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  • Road trip entre Montréal (Q.C)-La Nouvelle-Orleans (LA, États-Unis)

    23 jours de pur bonheur sur la route entre Montréal, Saratoga Spring, Lancaster, Washington, Whyteville, Bristol, Nashville, Tunica, Natchez, Lafayette, La Nouvelle-Orleans, l'Alabama, Savannah, Charleston, Richmond, Sleepy Hollow, Montréal. J'adore la musique. Et l'histoire avec un grand H. Les longs voyages en voiture. En mode lent autant que possible pour prendre le temps de voir. De bien voir. Et de vivre chaque lieu où nous nous arrêterons pour identifier un arbre, déguster des produits locaux, se sustenter, déguster une crème glacée, une bière, une brioche, un café, une Margarita...Pour dormir. Les routes que nous allons emprunter - ma fille Stéphanie et son amie Camille, sillonneront une petite partie de la Bible Belt, dont la Pennsylvanie, la Virginie-Occidentale, le Tennessee, le Mississippi, la Louisiane, l'Alabama, la Géorgie, la Caroline du Sud, New York... L'itinéraire en gros Saratoga Springs (NY), Lancaster (Pennsylvanie), Washington (District of Columbia), Whyteville et Bristol ( Virginie), Nashville (Tennessee), le delta du Mississippi, Tunica, Natchez, frogmore, Lafayette et la Nouvelle-Orléans (Louisiane), Greenville (Alabama), Savannah (Géorgie), Charlestown (Caroline du Sud), Richmond (Virginie), Sleepy Hollow (New-York), Montréal. Pourquoi Saratoga Springs ? Pour décanter un peu dans les eaux minérales du Saratoga Spa State Park, question de remettre le facteur sur le vélo après une année laborieuse. Et Lancaster ? Pour voir un peu le mode de vie - un chouïa déconnecté de notre mode de vie bien branché, des Amish. Qui sait, nous rencontrerons peut-être Harrison Ford ???? Et Washinton? C'est la Smithsonian Institution qui nous attire à Washington. En plus de ses 9 centres de recherche, la Smithsonian Institution est surtout célèbre pour ses 19 musées, pour la grande majorité gratuits, son zoo et les Smithsonian Gardens. Nous y passerons deux jours. Country, blues, rock and roll et jazz Musique qui remonte aux pionniers irlandais, écossais, allemands, italiens, espagnols et africains venus s’établir ici au XVIIIe siècle, en quête d’une vie meilleure. Ces colons ont suivi par-delà forêts et montagnes le Great Wagon Road, un chemin d’abord tracé par les bisons, puis par les Amérindiens qui les chassaient. La route reliait la Pennsylvanie à la Géorgie. Les défricheurs emportèrent dans leurs bagages culture et instruments de musique. C’est ainsi que le violon irlandais, le dulcimer allemand, la mandoline italienne et la guitare espagnole rencontrèrent le banjo africain. La musique devint un point de ralliement pour ces immigrés. De la rencontre entre ces musiciens du monde est né le country, le blues, le jazz... Une musique chargée d’histoire, de souffrances, de joies, d’espoirs, de crainte et de désillusions. Une manière de penser et parfois un moyen de s’exprimer pour le peuple. Bristol sera en quelque sorte le point de départ de la partie musicale de notre pérégrination sur la Bible Belt. Les arbres aussi. Pour donner une idée de la localisation de cette ville — qui se proclame berceau de la musique country, tout comme Nashville d'ailleurs — elle se situe à quelque 600 kilomètres à l’ouest de Virginia Beach, de Richmond, la capitale, et du fameux triangle historique de la Virginie coloniale : Jamestown, Yorktown et Williamsburg. Donc Bristol pour le musée Birthpace of Country Music, affilié à l’institution Smithsonian et qui raconte l’histoire de la musique country et sa place dans le monde depuis les enregistrements de 1927. Et pour la visite du musée Thomas J. Boyd, à Whytheville tout près, pour un bon aperçu de l’épidémie de polio qui y a sévi durant l’été de 1950. Nashville pour ses rues extravagantes, le Music City Center, le Bluebird Cafe et s'acheter des bottes de cowboy; Memphis pour ses boites de blues et danser le rock and roll avec le fantôme d' Elvis Presley; un brin du Missouri pour Tom Sawyer, un coup de blues dans le Mississippi sur la Mississippi Blues Trail et la Freedom Trail. Et peut-être un peu de l'Arkansas et de l'Alabama. Qui sait? Tunica pour une introduction à la Mississippi Blues Trail au Gateway to the Blues Museum. Guitares et harmonicas célèbres, photos et peinturesraconte l'histoire de la naissance du blues dans le Delta.Clarksdale Quant à la Louisiane à nous les bayous, les beignets, la bouffe, les boites de nuit... Savannah (Géorgie) pour le Harris Neck, National Wildlife Refuge et un bon repas au restaurant de la chef Mashama Bailey au restaurant The Grey; Charlestown (Caroline du Sud) pour l'architecture des maisons et les crevettes de Bubba Gump, Richmond (Virginie) pour l'histoire des États-Unis, Sleepy Hollow pour se tremper dans la légende de Sleepy Hollow celle du cavalier sans tête. Spoooooooky! D'arbre en arbre sur la Bible Belt, et au-delà... Les arbres ? Pour leur grande beauté et leur spécificité --------------------- Est-ce pour vous ce type de voyage ? Il faut du temps pour se rendre jusqu'en Louisiane et revenir. Au moins trois semaines. Quatre ou cinq auraient été mieux. Car il y en a du kilométrage. Nous avons suivi l'itinéraire prévu mais un peu plus de temps à chaque destination aurait permis de vivre de nombreuses autres belles expériences. Une fois en route, ça vaut le coup de rallonger... Par contre, oubliez ce type de voyage si vous n'aimez pas conduire, n'aimez pas les imprévus et n'aimez pas vous perdre ou perdre du temps. Si vous n'êtes pas flexible, n'aimez pas les motels parfois «trash» de bord de route ( ils coûtent toutefois moins chers, ont des stationnements gratuits et se trouvent à l'extérieur des grands centres apportant du calme. Si aussi, si vous n'aimez pas les restaurants de bord de route, certes moins chers, si vous n'êtes pas contemplatif, curieux, amoureux de l'histoire, de la musique et des pique-niques. Choisissez bien les gens avec qui vous voyagez. On passe de longs moments ensemble. Certains sont des oiseaux de nuit, sachez vous taire le matin. D'autres sont du matin, apprenez à les écouter et à aider dans l'éventualité d'une décision importante à prendre... --------------------------- En route Jour 0 - On traverse la frontière de Champlain (89 Sud) Jour 1 et 2 Saratoga Springs (N.Y) Nous avons dormi deux soirs au Landmark Motor Inn, à Fort Edward, Glen Falls, soit à 25 minutes de route de Lake George et Saratoga Springs et deux heures trente de Montréal. Jour 3 et 4 Lancaster - Au pays des Amish Là où la vie au quotidien rappelle les temps anciens Nous avons dormi deux soirs au Fulton Steamboat Inn (https://fultonsteamboatinn.com/) à Lancaster. Jour 5 et 6 Washington D.C Nous avons dormi deux soirs au Days Inn by Windham, Arlington, Pentagon (https://www.wyndhamhotels.com/days-inn/arlington-virginia/days-inn-arlington-pentagon/overview?CID=LC:DI:20160927:RIO:Local:SM-disatl&iata=00093796). Jour 7 Whyteville(Virginie) pour le musée Thomas J. Boyd Le musée Thomas J. Boyd, à Whytheville, donne un très bon aperçu de l’épidémie de polio qui y a sévi durant l’été de 1950. On en ressort secoué. Nous avons dormi un soir au Days Inn Wyndham, Whyteville (https://www.wyndhamhotels.com/days-inn/wytheville-virginia/days-inn-wytheville/overview?CID=LC:DI:20160927:RIO:Local:SM-disatl&iata=00093796). Jour 8 Bristol (Virginie) - berceau de la musique country À califourchon sur le Tennessee et la Virginie, Bristol se proclame berceau de la musique country. La petite ville se situe à quelque 600 kilomètres à l’ouest de Virginia Beach, de Richmond, la capitale, et du fameux triangle historique de la Virginie coloniale : Jamestown, Yorktown et Williamsburg. Un rendez-vous pour les fervents de musique traditionnelle. On aime répéter là-bas que « si la musique country s’est épanouie à Nashville, à quelque 450 kilomètres de Bristol, elle est née à Bristol ». Le crédit reviendrais à l’éditeur de musique et chasseur de talents pour la Victor Talking Machine Company, Ralph Peer, apprend-on au musée Birthplace of Country Music, à Bristol. Au moment de son passage dans la ville, en 1927, ce passionné de musique traditionnelle des Appalaches a installé un studio d’enregistrement dans une vieille manufacture de chapeaux. En deux semaines, il a enregistré 19 musiciens de la région et 76 chansons. Parmi les pionniers du country, devenus légendes, qui ont participé à l’événement : la famille Carter — Alvin Delaney Carter, sa femme Sara Élizabeth Dougherty et Maybelle Kilgore Addington, la cousine de Sara devenue Carter par la force des choses. Le trio a enregistré plus de 300 pièces pour Victor Talking Machine. Mais la Grande Dépression ralentira leur popularité. Jour 8, 9 et 10 - Nashville pour sa musique country Nous avons dormi trois nuits au Motel 6, à Nashville (https://www.comfortinn-downtown.com/?gclid=EAIaIQobChMIg9Cex4-k-gIVmLbICh2uUQs6EAAYASAAEgKRE_D_BwE). Jour 11 et 12 et 13 - Au fil du Delta du Mississippi Tunica En terme de musique la Route 61 Blues surpasse la Route 66 dans l'ouest américain. Go East for the blues! Nous avons dormi un soir au Motel Best Western, Tunica Clarksdale À la croisée des routes 61 et 49, là où le guitariste et chanteur Robert Johnson aurait vendu son âme au diable pour devenir le maître du blues. On y a dégusté un délicieux BBQ chez Abe's dont la réputation va au-delà du North Mississippi et du Mid-South. Un arrêt obligé. Deer Creek, lieu de naissance de Kermit la grenouille Le créateur des Muppets, Jim Henson, a passé des heures à jouer sur les rives de Deer Creek, ce qui, dit-on, lui inspira le personnage de Kermit la grenouille créée en 1955. Toutefois, Kermit n'a connue la gloire qu'en 1976, avec le Muppets Show. Un petit musée rend hommage au lieu de naissance de Kermit et permet d'en apprendre un peu plus sur Jim Henson - né dans la région, et de ses autres créations, comme les Fraggle Rock. Le petit musée tient également lieu de centre d'accueil pour les visiteurs. Vickburg Bien sûr pour son passé de ville sudiste (elle offre un passionnant témoignage de la Guerre de Sécession et de la vie quotidienne du Sud provincial contemporain), mais aussi pour le petit musée de la Biedenharn Candy Company - hébergé dans une belle bâtisse de 1890, entièrement consacré à Coca-Cola. C’est ici que le précieux breuvage aurait été embouteillé pour la première fois en 1894… La fontaine à soda de 1900 est magnifique, on peut déguster aussi de la crème glacée et les occasions de dépenser son argent en souvenirs de toutes sortes sont innombrables. Natchez Natchez serait la ville la plus ancienne de l'État du Mississippi. Le site était, avec le camp de la Pointe Coupée, un poste français sur le Mississippi, à une centaine de kilomètres au nord de la région de la Nouvelle-Orléans. Natchez a été érigé en 1716, sur le territoire du peuple Natchez, le nom de Fort Rosalie chez les Natchez en l'honneur de la femme du ministre Pontchartrain. Le grand potentiel agricole attira de nombreux colons. Mais des incidents fâcheux survenus en 1723 détériorèrent les relations entre les Natchez et les Français alors qu'elles avaient été cordiales à l'origine. La ville occupe le sommet d'une falaise escarpée que l'on gravit par une rampe taillée dans le conglomérat rougeâtre. Du haut du rocher, planté d'arbres et disposé en promenade, on jouit d'une très belle vue sur le Mississippi. Un endroit parfait le long du fleuve pour déguster un whisky ou une bière en regardant les bateaux remontés le mythique fleuve. Nous avons dormi un soir au Natchez Grand Hotel (https://www.natchezgrandhotel.com/) Plantation Frogmore (coton et gins) Cette plantation raconte l'histoire de la France ancienne avec son système juridique unique et son code des esclaves, ainsi que les contributions françaises du coton et de la canne à sucre à la Louisiane. Une exposition sur la canne à sucre, un moulin à canne à sucre historique conduit par des mulets et une grange à proximité font partie de la visite à pied. Frogmore possède 19 structures d'avant-guerre restaurées datant du début des années 1800. Outre l'histoire des premiers planteurs de Natchez et de leurs esclaves, la visite comprend un rare égreneur de coton à vapeur de qualité Smithsonian, puis met en contraste les méthodes historiques avec la plantation, la récolte et l'égrenage informatisé du coton. Un point culminant est la visite du gin à vapeur de qualité Smithsonian inscrit au registre national. Ce bâtiment d'avant la guerre civile abrite de rares équipements Munger de 1884. Robert S. Munger a été le premier à inventer l'aspiration dans les égreneuses ainsi que le système d'égrenage continu avec la presse à double caisson, tous brevetés en 1884. Toujours en activité, il y a du coton dans les champs à cueillir de la mi-juillet à avril Un gumbo à Roux En chemin vers Bâton Rouge, un arrêt s'impose au restaurant Roux 61 pour déguster un succulent gumbo , ce ragout originaire de Louisiane. https://roux61.com/ Jour 14 - 15- 16 - 17 - Louisiane Nous avons dormi cinq soirs au Meridien, NOLA (https://www.marriott.com/en-us/hotels/msymd-le-meridien-new-orleans/overview/?scid=f2ae0541-1279-4f24-b197-a979c79310b0). Jour 18 - Alabama Nous avons dormi un soir au Days Inn by Windham, Greenville Alabama Jour 19 et 20 - Savannah, Georgie Mais où est donc Forest Gump? Dans le film, Forest Gump (Tom Hank) est né en Alabama et a appris qu'il était père à Savannah. Mais c'est en Caroline du Sud que le film a été tourné dans sa grande majorité. À ma grande surprise il y a de très belles plages à quelques coup de volant de Savannah. Nous avons dormi deux nuits à Savannah, au Quinta Inn by Windham, Savannah Mid-Town (https://www.wyndhamhotels.com/laquinta/savannah-georgia/la-quinta-inn-savannah-midtown/overview?CID=LC:LQ::GGL:RIO:National:53101&iata=00093796). Jour 21 - Charleston - Caroline du Sud Nous avons dormi un soir au Days Inn, Charleston, Historic District (https://www.wyndhamhotels.com/hotels/charleston-south-carolina?brand_id=DI). Jour 22 et 23 - Sleepy Hollow - New York Nous avons dormi deux nuits au Crown Playa, Sleepy Hollow, route 87 Fin - Retour au Québec

  • Grenade: l'île verte et son or bleu

    L’île de la Grenade, longue de 34 kilomètres et large de 19, est montagneuse en son centre et cultivée le long des plaines côtières. Y poussent cacao, vanille, clous de girofle, gingembre, muscade… d’où son surnom d’« île aux épices ». Toutes les images qui s’associent par nature à la Caraïbe se groupent ici : un ciel bleu pétant, des plages de sable blanc ; des eaux qui mêlent l’indigo, le turquoise, l’émeraude ; des cocotiers qui ombragent les plages, des cascades, des forêts à explorer ; une population souriante, des maisons colorées, des hôtels et des jardins charmants. Des jardins si beaux, d’ailleurs, que la plus méridionale des îles antillaises — Trinité et Tobago étant géologiquement reliées au continent sud-américain — a remporté en mai dernier sa 13e médaille d’or, en 19 ans de participation, au prestigieux RHS Chelsea Flower Show à Londres, sur le thème des jardins botaniques historiques. Mais n’allez pas croire que parce que la Grenade est située à 12 degrés au nord de l’équateur, avec un climat maritime tropical et un sol volcanique riche, ce soit enfantin de jardiner ici. En observant les jardiniers de l’hôtel Radisson au travail, où se tenait il y a un mois la conférence annuelle The State of the Tourism Industry Conference (SOTIC), organisée par la Caribbean Tourism Organization, on note que chaque pétale, feuille, tige est bichonné avec amour. On vénère la nature ici. Même scénario dans l’ensemble des hôtels de l’île, dont plusieurs bordent la baie de Grande Anse, qui rivalisent de beauté par leurs jardins. Certains dédiés aux herbes et aux épices, d’autres à une longue tradition de culture de cacao et de muscade. Quant à la culture de la canne à sucre, raison de la colonisation de la Grenade, elle fut en gros remplacée à la fin du XVIIIe siècle par la noix de muscade introduite par le biologiste et conseiller du roi George III du Royaume-Uni, le botaniste sir Joseph Banks. L’oeuvre «Vicissitudes», à l’Underwater Sculpture Park, un hommage aux esclaves morts durant leur traversée de l’Atlantique, a été réalisée par le sculpteur britannique Jason de Caires Taylor. Elle comporte 26 statues de jeunes femmes et hommes se tenant par la main en cercle, faisant face aux fonds marins. La sculpture est immergée à quatre mètres de profondeur. Les plantations de canne à sucre, quasi inexistantes sur l’île, ont permis par le passé de produire sucre et rhum. Quelques distilleries proposent aux touristes de visiter leurs installations. Comme celle de Clarke’s Court, la plus importante de l’île, en fonction depuis 1937. On y fabrique un rhum issu de mélasse importée de Guyane et du Panama. L’odeur de muscade Il suffit de se rendre à l’un des marchés de l’île, dont celui de Saint-Georges, pour comprendre pourquoi la Grenade est surnommée « l’île aux épices ». Pas un étal sans bâtonnets de cannelle, curcuma, gingembre, clous de girofle, macis et noix de muscade. Pas un étal de marché de la Grenade sans bâtonnets de cannelle, curcuma, gingembre, clous de girofle, macis et noix de muscade « Ce fruit, qui orne le drapeau national, a fait la fortune de la Grenade jusqu’en 2004 », explique la personne chargée de la visite de l’usine de conditionnement Nutmeg Station, à Gouyave, village de pêcheurs qui a vu naître Kirani James, médaillé d’or du 400 mètres aux Jeux olympiques de 2012, à Londres, et médaillé d’argent aux Jeux de Rio. En 2004, donc, le cyclone Ivan, dit « le terrible », dont on parle toujours sur l’île, a ravagé 90 % des muscadiers. Et si l’arbre, originaire des îles Banda, peut atteindre 60 ans d’âge, il lui faut sept à huit ans pour porter des fruits. Une des raisons qui expliquent que le cacaoyer, qui pousse plus vite, a partiellement remplacé le muscadier à la Grenade. L’ensemble des épices « Le territoire de la Grenade était le deuxième producteur mondial derrière l’Indonésie, et l’ensemble de ses épices faisait vivre 30 000 personnes, précise le guide. De 7000 muscadiers avant Ivan, nous en avons aujourd’hui entre 3000 et 4000. » La capitale de l’archipel accroche à flanc de colline ses rues escarpées et ses maisons coloniales. Si l’odeur de muscade qui parfume les glaces, les confitures, les ragoûts, le punch… flotte à nouveau dans l’usine de traitement de Gouyave, il faudra encore du temps pour que l’île regagne ses galons de deuxième producteur de muscade. En attendant, on travaille fort sur l’île. À l’usine Nutmeg Station, les femmes trient les noix, les hommes transportent les lourds sacs de 62,5 kilos destinés à l’exportation. « On a traité cette année 1,5 million de livres de noix de muscade. » Plongeon dans l’art-éco C’est à bord d’un bateau carriacou, sorte de sloop en bois racé d’origine écossaise, construit de manière artisanale dans le village de Windward, sur l’île de Carriacou, que nous mettons le cap sur la baie protégée de Molinère, où se trouve le parc de sculptures. De la marina de Saint-Georges, il faut dix minutes pour s’y rendre. La capitale de l’archipel accroche à flanc de colline ses rues escarpées et ses maisons colorées. On longe l’île tout en montagnes. Voilà le village de Fontenay, puis la baie de Grand Mal. Tous ces noms français rappellent que cet archipel a été, jusqu’en 1763, sous domination française. La jolie baie de Grande Anse, reconnue pour ses plages. On y court ou y marche agréablement sur une distance de trois kilomètres. Les îles de Carriacou et de Petite Martinique forment avec celle de la Grenade l’État de la Grenade. L’archipel se trouve à quelque 150 kilomètres au nord du Venezuela et de Trinidad-et-Tobago. On y parle l’anglais, on conduit à droite et on joue au cricket. À moins de monter à bord d’un bateau à fond de verre pour vivre l’ambiance de cette galerie sous-marine hors du commun, il faut plonger.Avec bonbonne, pour la contempler de plus près, sinon une simple plongée en apnée permet de l’apercevoir. La soixantaine de sculptures grandeur nature reposent à une profondeur de cinq à dix mètres. Seul hic : les dénicher toutes. La présence d’un guide est appréciée. Ici, Vicissitudes, une étonnante ronde de personnages composée de 26 sculptures de femmes et d’hommes qui se tiennent par la main. Cette sculpture rend hommage aux esclaves morts durant leur traversée de l’Atlantique. Là, Le correspondant perdu, un écrivain assis à une table face à une machine à écrire. Vraiment mystérieux, tout ça ! Le carriacou, un sloop en bois racé d’origine écossaise, construit de façon artisanale dans le village de Windward, sur l’île de Carriacou Puis, des dizaines de bustes parfois décharnés et des personnages mystérieux tirés de l’histoire de l’archipel et du folklore local. Tous s’offrent aux coraux multicolores qui les recouvrent peu à peu et aux poissons qui s’y camouflent. Un spectacle stupéfiant ! Encore quelques coups de brasse, et voilà la célèbre princesse à la muscade, personnage tiré du conte Le mystère de l’île aux épices, de l’auteur grenadien Richardo Keens-Douglas. S’il n’y avait qu’un seul cadeau à rapporter, je choisirais ce livre pour enfants qui parle de la montagne, d’un volcan, d’un lac de cratère sans fond et d’une jolie princesse qui n’apparaît que si les noix de muscade sont prêtes à être cueillies. « L’Underwater Sculpture Park est devenu l’une des raisons principales d’un voyage à la Grenade, précise Phil Saye. En 2012, la galerie sous-marine a été nommée “merveille du monde” par le National Geographic, belle reconnaissance pour une petite île. Chaque année, de nouvelles sculptures s’y ajoutent au grand bonheur des plongeurs. Avec quelque 50 sites de plongée et l’une des plus grandes collections d’épaves de la Caraïbe, dont la Bianca C, le Titanic des Caraïbes, la Grenade est très prisée. » Une île qui sent la muscade du sommet de ses montagnes jusqu’au fond de la mer. EN VRAC Voir et faire. Saint-Georges, avec son marché particulièrement coloré le samedi, son carénage où s’amarrent les bateaux de plaisance, le fort George construit au début du XVIIIe siècle par les Français et le Grenada National Museum qui présente l’histoire de la Grenade. L’Underwater Sculpture Park. Au centre de l’île, le parc national de Grand Étang et son magnifique lac de cratère — peut-être y apercevrez-vous la princesse muscade du conte Le mystère de l’île aux épices —, au sein d’une forêt tropicale peuplée de colibris. Ses sentiers mènent à des chutes spectaculaires (Concord Falls, Amandale Falls) propices à la baignade. L’usine de conditionnement Nutmeg Station, où une fois récoltée, la muscade est traitée. Un tour guidé de la distillerie Clarke’s Court et de son musée qui raconte l’histoire de la canne à sucre, du sucre et du rhum à la Grenade. Un moment idéal pour goûter à toute une variété de rhums, blanc, brun, épicé… Une visite de la Diamond Chocolate Factory, une entreprise tree-to-bar importante sur l’île. On y fabrique le chocolat biologique Jouvay. Le site est magnifique ! La bâtisse est une ancienne distillerie de rhum fondée par des moines français en 1774. Et la plantation est tout aussi belle et agréable pour une promenade. Pour une journée ou quelques heures inoubliables à bord d’un voilier carriacou : sailingsavvy.com Renseignements. grenadagrenadines.com, onecaribbean.org LA LEÇON D'«IVAN» Chaque génération d’habitants des îles de la Caraïbe garde en tête au moins un ouragan exceptionnel. En Dominique, à Saint-Martin, Barbuda, Anguilla, Porto Rico, dans les îles Vierges, aux Bahamas, à Cuba… on se souviendra d’Irma. Ici, ce fut Ivan. Depuis, les Grenadiens construisent des maisons plus solides et s’affairent au développement de leur économie bleue. Entre autres par le rétablissement des récifs coralliens mis à mal par le climat, la surpêche, la pollution et l’urbanisation des littoraux. « En matière de biodiversité, ils sont le pendant sous-marin des forêts tropicales, explique un des conférenciers du SOTIC, Phil Saye, propriétaire du centre de plongée Dive Grenada. Ils offrent nourriture et abri à de nombreuses espèces de poissons et de crustacés, et une protection efficace des plages contre la houle durant les tempêtes. » Au-delà des zones de protection marine, un projet de récif artificiel est en cours à Grande Anse. Mais, unique à l’île, reste la création en 2006 de la première galerie de sculptures sous-marines au monde, destinée à favoriser la repousse des coraux et à fournir un habitat à la faune marine. Une oeuvre créée par le sculpteur Jason DeCaires Taylor. 0 seconds of 1 minute, 26 secondsVolume 90%

  • L'île de Carriacou, une expérience caribéenne à l'ancienne

    Une île sans aéroport international, sans grand hôtel, sans usines et sans feux de circulation. Avec des plages et des baies tranquilles, une mer bleu céleste, de charmants habitants qui disent bonjour… Une île qui vit d’agriculture, d’élevage et de pêche, et où l’on entretient une passion patrimoniale pour la construction de bateaux traditionnels — les carriacous, d’origine écossaise. Bienvenue à Carriacou! Carriacou se mérite. Aucun vol direct n’assure la liaison au départ de Montréal. Il faut compter jusqu’à 18 heures pour s’y rendre en avion en butinant d’une île à l’autre. Sans compter la traversée en bateau de deux heures pour rejoindre, au départ de Saint George’s, la capitale de l’île de la Grenade, Hillsborough, le centre administratif de Carriacou. Un confetti de « capitale », sans l’effervescence d’une ville, sauf le jour du marché paysan et lorsque débarquent la navette et ses 80 passagers. Alors la jetée s’anime. Hillsborough s’étire le long d’une rade où mouillent les bateaux de plaisance qui constituent, durant la haute saison, le gros du tourisme à Carriacou. On y trouve un petit centre d’accueil touristique et le Carriacou Historical Society Museum, qui présente à travers une collection d’objets historiques et de cartes anciennes l’histoire de l’île. Quelques supérettes vieillottes et de petites boutiques offrent l’essentiel aux résidants et plaisanciers de passage. Et ici, tout le monde — locaux comme visiteurs — paie ses bananes, ses patates douces, ses avocats, son rhum… le même prix. Carriacou a conservé son authenticité. Pas de tourisme de masse, ni grands centres d’achats, ni grandes structures hôtelières. Rien de gros. À l’image de cette île volcanique de 34 kilomètres carrés, peuplée de 8000 âmes, dont le plus haut sommet culmine à 291 mètres. Une seule station d’essence, pas de feux de circulation, des routes bétonnées juste assez larges pour laisser passer deux autos — volant à droite, conduite à gauche —, une centaine de bars à rhum et une mer turquoise à faire damner les fous de plongée. Pas de rivières non plus. Les maisons sont dotées de gouttières qui acheminent l’eau des ondées — parfois capricieuses pendant la saison sèche — vers de grands réservoirs. Sans être la plus jolie des îles de la Caraïbe, il existe ici une spontanéité, une disponibilité, une aimable nonchalance qui font de Carriacou un refuge antistress. Ne reste qu’à suivre les routes. Pour se rendre au jardin botanique d’Hillsborough, qui expose une jolie collection de cactées et d’arbres-pays, au parc national Belair, y voir ses vestiges de l’époque française et anglaise, au parc national High North pour une randonnée au sommet de la plus haute montagne de l’île, et à Belvedere pour contempler la vue sur la baie d’Hillsborough, mais aussi pour jeter un coup d’oeil sur l’hôpital Princess Royal. « C’est le seul hôpital de Carriacou, précise Cyprien, notre chauffeur de bus. Il a ouvert ses portes en 1907 pour accueillir en quarantaine une vingtaine de patients frappés par la fièvre jaune et le choléra. Il se nommait alors Beleview étant donné son beau point de vue sur Hillsborough. Détruit par l’ouragan Janet en 1955, l’hôpital a été reconstruit et renommé Princess Royal en l’honneur du passage de la princesse Anne. » Le mystère de Windward Sur la liste des dix, quinze, vingt virées à faire à Carriacou, j’alloue la première place à Windward, paisible village de la côte est aux maisons « gingerbread » colorées, aux rues bordées de fleurs, et à son site de construction de bateaux d’origine écossaise. Car ce qui rend Carriacou unique au monde, c’est cette tradition héritée des Écossais il y a bien des lunes. En faisant le tour de l’île, il est surprenant de constater qu’à l’ombre des palmiers vivent des McFarlane, MacIntosh, McKensie… Et voilà que l’on se met à penser à la saga (Outlander) forte de dix livres de Diana Gabaldon, dont l’histoire se déroule au XVIIIe siècle dans une Écosse à feu et à sang. Dans le troisième tome, les héros et leurs amis contrebandiers embarquent sur un navire en direction des Antilles, où ils découvriront la réalité des colonies et de l’esclavage. « Une fiction assez réaliste qui pourrait expliquer en partie la présence des Écossais dans la Caraïbe. Au XVIIIe siècle, les plantations de canne à sucre et de coton de l’île appartenaient à des Écossais, explique Cyprien. En témoigne le nom de certains villages de l’île : Craigston, Dumfries, Meldrum, Limlair, Bogles, Dover… » Reste à savoir si les Écossais sont arrivés ici après le naufrage de leur bateau ; de leur plein gré après l’émancipation des esclaves noirs pour travailler dans les champs comme agriculteurs ; de l’île de Bequia, reconnue pour sa tradition de chasse à la baleine — aussi héritée d’un Écossais —, ou en quête de cèdres blancs pour construire leur batea « Rien dans la construction de ce bateau traditionnel n’a changé au cours des siècles, sauf la provenance des matériaux utilisés dans leur fabrication ainsi que la destination de ces embarcations », précise le charpentier naval Anthony McLawrence. « On le façonne toujours à l’aide de haches, de scies à main et de rabot — sauf pour le bordage, et tout est mesuré à l’oeil, dit l’artisan. Seul hic : on ne trouve plus ici le cèdre blanc qui sert à sa fabrication. On l’importe de la Grenade et de la Guyane. » Cap vers l’Esterre, au sud-ouest de Carriacou, plus précisément à Paradise Beach, où nous embarquerons à bord du MS Allison pour une virée à Sandy Island, une jolie bande de sable blanc bordée de raisiniers et de cocotiers pas plus hauts que les épaules. L’atoll collige tous les clichés que l’on se fait d’une île déserte paradisiaque : une végétation d’un vert épinard, une eau d’un bleu céleste, des cocotiers. Exactement le genre d’image que l’on met en fond d’écran quand l’hiver commence à sembler long. L’endroit attire les plaisanciers, les amateurs de plongée, les contemplatifs et les campeurs autonomes qui souhaitent jouer les Robinson Crusoé le temps d’une nuit. On ne retrouve, sur ce ruban de sable blanc rosé d’environ 500 mètres, aucune infrastructure, à l’exception d’une toile suspendue au-dessus d’une table à pique-nique en cas de pluie. Mais la vraie pépite de ce parc marin protégé, où vient pondre la tortue imbriquée et où l’amateur de plongée en apnée y croisera tout un tas de poissons multicolores, dont l’ange royal, le gramma royal, le chirurgien bleu, c’est le calme qui y règne. Pas de vendeurs de pacotilles ni de musique autre que celle du vent dans les palmiers. UN VOLCAN SOUS-MARIN On ne le voit pas, on l’imagine. Les plaisanciers s’en méfient. Le traversier qui fait la navette entre les îles de la Grenade, Carriacou et Petite Martinique, le contourne. Son nom : le Kick’m Jenny, le seul volcan sous-marin des Antilles. Sa base se situe à environ 1300 mètres de profondeur et fait cinq kilomètres de diamètre. Son sommet est formé d’un cratère elliptique d’environ 350 mètres de diamètre et se trouve à 180 mètres de la surface de l’eau. À ne pas confondre avec le Diamond Rock — nommé aussi le Kick’m Jenny, que nous apercevons en route vers Carriacou.

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  • Tourisme Aventure | Voyages | État-Unis

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  • Tourisme Aventure | Voyages | Asie

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  • Montréal | Tourisme Aventure Hélène Clément

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