Recherche

    Posts de blog 185
    • Lancaster - Au pays des Amish

      Là où la vie au quotidien rappelle les temps anciens

    • Quatre milliards d’années en quelques heures à Sherbrooke

      Ça brasse au Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke. Tremblements de terre, séparation des continents, déglaciation, volcans… On a parfois chaud, parfois froid, parfois le vertige. Puis il y a ces animaux du monde qui nous épient. Et ces fragments d’humanité qui relatent 12 000 ans d’histoire. Cap vers le Vieux-Sherbrooke ! Article publié dans le quotidien Le Devoir du 23 février 2018 Situé au bord de la bouillonnante rivière Magog, sur le site de l’ancienne usine américaine de lingerie féminine Julius Kayser — qui a fait travailler des milliers de Sherbrookois entre 1915 et 1988, ce musée raconte l’histoire de la formation de la Terre, celle des Cantons-de-l’Est surgis de la glace il y a 12 000 ans, ainsi que sa propre histoire. Un musée né en 1879 au séminaire de Sherbrooke, situé sur la rue Frontenac, juste en face, à une époque où les collèges classiques se constituaient des collections de spécimens qui servaient à l’enseignement des sciences naturelles. De grands panneaux dans le hall d’entrée racontent que c’est le chanoine Léon Marcotte qui, pendant 64 ans, bichonnera cette collection. Qu’à sa mort, en 1964, le Musée du séminaire fermera ses portes pour ne rouvrir qu’en 1973. Puis, modernité oblige, le Musée déménagera dans l’ancienne usine Julius Kayser, alors en pleine revitalisation de ses espaces pour devenir en 2002 le Musée de la nature et des sciences que l’on connaît aujourd’hui. AlterAnima C’est de façon fantaisiste et sans rien perdre en rigueur scientifique que l’exposition AlterAnima présente quelque 500 spécimens d’animaux naturalisés — chacun ayant sa petite histoire originale — sur les 65 000 qu’héberge la réserve du musée. L’histoire de l’orignal fait sourire. En 1925, le chanoine Léon Marcotte aurait donné 100 $ pour le faire empailler. La taxidermie de l’animal aurait été réalisée à l’intérieur du Musée du séminaire. Puis il a fallu le déménager en 2002. « On a dû percer un trou dans le mur de l’ancien Musée du séminaire et faire appel à une grue pour le descendre en bas de l’édifice », explique Mitch, un employé. Plutôt que par espèces ou par habitats naturels, les animaux, coquillages et insectes sont présentés par clans. Clan des beaux becs, des queues originales, des têtes dures, des noirs et blancs, des étranges formes… Les anecdotes sont racontées par trois guides virtuels au moyen d’une tablette électronique : un biologiste passionné, une écologiste mordue et un veilleur de nuit captivant. On en perd le nord. Et la notion du temps ! Informations approfondies, jeux de « cherche et trouve » et parcours de visite se retrouvent sur cette petite tablette prêtée aux visiteurs au moment de l’achat du billet. Fragments d’humanité Plus classique dans sa forme, la nouvelle exposition Fragments d’humanité. Archéologie du Québec présente jusqu’en mai prochain 200 pièces issues de fouilles archéologiques réalisées sur plus de 10 000 sites répartis au Québec. Réalisée par le musée Pointe-à-Callière, cité d’archéologie et d’histoire de Montréal, cette exposition, qui célèbre 50 ans de recherches et de découvertes en archéologie québécoise, plonge le visiteur dans les us et coutumes d’époques qui remontent jusqu’à 12 000 ans, alors que le territoire québécois émergeait tout juste des glaces. Vases, pointes de harpons, guimbardes en laiton, garnitures de fusils, fragments d’épaves de bateaux… L’exposition comprend quatre zones : archéologie préhistorique, terres d’échanges et de commerce, chronique du quotidien et histoires englouties. Intrigante, la petite collection de pipes. Fumer la pipe fait partie des rituels amérindiens depuis 3000 ans, lit-on sur une affichette. Ils fument la pipe pour bien disposer les esprits avant les échanges ou pour favoriser la guérison. Terra mutantès Terra mutantès traverse 400 millions d’années en 20 minutes. L’histoire merveilleusement bien contée catapulte le spectateur au coeur de la formation géologique des Appalaches. D’entrée de jeu, la curiosité est attisée, le spectacle s’annonce grisant. « Préparez-vous à un voyage extrême qui donne le vertige, déclare d’une voix musclée le narrateur Guy Nadon. Vous allez traverser des milliers d’années interminables. La terre tremblera, la lave coulera, les fonds marins cracheront le feu. » C’est assis sur des bancs autour d’une large table interactive qui s’anime au rythme du déplacement des océans, de volcans qui crachent le feu, de glaciers qui avancent en écorchant les montagnes, que l’on s’instruit sur les origines du relief appalachien. Les images défilent sur trois écrans et se reflètent sur la table dont la surface brandille au toucher grâce à des caméras infrarouges. Le visiteur peut interagir et tenter d’attraper un poisson sans mâchoire qui défile à toute allure, provoquer des mécanismes d’érosion et vivre une tempête de neige dont les flocons virevoltent dans toute la pièce. On ressort ébloui de cette expérience, avec en tête cette phrase de Guy Nadon : « La colère provoque de belles choses. » Une référence, entre autres, aux paysages estriens. Avant de quitter le musée de la rue Frontenac, cap vers le simulateur de tremblements de terre pour vivre trois secousses de magnitudes différentes sur l’échelle de Richter. Terre qui ondule, bruits sourds, silence. Ça doit être affolant dans la vraie vie !

    • Brésil - Jéricoacoara

      Avant que le Washington Post ne déclare la plage de Jericoacoara l'une des dix plus belles au monde dans un article publié en 1994, seule une poignée d'initiés, de babas cool, d'aventuriers ou de férus de planche à voile étaient au fait de son existence. Car se rendre dans ce petit village de pêcheurs masqué par les dunes, sur le bord du littoral atlantique, était une expédition. Et ça le demeure, d'où son charme! Cap sur Jericoacoara, «Jeri» pour les intimes. Jericoacoara — Quatre heures du matin... Après trois heures et demie de vol depuis São Paulo, l'avion de la compagnie TAM amorce sa descente sur l'aéroport international Pinto Martins, à Fortaleza, capitale de la province du Ceará dans le nord-est du Brésil. Et le point de départ idéal pour un tourisme d'aventure en bord de mer, au coeur d'un paysage digne du Sahara. Depuis que le très sérieux Washington Post a placé la plage de Jericoacoara au palmarès des dix plus belles au monde, Ceará, avec ses quelque 600 kilomètres de littoral, est devenue pour les Brésiliens sportifs et amants de la nature «le pays des plages sublimes». Jusque-là, cet État, l'un des plus pauvres du Brésil, n'avait pas la cote et le fait d'accéder à ses plages célestes et à ses petits villages de pêcheurs tenait de l'exploit. Une aventure quelque peu simplifiée depuis, grâce à une gamme de services de transport plus variée et des routes en meilleure condition. Comme convenu avec l'hôtel boutique Chili Beach de Jericoacoara, Avela, chauffeur-guide, nous attend à l'aéroport pour nous mener à Jeri en 4X4, par la piste des plages. Cette formule, plus longue et plus coûteuse que l'autobus, permet de décider des arrêts à faire, de se baigner, de contempler le spectacle de l'eau, du vent et du sable sur des kilomètres et des kilomètres. Une odyssée de dix heures hors du commun sur la Costa do Sol Poente (côte du couchant), à l'ouest de Fortaleza. Soit 300 kilomètres d'un littoral qui traverse pas moins de 22 villages de pêche. Avant de quitter la route bétonnée, une escale café da manha (petit-déjeuner) ravive nos sens sclérosés par une trop courte nuit en vol. Le soleil pointe à peine à l'horizon. On se régale de jus de graviola (corossol), de café noir et de tapioca, de petites crêpes constituées de farine de manioc, d'eau, de sel, et farcies d'oeuf, de fromage, de tomate, de banane, de noix de cajou... au choix. Découvert par les Indiens et utilisé par les esclaves venus d'Afrique, l'extrait sec de racines de manioc, appelé ici tapioca, est un plat traditionnel du Nordeste. Par un chemin secondaire cahoteux, bordé d'anacardiers et de cocotiers, on rejoint la plage de Lagoinha. C'est là que nous troquons les souliers de ville pour des havaianas (gougounes brésiliennes) et le jean pour le bermuda. Pendant ce temps, Avela dégonfle les pneus de sa camionnette. «Pour élargir et étirer la surface de contact avec le sable, explique le guide. Sinon, je risque de m'enliser et de passer pour un débutant.» Puis commence l'incroyable spectacle d'eau, de vent, de sable qui nous accompagnera au quotidien les huit jours suivants. À deux reprises, nous embarquons sur un bac de fortune pour franchir un bras de mer plus imposant que l'autre. Une façon pour les «locaux», qui activent manuellement ces bacs à l'aide de cordes, de gagner quelques reais. Dans les villages, l'arrivée des pêcheurs à bord de leur jangadas (bateau à voile rectangulaire) constitue un spectacle dont on ne se lasse pas. Indéniablement, ce paysage de sable et de dunes ressemble au Sahara. Un vent chaud souffle en permanence. Non loin du village d'Icarai de Amontada, à 100 kilomètres à l'est de Jericoacoara, des éoliennes plantées sur une péninsule témoignent de la vélocité et de la constance des vents dans la région. Pas surprenant que les champions du monde de planche à voile et de kitesurf adorent s'entraîner ici. Le vent offre des conditions idéales à la pratique de ces sports. Escale pour le lunch à Preia, dans un restaurant qui répond au doux nom d'Azul do Mar, le bleu de la mer. Délices d'un premier repas de poisson grillé sur la plage, une peixada, spécialité régionale composée du poisson du jour (un bar), de haricots, de riz, d'une salade de carottes, de farine de manioc grillée et de frites de manioc. Un repas arrosé d'une caipirinha, boisson à base de cachaça (alcool de canne à sucre), de jus de citron vert, de sucre et de glace concassée. Jeri Jeri se trouve à dix dunes, une trentaine de palmiers, une falaise et une colline (le mont Serrote) de Preia. Plus précisément à 12 kilomètres du restaurant Azul do Mar et à 30 kilomètres de la ville de Jicoca — là où se termine la route principale depuis Fortaleza, par le chemin des dunes. On conseille aux visiteurs qui viennent à Jeri en voiture de laisser leur véhicule dans un stationnement à Jijoca puis de monter dans une de ces camionnettes (jardineiras) qui, de là, assurent la navette jusqu'au village. Dans les dunes, aucun panneau routier n'indique le village: facile de prendre la mauvaise trace. Et, sauf autorisation, Jeri est interdite à la circulation. On vient dans cette oasis coupée du monde pour la nature et le calme. Pour la mer et le vent. Pour le lever et le coucher du soleil. Pour marcher des heures durant sur des plages sans fin, dans l'eau, autour des lagunes et des dunes. Pour lire, méditer, manger, flâner, écouter le chant du sable. Ou apprendre quelques rudiments de surf ou de kitesurf, de capoeira, de samba, de forro. Mel Sousa Cunha enseigne la danse à Jeri. En portugais, en anglais et en français. La jeune femme a grandi et étudié à Montréal. Quelle coïncidence! C'est pour retrouver ses origines qu'elle est venue au Brésil. Et elle s'y est plu. Depuis, elle habite dans ce petit village de 3000 habitants qui vit pour et par ses touristes, avec Francesco, son mari, et Myrella, leur petite fille. Mel transmet les rythmes de la samba et du forro dans sa maison sur Saô Francisco, l'une des six rues du village. Une pancarte à l'extérieur annonce l'école: Academia Samba Jeri. Inutile d'apporter des souliers, les rues étant de sable. Il est donc de rigueur de lézarder pieds nus ou en tong dans ses ruelles ensablées qui toutes convergent vers la grande dune du Pôr do Sol — littéralement: coucher du soleil face à l'océan, sur la plage primée par le Washington Post. Chaque soir, les gens se rassemblent au sommet, appareil-photo en bandoulière, pour immortaliser à jamais le coucher du soleil. Les chanceux apercevront, l'espace d'une milliseconde, un éclair vert juste au moment où le bord du disque solaire effleure l'horizon. Cette dune est l'un des rares lieux de la Terre où il est possible de voir le fugace rayon émeraude. Une excursion en buggy ou à cheval jusqu'aux villages de Tatajuba et de Mango Seco permet de mieux comprendre la fragilité de dégradation des dunes. Une pancarte plantée au coeur de ruines d'anciennes maisons indique l'emplacement du vieux Tatajuba, enfoui sous le sable il y a quelques années. L'église a été dégagée pierre par pierre et rebâtie dans le nouveau Tatajuba. La nuit tombée, pousadas (auberges) et petits restaurants (en grand nombre et fort sympathiques) allument à l'extérieur bougies et lampes à l'huile. L'électricité est dans les maisons mais pas dans les rues et ruelles du village. Les lignes à haute tension sont enterrées sous terre de façon à préserver la lumière naturelle de la lune et des étoiles dans le ciel. Pas d'autos à Jeri, pas de bateaux à moteur non plus. Les ânes se promènent en toute liberté. Un dépaysement total, quoi! Une zone protégée En 1984, une loi fédérale déclare le village de pêcheurs de Jericoacoara «Zone environnementale protégée» dans le but d'arrêter ou de limiter son expansion.En 1992, une loi interdit la construction de nouveaux hébergements touristiques afin de contenir le flux de touristes. En 1998, l'électricité est introduite dans les maisons du village de Jericoacoara.En 2002, l'Institut brésilien de l'environnement et des ressources naturelles (IBAMA), en collaboration avec le gouvernement de l'État du Ceara et la préfecture de Jijoca de Jericoacoara, convertissent la région de Jericoacoara en Parc national (200 kilomètres carrés). Certaines activités sont interdites, dont la construction de routes.*** Le forro Comme la plupart des rythmes brésiliens, le forro trouve son origine dans les cultures indiennes, africaines et européennes. C'est à la fois une musique et une danse. Son rythme composé par l'accordéon, le triangle et le zabumba est guilleret et entraînant, mais les chansons racontent les chagrins du peuple du Sertão (région du Nordeste) qui quitte cette région souvent touchée par la sécheresse, pour une vie meilleure à Rio de Janeiro ou São Paulo. Plus technique que la salsa, le forro se danse en couple, les yeux dans les yeux. *** En vrac -Hébergement. Coup de coeur pour l'élégant hôtel boutique Chili Beach, classé cinq-étoiles dans la région. Situé en périphérie du village, dans un joli jardin tropical, l'endroit est calme. On y mange une excellente cuisine concoctée avec les produits frais du jour. Le personnel est très attentif aux demandes de ses clients. La langouste grillée est un pur délice. chilibeach.com. -Organiser son voyage. Directement avec les hôteliers. Il y a le Chili Beach mais aussi une centaine de pousadas pour tous les genres et toutes les bourses. Le personnel de ces établissements saura vous guider à bon port. La pousada La Villa, conçue de bois et de paille par un architecte brésilien et tenue par une Française, est une bonne adresse. lavilla-jeri.com. -L'agence de voyages Uniktour propose le Brésil à son programme à la carte, dont Jericoacoara. Consulter le conseiller François Archambault pour plus de détails sur le circuit Les Dunissimes. uniktour.com/voyage/les-dunissimes-entre-dunes-et-mer/presentation. -Excursion à cheval. Pour une journée inoubliable jusqu'au village de Mango Seco via les plages et les dunes, en compagnie de Francesco (le mari de Mélanie), aussi professeur de Capoeira. Un arrêt au restaurant Barraca do Cacau, à Mango Seco, pour son crabe et ses crevettes, est un must. Un vrai délice! Ouvert le midi seulement, ce restaurant à l'allure de boui-boui n'a pas l'électricité. -Livres. Le guide Brésil, aux éditions Lonely Planet; Tristes Tropiques, de l'ethnographe Claude Lévi-Strauss, où l'auteur raconte ses rencontres avec les Indiens du Brésil; Rouge Brésil, de Jean-Christophe Rufin, qui raconte la première conquête du Brésil par les Français.

    Tout afficher
    Pages 17Tout afficher

Contactez-moi

  • Blanc Facebook Icône
  • Blanc Twitter Icon
  • Blanc Icône Instagram
  • Blanc Vimeo Icône
  • Le Devoir

2020 © Tourisme Aventure - Tous droits réservés

Textes et photos par Hélène Clément