez plus ce post 1 Tunisie - Thuburbo Majus Vous n'aimez plus ce post Tunisie - L'olivier de Segermès Vous n'aimez plus ce post Soupe de poisson et de fruits de mer Vous n'aimez plus ce post Club Med alpin français: trois coups de coeur Vous n'aimez plus ce post Le balai martiniquais ou Latannyé balé 1 j'aime. Vous n'aimez plus ce post 1 Orgie gastronomique aux îles Cayman Vous n'aimez plus ce post Pas à pas vers un île plus écolo... Vous n'aimez plus ce post L'esprit du fleuve Saint Laurent Vous n'aimez plus ce post Version littéraire d'une recette louisianaise de pouding au pain et au chocolat blanc... Vous n'aimez plus ce post Dog Mountain - une merveilleuse halte pour chiens, en chemin vers la côte est américaine. Vous n'aimez plus ce post Dans les bayous en Louisiane Vous n'aimez plus ce post Turquie - Au temps des tulipes à Istanbul Vous n'aimez plus ce post Martinique - Randonnée au sommet de la montagne Pelée via le fin fond du cratère 1 j'aime. Vous n'aimez plus ce post 1 France - Au marché du samedi de Bourg Saint-Maurice dans la vallée de la Tarentaise Vous n'aimez plus ce post France - Au Club Med Les Arcs Panorama avec l'École du ski français (ESF) Vous n'aimez plus ce post Bahamas - L'hôtel Atlantis Paradise Island 1 j'aime. Vous n'aimez plus ce post 1 Côte-Nord (Qué.) - Nouvelles de Natashquan Vous n'aimez plus ce post Côte-Nord - Sur la route de Natashquan Vous n'aimez plus ce post L'île de Carriacou, une expérience caribéenne à l'ancienne Vous n'aimez plus ce post Tak Tak Martinique propose glamping et nuitée dans une tente suspendue au dessus de la rivièreCapot Vous n'aimez plus ce post Tak Tak Martinique propose un hôtel sympa pour découvrir Fort-de-France Vous n'aimez plus ce post On meurt tous d'avoir vécu 1 j'aime. Vous n'aimez plus ce post 1 Nantes et son musée Jules-Vernes Vous n'aimez plus ce post Elko, Nevada - Festival de poésie cowboy Vous n'aimez plus ce post Îles Cayman - Festival gastronomique Vous n'aimez plus ce post Tunisie - Les oliviers dans le paysage Vous n'aimez plus ce post Tunisie - Un thé au Café des Nattes Vous n'aimez plus ce post Tunisie - le fruit qui fait date à Tozeur 1 j'aime. Vous n'aimez plus ce post 1 Tunisie - Symphonie en bleu Vous n'aimez plus ce post Tunisie-Virée dans le Djebel Matmata 1 j'aime. Vous n'aimez plus ce post 1 Tunisie - Thuburbo Majus Vous n'aimez plus ce post Tunisie - L'olivier de Segermès Vous n'aimez plus ce post Soupe de poisson et de fruits de mer Vous n'aimez plus ce post Club Med alpin français: trois coups de coeur Vous n'aimez plus ce post Le balai martiniquais ou Latannyé balé 1 j'aime. Vous n'aimez plus ce post 1 Orgie gastronomique aux îles Cayman Vous n'aimez plus ce post Pas à pas vers un île plus écolo... Vous n'aimez plus ce post L'esprit du fleuve Saint Laurent Vous n'aimez plus ce post Version littéraire d'une recette louisianaise de pouding au pain et au chocolat blanc... Vous n'aimez plus ce post Dog Mountain - une merveilleuse halte pour chiens, en chemin vers la côte est américaine. Vous n'aimez plus ce post Dans les bayous en Louisiane Vous n'aimez plus ce post Turquie - Au temps des tulipes à Istanbul Vous n'aimez plus ce post Martinique - Randonnée au sommet de la montagne Pelée via le fin fond du cratère 1 j'aime. Vous n'aimez plus ce post 1 France - Au marché du samedi de Bourg Saint-Maurice dans la vallée de la Tarentaise Vous n'aimez plus ce post France - Au Club Med Les Arcs Panorama avec l'École du ski français (ESF) Vous n'aimez plus ce post Bahamas - L'hôtel Atlantis Paradise Island 1 j'aime. Vous n'aimez plus ce post 1 Côte-Nord (Qué.) - Nouvelles de Natashquan Vous n'aimez plus ce post Côte-Nord - Sur la route de Natashquan Vous n'aimez plus ce post

  • Tourisme Aventure | Voyages | Moyen Orient

    Moyen-Orient RETOUR VERS TOUS LES VOYAGES Israël - Sur les rives de la mer Morte Vous n'aimez plus ce post Un dimanche à Jérusalem Vous n'aimez plus ce post Tel-Aviv à vélo Vous n'aimez plus ce post

  • Tourisme Aventure | Voyages | État-Unis

    États-Unis RETOUR VERS TOUS LES VOYAGES Road trip entre Montréal (Q.C)-La Nouvelle-Orleans (LA, États-Unis) Vous n'aimez plus ce post Floride, Les animaux sauvages des Keys après Irma Vous n'aimez plus ce post L'écolo Colorado Vous n'aimez plus ce post Elko, Nevada - Festival de poésie cowboy Vous n'aimez plus ce post Dans les coulisses du Mardi gras Vous n'aimez plus ce post Dog Mountain - une merveilleuse halte pour chiens, en chemin vers la côte est américaine. Vous n'aimez plus ce post Dans les bayous en Louisiane Vous n'aimez plus ce post Virginie du sud-ouest Un circuit musical old-time et country Vous n'aimez plus ce post Escapade dans le New Hampshire Vous n'aimez plus ce post États-Unis - Les plages temporelles d'Old Orchard Beach Vous n'aimez plus ce post Virginie de l'ouest - Un circuit musical old-time et country Vous n'aimez plus ce post Boston sur le mode «slow travel» Vous n'aimez plus ce post Du musée au yoga à la galerie d'art Vous n'aimez plus ce post Sur les traces du film Lincoln Vous n'aimez plus ce post États-Unis- Les îles de Champlain - La grande évasion...à 75 minutes de Montréal Vous n'aimez plus ce post États-Unis - Key West, prélude à la Caraïbe Vous n'aimez plus ce post États-Unis - Il était une fois le Nevada Vous n'aimez plus ce post Escapade estivale à Lake Placid Vous n'aimez plus ce post Colorado - La vie en vert à Boulder Vous n'aimez plus ce post États-Unis - Le New-Hampshire en grand hôtel Vous n'aimez plus ce post L'État de New York Vous n'aimez plus ce post

Tout afficher
bottom of page