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  • La Grande Finale du 375e de Montréal

    Le dimanche 31 décembre, dans le Vieux-Montréal, une fête en trois rendez-vous gratuits viendra boucler la boucle des festivités qui ont entouré cette année le 375e anniversaire de Montréal. Au menu : banquet populaire, spectacle à tous crins, grand décompte en son et lumière, feux d’artifice et danse… Que la fête commence ! Article publié dans le quotidien Le Devoir du 29 décembre 2018 Une fête qui débutera dès midi, dimanche, au marché Bonsecours — et autour dans la rue Saint-Paul, par un festoiement populaire gratuit dont le menu sera composé de plats québécois, tels la soupe aux pois, la tourtière, le pouding chômeur et autres gourmandises. Pendant que la foule fera ripaille, conteurs et musiciens créeront des ambiances, sous la houlette de Garou, l’animateur de cette Grande Finale dans le Vieux-Montréal. « C’est un honneur que d’avoir Garou comme porte-parole de ces festivités, qui viennent clore l’année du 375e de Montréal », dit Martin Durocher, cofondateur et vice-président du conseil d’administration de Montréal en Fêtes, dont la mission est d’offrir aux Montréalais des activités gratuites et festives durant la période des Fêtes. Une Grande Finale emplie d’activités qui commence par le grand banquet pour se poursuivre en party dansant jusque tard dans la nuit, sur les quais du Vieux-Port. Cette célébration, « la plus grande du temps des Fêtes au Canada », précise Martin Durocher, vise le grand public et s’adresse aux 7 à 77 ans, mais avec une touche jeunesse. « Nous espérons que l’ado incitera sa famille à sortir du salon le soir du 31 décembre. » Une dernière nuit 2017 vibrante Dès 18 h, la DJ Sabrina Sabotage chauffera les planches de la scène du quai Jacques-Cartier jusqu’au grand spectacle de 21 h, qui rassemblera une large palette d’artistes, dont le chanteur Garou, Daniel Bélanger, Champion et ses G-String, Vincent Vallières, Pierre Kwenders, Laurence Nerbonne, Les Deuxluxes, DJ KXO et Mes Aïeux. « C’est un exploit d’avoir pu rassembler Mes Aïeux, absent de la scène depuis 2012. Nous en sommes fiers à Montréal en Fêtes, avoue Martin Durocher. Le spectacle de la Finale du 375e est un premier retour sur les planches pour le groupe. » Le passage à la nouvelle année sera marqué peu avant minuit par l’illumination du pont Jacques-Cartier, dont les lumières danseront au son d’une trame sonore — une cocréation de Moment Factory et Atomic 3, jouée sous la direction musicale de Gabriel Gratton, puis par le décompte sur le quai de l’Horloge et à minuit par des feux d’artifice. Un party dansant à la belle étoile clôturera vers 2 h la Finale du 375e. « Il y aura des bars partout, des foyers pour se réchauffer, du café et du chocolat chaud, des toilettes en masse et le métro restera ouvert toute la nuit », rappelle Michel Durocher. Tuque, casque de poil et manteau d’hiver Les célébrations du Nouvel An dans le Vieux-Montréal ne se limitent pas à la journée du 31 décembre. Dès 16 h aujourd’hui, la place Jacques-Cartier se réinvente en Place nordique, un minivillage où l’on pourra tout au long de la fin de semaine déguster bière artisanale et boissons chaudes autour de feux de bois, exprimer sa créativité par des dessins sur une fresque géante, faire ses voeux à l’un des porte-voeux, jouer à la pétanque des neiges, se laisser bercer par une chorale et pratiquer des pas de danse folklorique… Parmi les nouveautés de cette 5e édition de Montréal en Fêtes, les Veillées du Quai. En spectacle ce soir dès 18 h, sur la scène du quai Jacques-Cartier, le rappeur Rymz et Alaclair Ensemble, et demain soir, Karim Ouellet et sa pop chaleureuse. Comme la fin de semaine s’annonce polaire, voici quelques conseils du 375e pour profiter pleinement de cette fête en plein air : s’habiller chaudement, préférer les mitaines aux gants, porter des bottes confortables, éviter le coton, qui, une fois humide, garde au froid. Danser, sauter, chanter. Boire chaud. Café et chocolat chaud seront offerts gratis à la cabane urbaine IGA, située devant l’entrée principale du marché Bonsecours. Et rappelons-nous que la technologie n’aime pas le froid. Si vous comptez sur votre cellulaire pour retrouver la troupe éparpillée dans la foule — que l’on prévoit grande —, chargez la pile de votre cellulaire avant de partir et transportez le chargeur à batterie, car le froid décharge vite les piles. Valeur plus sûre que le cellulaire : un point de rencontre. Sur ce… bonne fin de semaine, et bonne et heureuse année 2018 !

  • Le Jardin botanique de Montréal exhibe ses orchidées en fleurs

    Jusqu’au 29 janvier, le Jardin botanique de Montréal invite le public à admirer ses jolies orchidées, en fleurs à cette époque de l’année. Dans un décor évoquant les ruines d’une ancienne forteresse au coeur de la jungle, ces créatures fascinantes se retrouvent dans leur élément. Article publié dans le quotidien Le Devoir du 19 janvier 2018 Certaines exhalent un parfum puissant. Par exemple, la gracieuse Angraecum eburneum, dont les petites fleurs blanches répandent une odeur suave qui titille l’odorat dès qu’on s’en approche. Ou la vanille, la seule orchidée comestible parmi les milliers d’espèces et dont la pollinisation serait une affaire de femmes nommées « les marieuses ». Du moins à Madagascar, où est produit 80 % de la vanille dans le monde, selon le journal Le Monde. Cela dit, l’exposition commence dès l’accueil par un clin d’oeil à ces magnifiques orchidées à la morphologie parfois si étrange qu’elles passent pour des fleurs rares et fragiles. Fragiles mais pas rares « Fragiles, peut-être, mais rares, non », dit Denis Laperrière, l’horticulteur responsable de la collection d’orchidées au Jardin botanique de Montréal, une des plus importantes d’Amérique du Nord. « On en dénombre dans le monde quelque 750 genres et 30 000 espèces. Hormis les déserts et les deux pôles, l’orchidée pousse sur les cinq continents. » De toutes les tailles, de toutes les formes et de toutes les couleurs, la noble, racée et gracile orchidée appartient à la plus grande famille végétale de la planète. À l’état sauvage, elle fait preuve d’une étonnante capacité d’adaptation et de diversification. « Dans les régions tempérées, elle pousse sur le sol, explique Denis Laperrière. Dans les pays chauds et humides, l’orchidée, qui est là-bas épiphyte, se développe sur les arbres, à la recherche de lumière dont elle a grandement besoin. » Ambiance tropicale Dans la serre des orchidées et aracées, un mur de pierres imite une vieille forteresse sud-américaine. Un décor conçu il y a quelques années par l’architecte-paysagiste Carlos Martinez, avec des pierres qui remonteraient à l’origine de la fondation de Montréal. « Elles ont été utilisées comme ballast dans les bateaux venant chercher des marchandises en Amérique, puis comme pavés dans le Vieux-Montréal », précise Denis Laperrière en montrant du doigt une Lockhartia tenuiflora d’un beau jaune, suspendue sur une plaque d’écorce de liège accrochée à un pan du mur, évoquant la jungle tropicale. La collection du Jardin botanique compte environ 4000 spécimens et 276 genres parmi les quelque 750 connus dans le monde. Les visiteurs pourront admirer au cours des prochains jours une soixantaine de ces fleurs dont l’étrange morphologie a tant séduit Henry Teuscher, premier conservateur et cofondateur du Jardin. C’est en 1936 qu’Henry Teuscher entre en fonction comme surintendant et chef horticulteur au Jardin botanique de Montréal, dont il a dessiné les plans au fil d’une correspondance avec le frère Marie-Victorin. Une rencontre qui aura marqué un tournant dans la vie de cet Allemand, né à Berlin en 1891 et émigré aux États-Unis en 1922. « Dès leurs premières rencontres, les deux hommes se sont liés d’amitié », raconte François Ouellet, aux communications d’Espace pour la vie. « Et le frère a toujours appuyé son collègue et ami, même lorsque celui-ci fut soupçonné d’espionnage lors de la Seconde Guerre mondiale. Au bout du compte, il a été blanchi. » On doit à cet horticulteur, qui a occupé divers postes reliés à sa spécialité aux États-Unis — dont celui de dendrologiste au Jardin botanique de New York —, l’existence de grandes collections comme celle des orchidées du Jardin botanique. La plus vieille On retrouve même dans une serre de reproduction bichonnée par Denis Laperrière la plus vieille orchidée toujours vivante, la Dandrobium nobile, qui fut rapportée par Henry Teuscher et enregistrée dans les collections du Jardin en 1942. Ses travaux lui ont permis d’inscrire le genre Teuscheria dans le grand livre des orchidées. Et depuis 1999, le prix Henry-Teuscher est remis à un individu dont les réalisations contribuent à l’avancement de l’horticulture au Québec. Quelques vedettes Il y a l’Angraecum eburneum, dont l’odeur suave a pour but d’illusionner l’insecte ou l’oiseau à des fins de fécondation. À la différence des autres groupes de plantes à fleurs, ni le vent ni l’eau ne feront le travail. Pièges à odeur, leurres visuels ou sexuels, les orchidées développent des stratégies complexes et efficaces pour attirer les pollinisateurs. La jolie fleur exploite à son compte les différents comportements de l’insecte. Il y a aussi la Paphiopedilum, ou sabot de Vénus, qui ressemble à une pantoufle. Puis la Cyrtochilum macranthum, dont les tiges florales, volubiles, grimpantes, adorent s’entortiller et s’agripper et dont la fleur blanche, jaune et pourpre est magnifique. Et il y a la Fredclarkeara After Dark, la Cattleya percivalania, la Dendrochilum glumaceum… Des noms bien savants que l’on apprivoise dans la serre des orchidées et des aracées au fil d’une promenade bordée de quelques panneaux d’interprétation. Ah oui ! Le mot « orchidée» vient du grec orchis, qui veut dire testicules. Simplement parce que les tubercules de certaines des fleurs ressemblent à cette partie du corps.

  • France - Auvergne-Rhône-Alpes Parcourir la Route du bonheur

    Publié dans le Devoir du 7 octobre 2017 Chasselay, Bort L’Étang, Vichy, Vienne, Charolles… Une route jalonnée de Relais & Châteaux pour se sustenter à ravir et se mettre dans de beaux draps. Tantôt dans un château avec tourelles, tantôt dans une maison de campagne, mais toujours ce mélange d’hospitalité, d’art de vivre et de pratiques culturelles locales. Et si luxe et étoiles au Michelin sont au rendez-vous, il n’y a rien de guindé pour autant en ces lieux. Mis à part Charolles — écrit avec deux « l » si on est un habitant du village mais un seul si on vit ailleurs en pays charolais, qui se trouve en Bourgogne —, la Franche-Comté, cet itinéraire mijoté par l’association Relais & Châteaux, bat le pavé dans la région Auvergne–Rhône-Alpes, à quelque 160 kilomètres autour de Lyon. Notre circuit, au départ de l’aéroport Saint-Exupéry, emprunte quelques tronçons de « Routes du bonheur » signées Relais & Châteaux. Des routes gastronomiques et culturelles imaginées par des chefs et des propriétaires d’établissements membres de la prestigieuse association, qui regroupe 550 hôtels et tables d’exception dans le monde. D’abord Chasselay, chez Guy Lassausaie, pour un repas gargantuesque qui va donner le ton à ce voyage gastronomique. Puis, Bort L’Étang pour une nuit seigneuriale au château de Codignat. Ensuite, Vichy pour un cours de cuisine avec des produits de qualité, mais destinés à la poubelle, en compagnie du chef Jacques Decoret, et Vienne pour faire ripaille au restaurant La Pyramide et découvrir la ville en compagnie de Boris, le fils du chef Patrick Henriroux. Et enfin Charolles, dans le jardin d’Éden du chef Frédéric Doucet. À nous tartare d’huîtres, escargots gros-gris, couteau farci, langoustine grillée, pied de porc soufflé aux oignons, acras de boeuf charolais et chocolat intense. Une terre bénie des amateurs de bonne chère, dites-vous ? Que oui ! Ce n’est pas un hasard si l’histoire des Relais et Châteaux a débuté dans ce coin de pays où les jolis chemins de campagne jouent à la cachette avec la célèbre route de France : la Nationale 7. Nous la suivrons un tantinet entre Vichy, Lyon et Vienne, le temps de fredonner la chanson de Charles Trenet Route nationale 7, et d’apprendre que sa longueur — presque 1000 kilomètres — est à l’origine du jeu de société 1000 bornes. Surnommée « Route des vacances », celle que l’on compare à la route 66 aux États-Unis reliait Paris à la Côte d’Azur via la Bourgogne, l’Auvergne, la vallée du Rhône et le massif de l’Estérel. Des restaurateurs s’empressèrent d’ouvrir des établissements en bordure du chemin. De petits restaurants, mais aussi des plus grands, comme celui des frères Troisgros à Roanne — aujourd’hui à Ouches — ou La Pyramide à Vienne. Suite de l’histoire En 1954, Marcel et Nelly Tilloy, un couple d’artistes de music-hall propriétaire de l’hôtel-restaurant La Cardinale, sur la rive droite du Rhône, décident de créer leur propre « Route du bonheur ». Celle-ci relierait leur établissement à sept autres entre Paris et Nice. Et bingo ! L’union entre ces lieux habités, réunis autour de valeurs communes — haut niveau de prestation, gastronomie d’exception et conception particulière de l’art de vivre, avec pour seule règle de base d’être situé hors des villes —, venait de signer l’acte de naissance de l’association hôtelière Relais & Châteaux. « Et de la première Route du bonheur selon Relais & Châteaux, ajoute Laura Tudal, du bureau de presse Pascale Venot. L’association de marque en propose aujourd’hui une quarantaine en France et quelque 129 réparties sur cinq continents. » Pour s’inspirer, il suffit de consulter la liste des itinéraires sur le site Web du groupe. Des suggestions que l’on peut, avec l’aide de conseillers, adapter à ses goûts et des expériences que l’on souhaite vivre. Des routes thématiques aussi, comme la toute nouvelle « Route des 100 ans de BMW » qui relie Paris — point de départ de la première Route du bonheur — à Munich, ville d’origine de BMW, via le domaine de Chantilly. Ça sent la crème à fouetter, les domaines de Champagne et de Bourgogne. Puis Genève, la Bavière et ses châteaux. Du décorum, oui, du luxe aussi, mais rien de guindé. D’un Relais & Châteaux à l’autre, on sera reçu comme un ami de longue date. De la diversité aussi. On peut séjourner dans des ranchs aux États-Unis, des lodges en Afrique, des îles tropicales dans le Pacifique, ou, comme nous, dans des châteaux et d’anciennes maisons de campagne rénovées où se succèdent des générations de cuisiniers réputés qui se donnent corps et âme pour vous accueillir. « Susciter de l’émotion » en ravivant tous les sens semble l’aphorisme des chefs rencontrés dans ce coin de pays avec vue sur le groupe de volcans de la chaîne des Puys. Arbres, prairies, rivières, montagnes semblent nourrir leur inspiration. Bonjour veaux, vaches, moutons, poissons et fruits de mer ! On cuisine avec ce qui pullule dans l’étang d’à côté, ce qui broute dans le champ alentour ou ce qui pousse dans le verger non loin. Marie-Louise, Yvette, Léa et les autres Si le sommeil après une nuit blanche dans l’avion ne nous a pas encore gagnés, ça ne devrait pas tarder après le repas au restaurant de Guy Lassausaie. « C’est une affaire de famille depuis quatre générations, raconte Guy Lassausaie, héritier des Mères-courage lyonnaises de la maison Lassausaie. Mes arrière-grands-parents Marie-Louise et Antoine Lassausaie, maîtres d’hôtel de formation, ont repris en 1906 l’Hôtel des touristes pour en faire cette jolie maison d’époque. » « Marie-Louise, Léa, Yvette… Ce sont des femmes qui, jusqu’en 1983, ont fait le renom de cette maison. Une cuisine de tradition jadis composée de quenelles de brochet à la graisse de rognons de boeuf, de pâtés en croûte, de civet de lièvre au chocolat… » Le chef, deux étoiles au guide Michelin, suit peu les modes, garde le produit au naturel et a éliminé de sa cuisine certaines lourdeurs d’autrefois. Au gré des saisons, on y savoure mousseline de brochet et cuisses de grenouille, dos de bar de ligne cuit sur la peau, oeufs brouillés aux cèpes, chou farci de queue de boeuf et foie gras… Vite, à table ! Le château de Codignat Cette enseigne qui domine le village de Bort L’Étang fera craquer tous les fondus de vie de château. Côté ambiance, nous voilà plongés dans le Moyen Âge, dans un château fort qui était à l’origine la tour de guet du château de Ravel à quelques kilomètres de là. L’immersion est totale dès l’entrée dans le bâtiment construit entre le XIIe et le XIVe siècle, puis restauré et aménagé en hôtel 5 étoiles avec piscine chauffée, terrains de tennis entre forêt et jolis jardins et bains bouillonnants dans toutes les chambres. C’est dans le jardin sous des marronniers centenaires, à la lueur des lanternes, que nous avons goûté à la cuisine raffinée du chef Mathieu Barbet. Une succession de plats et de bons vins, aussi jolis à regarder qu’excellents à déguster. Juste divin ! Ma chambre, dont la haute fenêtre donne sur un immense parc, porte le nom d’Anne de Beaujeu, fille aînée de Louis XI et de Charlotte de Savoie. Elle épousera en 1473, à l’âge de 12 ans, Pierre de Beaulieu, qui deviendra duc de Bourbon… Et c’est ainsi que l’on s’endort à Codignat en lisant l’histoire dans le mobilier et les tapisseries au mur. Petits trucs et astuces de chef Après quelques excès de table, rien de mieux qu’une eau de Vichy Célestins pour remettre le facteur sur le vélo. Ou une Hôpital, une des petites soeurs de Célestins, qui conviendrait mieux au foie engorgé. On dit que le bicarbonate présent dans l’eau de Vichy neutralise l’acidité gastrique. Pas fou, Napoléon III, qui venait ici se soigner. À Vichy, on déguste l’eau Célestins, Chomel, Hôpital, Lucas, Grande Grille… dans les buvettes du hall des Sources, au parc face à la maison Decoret, mais aussi à la table de ce chef étoilé qui propose à son menu, à la manière d’une carte des vins, une quinzaine d’eaux provenant de l’Allier, du Puy de Dôme et de la Haute Loire. Voilà une bonne adresse pour apprendre à cuisiner sous la manette d’un chef déluré qui ne cuisine qu’à basse température et ne tolère pas le gaspillage. On vise ici le zéro déchet. C’est ainsi, ce jour-là, que coeurs de poulet, cosses de petits pois, feuilles d’artichaut et peau d’orange sont transformés en de jolis plats aux saveurs étonnantes. Une maison de famille Bienvenue à Vienne, à La Pyramide. La maison a de l’histoire. Des familles de restaurateurs s’y sont succédé. La plus illustre est la famille Point, avec son chef Fernand, le premier à avoir obtenu trois étoiles au guide rouge en 1933. L’homme qui a marqué la gastronomie française a formé Paul Bocuse, les frères Troisgros, Louis Outhier, les Haeberlin, Alain Chapel… En 1989, le chef Patrick Henriroux, deux étoiles Michelin, et sa femme Pascale reprennent l’établissement et créent deux pôles de restauration et un hôtel 4 étoiles de 23 chambres. Avec brio, élégance et courtoisie. Ils activent aussi La Pyramide dans la promotion de la ville vieille de 2500 ans et de son terroir. « Nous sommes sur tous les fronts quand il s’agit de défendre les richesses naturelles et gastronomiques de la région, dit Patrick Henriroux. La défense des abeilles en milieu urbain, le développement du marché de Vienne, 4e de la France… » Quel plaisir que de piquer une jasette avec le chef jusqu’à tard dans la nuit en dégustant une liqueur de Chartreuse de sa collection, que l’on dit unique au monde. Requiem pour les charolaises Toujours est-il que la commune de Charolles est la seule de ce road trip royal à être située en Bourgogne–Franche-Comté, région limitrophe de l’Auvergne–Rhône-Alpes. On ne saurait pas distinguer, comme ça, vite fait, la différence de paysages entre les deux régions, mais on apprend tôt la présence en pays charolais d’une vache locale toute blanche vouée principalement à la production de viande : la charolaise. À peine le temps de poser les valises, de tirer quelques clichés du joli village avec ses petits ponts qui enjambent une multitude de canaux — qui lui valent son surnom de « Bruges campagnarde » — et de déguster une entrecôte, charolaise, bien sûr, cuite à la plaque, que nous voilà avec l’éleveur, le boucher et le chef dans un champ à Lugny-lès-Charolles, à six kilomètres de Charolles, pour regarder brouter ces vaches bourguignonnes. Une sorte d’hommage à ces reines des prairies présentes depuis l’époque romaine, qui mènent leur vie librement, en plein air, entre les mois de mars et décembre, et qui se nourrissent de pâturin, de luzerne, de lin de trèfle, de pulpe de betterave et de plantain. Vous dites corsetée, la vie en Relais & Châteaux ? En tout cas, pas ici, à l’hôtel de la Poste, un charmant établissement 4 étoiles au coeur d’un village aux airs de Venise, qui fut jadis la cité des ducs de Bourgogne, notamment de Charles le Téméraire. Cette visite dans le champ en compagnie du chef étoilé propriétaire de l’hôtel, Frédéric Doucet, de son boucher, Jean-Philippe Baligand, et de l’éleveur de Lugny-lès-Charolles, Victor Emmanuel Pacaud, en fournit la preuve. L’appel du terroir avant tout ! Bon, tout ça creuse ! On troque ses espadrilles pour ses talons hauts et on s’attable. Au menu de ce soir : sorbet à la betterave et crème de cassis de Bourgogne, salade de homard breton, chèvre charolais, tomates et basilic, jardin de légumes, rouget-barbet doré aux feuilles de cassis, copeaux de foie gras et sauce cassis, oeuf murette, côtes et filet d’agneau charolais, fromages et farandole de desserts aussi bons que beaux à voir. Et ainsi va la vie sur les Routes du bonheur. EN VRAC S’y rendre. Air Canada relie Montréal à Lyon à longueur d’année avec cinq vols par semaine en été et quatre en hiver. Préparer son voyage. Chasselay, restaurant Guy Lassausaie. Bort L’Étang, château de Codignat. Vichy. Maison Decoret. Vienne, hôtel La Pyramide. Charolles, hôtel de la Poste. Relais & Châteaux. Tourisme Auvergne Rhône-Alpes. Tourisme France. Atout France à Montréal.1 commentaire

  • Arboretum - Sainte-Anne-de-Bellevue Une foule d'activités sur l'écosystème forestier

    Publié dans le Devoir du 18 août 2017 Situé sur le campus MacDonald de l’Université McGill à Sainte-Anne-de-Bellevue, à la pointe ouest de l’île de Montréal, l’arboretum Morgan, une réserve arboricole et écologique de 245 hectares, propose une panoplie d’activités pour régénérer le corps, éveiller les esprits fatigués et intéresser les néophytes curieux tout autant que les connaisseurs à l’écosystème de la forêt et à son formidable réseau d’échange. «La moindre des choses, quand on s’invite dans les bois, est de connaître le nom de ses hôtes. L’affront serait l’indifférence. Si des gens débarquaient dans mon appartement pour s’y installer de force, j’aimerais au moins qu’ils m’appellent par mon prénom. » Cette phrase de l’aventurier et écrivain Sylvain Tesson, dans le livre Les forêts de Sibérie, donne à réfléchir. Nous sommes entourés d’arbres dont nous ignorons les noms. Érable à Giguère, argenté, à sucre, de l’amour, hêtre américain, tilleul, noyer cendré, caryer, cerisier noir, pin noir d’Autriche, chêne rouge, robinier faux-acacia, ostryer, métaséquoia, bouleau, sumac, frêne, catalpa, ginkgo… Les arbres poussent partout, dans les parcs, le long des rues, dans les ruelles, mais on peine à les nommer. « Parce que nous tenons souvent les arbres pour acquis, nous avons tendance à ne pas les remarquer, jusqu’à ce qu’ils ne soient plus là », écrit Bronwyn Chester dans son livre Une île d’arbres. Cinquante arbres, cinquante façons de raconter Montréal. « Pourtant, le Québec a déjà eu l’un des plus grands vulgarisateurs de la nature en la personne du frère Marie-Victorin, botaniste, fondateur du Jardin botanique de Montréal et auteur de la bible de la flore québécoise : La flore laurentienne », rappelle l’auteure de ce livre qui présente de façon originale une cinquantaine d’arbres sur l’île de Montréal. Puis, nombreux sont les avantages écologiques des arbres en milieu urbain : ils refroidissent l’air, filtrent l’eau, diminuent l’érosion du sol, absorbent les polluants, procurent de l’ombre, un abri, de la nourriture, des matériaux de construction… 375 000 arbres Un sujet d’actualité aussi que ces arbres à Montréal. D’ici la fin de l’année, la Ville ne devrait-elle pas avoir planté quelque 375 000 arbres sur l’île ? Un programme lancé en 2014 par « Jour de la Terre Québec » dans le cadre du 375e de Montréal. Voilà un lot de raisons pour leur attacher de l’importance. Cap, donc, sur l’arboretum Morgan, à Sainte-Anne-de-Bellevue, pour une initiation à l’écologie forestière. Plusieurs arbres y sont identifiés. Et pour parfaire ses connaissances, pourquoi ne pas s’inscrire à l’atelier d’identification des arbres qui aura lieu là-bas le 3 septembre ? Lorsqu’en 1945 l’Université McGill fit l’acquisition du bois Morgan, une propriété appartenant à la famille du même nom — les fondateurs du magasin Morgan de Montréal, devenu La Baie en 1972 —, l’entente prévoyait la création d’un arboretum à la mémoire de la famille ainsi que la conservation du boisé pour les 100 années suivantes. Chose dite, chose faite ! En sus de la forêt, où l’ensemble des arbres et des plantes du Québec sont représentés, la réserve écologique regroupe 18 collections d’arbres et d’arbustes du monde, dont des sapins, des épinettes, des chênes, des bouleaux, des érables, des tilleuls… Y vivent une trentaine d’espèces de mammifères, dont le petit pékan, le seul animal au Québec à se nourrir du porc-épic, ouch ! ainsi qu’une vingtaine d’espèces de reptiles et d’amphibiens et plus de 170 espèces d’oiseaux nicheurs et migrateurs. Vingt-cinq kilomètres de sentiers sillonnent le terrain. Des pistes qui contournent de vieux champs, comme le pré Pullins, un pâturage où nidifiait le goglu des prés dans les années 1980. Depuis que la reforestation naturelle y a repris ses droits, le goglu s’en est allé vers d’autres friches, faisant place au carouge à épaulettes et à la paruline masquée. Pour y accéder, nous empruntons le sentier pédestre orange, une boucle de trois kilomètres qui traverse des forêts de hêtres, d’érables rouges et à sucre, de tilleuls, de caryers, de frênes et de chênes, de thuyas du Lac-Saint-Jean plantés en 1947, d’épinettes de Norvège et de mélèzes laricin, européens et hybrydes… « L’arboretum est couvert à 80 % de forêt. La plupart des arbres ont été plantés dans les années 1950, précise Anne Godbout, responsable des communications à l’arboretum. Il y a très peu de place en ce moment pour d’autres plantations. » La naissance des collections d’arbres, dont chacune s’articule autour d’un thème ou d’un groupe botanique, remonte à l’époque du Dr W. H. Brittain, premier doyen de la Faculté d’agriculture de McGill en 1934 et premier conservateur de l’arboretum en 1955. Pour souligner le 150e anniversaire du Canada, les Amis de l’arboretum Morgan ont restauré le sentier des bouleaux du Canada, plantés par le Dr W. H. Brittain en 1967 pour le centenaire du pays, afin de l’intégrer au nouveau sentier « Canada 150 ». Un coin fleuri a été aménagé du côté est du sentier orange. Des bancs y sont disposés çà et là, à l’ombre de pommetiers, de poiriers, de cerisiers, de saules, d’amélanchiers, de viornes, de tulipiers, de magnolias, de marronniers, de fusains, d’arbres de katsura, de genévriers, d’ifs… À la fois réserve forestière dédiée à la conservation, à l’éducation du public et à la récréation, l’arboretum Morgan est aussi un lieu d’enseignement et de recherche universitaire. D’ailleurs, à quoi servent ces petites tentes que l’on aperçoit dans la forêt ? « Nous étudions les toiles d’araignée ainsi que l’ADN des insectes qui s’y font piéger », explique un étudiant en biologie, sur le campus Macdonald de McGill. Habitats cinq étoiles Et ces montagnes de vieilles souches, de branches, de feuilles, de racines colonisées par du lichen et des champignons, et de tout ce que la terre a de mort à sa surface ? Eh bien, ce sont d’éventuels habitats cinq étoiles pour les vers, les insectes, les amphibiens, les mammifères. Car, dans la nature, rien ne se perd. Un modèle à suivre. L’arborétum Morgan est ouvert au public 363 jours par année. L’été et l’automne, on y randonne, on y pique-nique, on médite sur les bancs qui bordent les sentiers ; l’hiver, on y skie ou y pratique la raquette ; et au printemps, on y déguste de la tire dans l’érablière. On peut être accompagné de son chien (maximum deux par ménage), à la condition que celui-ci soit vacciné, enregistré auprès de l’administration et qu’il ait passé avec succès le test de sociabilité imposé par l’arboretum Morgan. Renseignements : morganarboretum.org

  • Tel-Aviv à vélo

    Tel-Aviv dégage une forte vitalité qui s’exprime dans l’architecture, les loisirs, la culture, la gastronomie. Plus qu’une porte d’entrée — l’aéroport international étant situé là, des voyageurs y sont en route vers Jérusalem, la mer Morte, Nazareth… —, elle mérite qu’on s’y attarde. Et pourquoi pas à vélo ! Un moyen aussi dynamique que cette cité fringante aux multiples surnoms, dont celui de « ville qui ne dort jamais». Article publié dans le quotidien Le Devoir du 1 juillet 2017 Visiter Israël ? Une expérience plutôt facile à réaliser depuis qu’Air Transat a ajouté une liaison directe depuis Montréal à son programme estival. Environ dix heures et demie de vol entre les aéroports Trudeau et Ben Gourion, à 18 kilomètres du centre de Tel-Aviv–Jaffa. Quelques heures et hop, nous voilà au Moyen-Orient, face au Tayelet, la promenade qui longe sur plus de dix kilomètres les plages de Tel-Aviv et que les gens arpentent en marchant, en courant, en pédalant, en trottinant… jus de grenade à la main. Tel-Aviv ? On se pince pour être sûre de ne pas rêver. On s’attend à une ville conservatrice, sous tension, et on découvre une métropole vibrante, aux airs de Miami et de New York, où les Tel-Aviviens croquent la vie à pleines dents, de jour comme de nuit. On se divertit ici comme s’il y avait urgence de vivre. Peut-être est-ce le cas dans cette ville de quelque 400 000 habitants, plus connue pour sa guerre que pour sa place prépondérante sur la scène gastronomique, culturelle, architecturale et de haute technologie. N’est-ce pas à Tel-Aviv que l’application WAZE, notamment, a vu le jour ? Tel-Aviv n’est pas envoûtante comme Jérusalem, mais certainement plus légère. On comprend mieux la raison de l’un de ses nombreux surnoms : « La Bulle ». Une bulle qui semble avoir fait de la légèreté, de l’optimisme et de la tolérance ses armes. À Tel-Aviv, on flâne, on drague, on fait du sport, on boit du café en terrasse et on fait la fête jusqu’au petit matin. Une forme d’aisance complétée par une énergie enflammée de créativité qui place Israël sur la scène internationale en art, en mode, en cinéma. « Bien des Israéliens croient que la vie ici, ce n’est pas la vraie vie, explique Dror Shoresh, le guide avec qui nous découvrons la ville de nuit. Pour eux, nous vivons dans une bulle, loin de la réalité conflictuelle de l’État. Si bien qu’on a adopté ce surnom en se disant que, peut-être bien que Tel-Aviv n’a rien à voir avec l’État d’Israël. » Cafés, bars, restaurants branchés, musées et une quinzaine de plages pour tous les goûts : promeneurs de chiens, surfeurs, amateurs de natation, de « matkot », de « batucada » brésilienne et de tambours du shabbat, enfants, gais, religieux très pratiquants… S’ajoutent à cela 120 kilomètres de voies cyclables et du soleil 300 jours par année. Tel-Aviv–Jaffa a des airs de vacances et de liberté. Avec, en sus, une histoire qui remonte à 3500 ans. Inutile de dire qu’une journée et demie, c’est bien peu pour l’explorer. D’accord avec le guide Lonely Planet Israël et les territoires palestiniens : « Seule une immersion d’au moins une semaine à Tel-Aviv permet d’en saisir l’essence. » Celle que l’on surnomme la « ville blanche », la « Big Orange », la « ville qui ne dort jamais », « la bulle », la capitale du « cool méditerranéen » abonde de sites culturels et gastronomiques incontournables : le Musée d’art de Tel-Aviv avec sa collection de tableaux impressionnistes et postimpressionnistes mettant à l’honneur Renoir, Gauguin, Degas, Pissarro, Monet, Picasso, Cézanne, Chagall, Van Gogh… Et l’exposition temporaire Expo 67, où Israël a recréé son pavillon de l’île Notre-Dame. Cette expo, qui souligne à la fois le 50e anniversaire d’Expo 67 à Montréal et celui de la guerre des Six Jours, déclenchée le 5 juin 1967 et qui a permis à l’État hébreu d’accroître considérablement son territoire, est présentée jusqu’en septembre prochain. Il faudra revenir pour aller déambuler dans les rues étroites et colorées du Shuk HaCarmel, le marché de rue le plus typique de la ville, ouvert tous les jours de la semaine sauf celui du shabbat, le samedi. « Le shabbat, c’est un peu comme le dimanche chez vous, dit Paule Rakower, notre guide. C’est notre jour de repos. Il commence juste avant le coucher du soleil le vendredi. Les bureaux sont fermés, mais aussi les boutiques de détail et les supermarchés. » Si la « Halakha » interdit de faire du commerce pendant le shabbat, Tel-Aviv semble épargnée par cette loi juive. Jérusalem Ouest aussi. Des accords de statu quo autorisent les restos, discos, bars, cinémas, musées et épiceries à rester ouverts. Les Tel-Aviviens profitent donc de leur septième jour de la semaine pour sortir en famille. Les restaurants sont bondés et la vie bat son plein aussi bien à la synagogue qu’à la plage. « Ce que j’aime à Tel-Aviv, c’est ce sentiment de liberté, poursuit la guide. Ici, chacun se sent libre de faire ce qu’il veut, sans être jugé. Que l’on soit très pratiquant ou pas du tout, homosexuel, parent célibataire, jeune, vieux, tous y trouvent leur place. » À vélo Tel-Aviv se visite bien à vélo. La ville est petite et plate — géographiquement —, avec des pistes cyclables un peu partout, le long des grands boulevards et du littoral et dans les parcs. C’est le meilleur moyen de passer de quartier en quartier, chacun ayant un caractère bien particulier, tout en faisant un pied de nez à la circulation. Plusieurs agences proposent des sorties dans le centre-ville ainsi que dans le parc Ha Yarkon, à Jaffa ou sur le Tayelet, cette fameuse promenade le long de la mer entre le port de Tel-Aviv et celui de la vieille cité de Jaffa, le quartier le plus ancien. Jaffa. Mon coup de coeur. L’une des plus vieilles villes au monde et un des plus vieux ports. Celui où le roi Salomon reçut les cèdres du Liban pour la construction du temple de Jérusalem ; où l’apôtre Pierre, selon le Nouveau Testament, éleva Tabitha, et où Jonas fut recraché par la baleine après trois jours passés dans les entrailles du mammifère marin. Aujourd’hui, on se balade dans un dédale de ruelles et de bâtiments en grès transformés en ateliers pour artistes et sur une place centrale, Kikar Kedumim, bordée de cafés et de boutiques de souvenirs. Se trouve aussi l’église franciscaine Saint-Pierre, consacrée en 1654. Son beffroi domine la Méditerranée et une partie de Tel-Aviv. Sur le Tayelet bordé de palmiers, on ne perd jamais de vue la mer. On y trouve des restaurants, des bars à jus, des discos, des magasins de glace, des écoles de surf, une statue de David ben Gourion faisant le poirier, des gradins pour observer le coucher du soleil et la fameuse piscine Gordon, un arrêt obligatoire pour les amateurs de natation. De taille olympique et en plein air, on la remplit quotidiennement d’eau de mer puisée dans la Méditerranée. Et pas de repos pour le shabbat. Elle est ouverte tous les jours dès 5 h du matin. Parfait pour brûler quelques calories avant le petit-déjeuner. Et parlons-en, de ce sacro-saint petit-déjeuner israélien, qui s’apparente à un festin. Jus de fruits frais, salades et grande variété de légumes, de fruits et de fromages, pain fraîchement sorti du four, poissons, viandes, yogourts, céréales, olives, café, thé… Ouf ! Les origines de ce repas gargantuesque ? « Du kibboutz, au début du XXe siècle, explique Paule Rakower. Les ouvriers commençaient leur journée de travail à l’aube dans les champs. Ils revenaient affamés et se nourrissaient de tout ce que la terre leur offrait. Des fruits, des légumes frais, des oeufs, des produits laitiers, de la viande, des olives… Et les hôtels ont suivi en offrant ces petits-déjeuners sous forme de buffet copieux. » Il y a les agences de vélo, donc, qui proposent des visites guidées, mais Tel-Aviv a aussi mis en place Tel-O-Fun — un jeu de mots avec ofan, qui signifie « vélo » en hébreu —, un service de location de vélo (semblable au Bixi montréalais) fort de quelque 1500 vélos et 150 stations d’accueil situées près des lieux touristiques et des grands boulevards. Ne reste qu’à étudier l’hébreu pour déchiffrer, sur les bornes, les informations de location ou à demander à un passant de vous les traduire. EN VRAC S’y rendre. Jusqu’au 29 octobre prochain, deux fois par semaine, Air Transat offre une liaison directe Montréal–Tel-Aviv. Le voyageur a le choix entre une panoplie de forfaits allant du simple vol aux séjours organisés. Air Canada offre aussi un vol direct Montréal–Tel-Aviv, deux fois par semaine, jusqu’au 16 octobre. Dormir. L’hôtel Carlton Tel-Aviv est une bonne adresse pour son accueil et son confort, mais aussi pour sa situation géographique à deux pas de la plage Hilton et du Teyalet, et à mi-chemin entre le port de Jaffa et celui de Tel-Aviv. Un bon endroit aussi pour déguster le petit-déjeuner israélien. Manger. Tel-Aviv compte un grand nombre de restaurants gérés par des chefs locaux et très appréciés. Parmi ceux-ci, le Messa est une bonne adresse qui offre une cuisine méditerranéenne gastronomique et raffinée proposée par le chef Aviv Moshe. Il est devenu l’un des endroits les plus branchés de la ville. Au complexe et centre commercial Sorona, une ancienne colonie templière vieille de 140 ans devenue un mégacentre culinaire à Tel-Aviv. Ce marché de 8700 mètres carrés, à quelques minutes à pied du Vieux-Jaffa, abrite des dizaines de magasins d’alimentation spécialisés du monde entier et une panoplie de restaurants, de cafés et de galeries d’art. Voir. Tel-Aviv compte plus de bâtiments de style Bauhaus que tout autre endroit au monde, constituant une vaste partie de la ville que l’on appelle ici la « Ville blanche », classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2003. Bien que plusieurs d’entre eux soient en mauvais état, des centaines d’autres ont été rénovés ou sont en passe de l’être. Prendre un verre et danser jusqu’aux petites heures du matin… Kuli Alma, Sputnik Bar, Rothschild Allenby Market, Yavne. Lire. Comprendre Israël, du Montréalais Élias Levy, publié aux éditions Ulysse. Israël et les territoires palestiniens, aux éditions Lonely Planet. Renseignements tourisme.otisrael.com

  • Club Med Da Balaia - Bienvenue

    Les raisons sont multiples de choisir un Club Med plutôt qu’un autre. Pour la mer turquoise et les plages de sable blanc, ou pour le pays et sa culture. Parce qu’il met les enfants à l’honneur, ou les adultes seulement. Pour le tennis, le golf, le trapèze volant, le tir à l’arc, le yoga, la randonnée pédestre… Selon les goûts de chacun. Une chose est sûre, on y mange bien partout. Lequel, alors ? Voyons voir le Da Balaia, en Algarve, au Portugal. Article publié dans le quotidien Le Devoir du 15 avril 2017 Depuis son ouverture en 1985, le Club Med Da Balaia ne cesse de fleurir. Passant de 3 à 4 tridents en 2009, il continue de se réinventer, au grand bonheur des familles. Et quel bel emplacement, en Algarve, à la pointe sud du Portugal ! Perché sur des falaises de terre rouge couvertes d’herbe et parsemées de pins parasols, il surplombe l’Atlantique. « La rénovation de Da Balaia — plébiscité par les touristes qui affectionnent la destination — s’inscrit dans le cadre d’une montée en gamme amorcée il y a une dizaine d’années, précise Henri Giscard d’Estaing, président-directeur général du groupe. Depuis que Club Med a amorcé ce grand virage, nous avons investi près d’un milliard d’euros[environ 1,42 milliard $CAN]. Le groupe exploite aujourd’hui une soixantaine de resorts dans le monde, soit une trentaine de moins qu’il y a dix ans, mais concentre ses efforts sur ses 4 et 5-tridents. » Espace zen, piscine écolo L’emplacement de Da Balaia, au sommet de falaises et en bord de mer, à 45 minutes tout au plus de l’aéroport de Faro et à deux heures et quart de celui de Lisbonne, les attractions culturelles nombreuses à proximité et la réputation golfique de l’Algarve, avec plus de 30 terrains à moins de 30 minutes du Village, sont autant de raisons qui ont justifié sa modernisation. Outre un nouveau Mini Club et un Junior’s Club qui encadrent les enfants dès l’âge de quatre mois, l’objectif est de retaper les trois bâtiments du complexe. Si le Belem — le premier à avoir vu le jour au Village — attend une autorisation pour la réhabilitation de ses façades, ses chambres ont été rafraîchies. Quant au bâtiment Fado di Lisboa, il a été entièrement rénové. Les espaces ont été mis en scène par l’agence d’architecture d’intérieur Prost, qui n’a pas lésiné sur les matériaux naturels, les teintes chaudes et joyeuses à la portugaise, les jeux d’ombre et de lumière et les clins d’oeil à la culture du pays, comme le liège, la paille, le pin maritime, le jonc… En plus d’une piscine à l’allure de petit étang. On y trouve des aires réservées aux enfants, et d’autres aux adultes, entre autres le nouvel espace zen extérieur avec piscine écolo. J’y aurais passé mes journées à lire à l’ombre des pins pignons. Ou bien à barboter avec des minipoissons dans la piscine d’eau douce — filtrée par des graviers et des plantes aquatiques — où viennent s’abreuver oiseaux et libellules rouges qu’aucune odeur de chlore ne fait fuir. En plus d’éviter le fameux élément chimique qui agresse la peau, la baignade bio ne défigure pas le jardin. Sur ce parterre, à l’écart de l’épicentre des activités, on entend le vent dans les branches et le bris des vagues sur la falaise. Il y règne une paix que seul trouble le piaillement des oiseaux. On peut aussi y apercevoir ses enfants ou ses collègues s’éclater sur le trapèze volant, tout à côté. En vacances, et plus Da Balaia a ses espaces réservés aux événements d’entreprises. Entre deux baignades, un bon repas — le buffet, servi trois fois par jour, fait partie de l’ADN du Club Med —, un cours de tir à l’arc, de tennis ou de golf, une séance de yoga, une rando au village d’à côté… et hop ! Au travail. Bien équipé en salles de conférence, le complexe a de quoi plaire au fameux marché du MICE (meetings, incentives, conferencing, exhibitions), ce type de tourisme de gratification par lequel les grands groupes organisent des événements pour leurs employés et/ou leurs clients. Le choix du mobilier est l’oeuvre de l’agence Dragon rouge qui, en plus de respecter le parti pris architectural du Village, a aussi conçu un mur de travail de haute technologie pour tenir des séances de remue-méninges. Rien n’y manque, de l’écran interactif auquel chaque ordinateur est relié par un système sans fil au « mur d’énergie » qui distribue Smarties et bouteilles d’eau et qui recharge les téléphones portables. Green Globe Labellisé Green Globe, Da Balaia s’engage à une amélioration continue de sa performance environnementale et sociale par l’architecture, la décoration, l’artisanat et la gastronomie, excellente d’ailleurs. Et en proposant aux visiteurs des activités leur permettant de découvrir les ressources naturelles et culturelles de la région. Le défi « Coup de coeur » de l’équipe ? Créer un jardin des épices utilisé par le chef de cuisine et visité par les enfants. Manger local et frais fait partie des priorités. « On ouvre très peu de boîtes de conserve, explique Nass Oukil, responsable de la restauration. On fait le pain et les pâtisseries sur place et on favorise à 90 % nos producteurs locaux. On offre moins, mais mieux. C’est ainsi qu’on met notre table en valeur. » Le séjour permet de découvrir, par l’entremise du personnel du Village, la gastronomie du pays, ses escapades culturelles, ses jardins de plantes, mais aussi de faire de longues randos en bord de mer menant vers de jolis villages. Et strictement rien à penser. Le lâcher-prise, quoi. Bon pour le moral ! Notre journaliste était l’invitée du Club Med Da Balaia. EN VRAC Amateurs de golf et de tennis. Le Club Med Da Balaia soulignera, du 29 avril au 6 mai, le mois du golf et du tennis. En partenariat avec Lacoste, les ambassadeurs de la marque y animeront démonstrations, tournois et conférences. Développement durable. Outre le fait que le Village est certifié Green Globe depuis 2013, il s’engage, par l’entremise de la Fondation Club Méditerranée, à inviter des enfants, des associations et des écoles de proximité à participer à des kermesses, des activités sportives et artistiques, des buffets de fête, des spectacles… Également, l’ensemble des vêtements usés ou oubliés est donné en fin de saison à des orphelinats des environs. Pour plus de renseignements, cliquez ici.

  • Butiner d'île en île aux petites antilles

    - Itinéraire en quatre escales d'un traversier dans la mer Entre les débarcadères animés, il file à toute allure. Mais à chaque quai, son rythme épouse l’indolence des paysages caribéens. Gens pressés, s’abstenir ! On le nomme l’Express des Îles. Il sillonne la mer des Antilles entre Sainte-Lucie, la Martinique, la Dominique et la Guadeloupe (et ses îles). Il embarque et débarque les voyageurs pour les faire remonter parfois deux ou trois jours plus tard. Un moyen de transport attrayant pour qui veut butiner d’île en île et découvrir des paysages. Article publié dans le quotidien Le Devoir du 17 décembre 2016 Sur le pont détrempé par les houles du canal de la Dominique, il y a là une bande de randonneurs martiniquais qui, comme nous, comptent bien conquérir à pied Morne Diablotin et Boiling Lake, ce fameux lac qui bouillonne au fond d’un immense cratère. Une randonnée de six heures sur les flancs et dans les entrailles du magnifique parc national des Trois-Pitons, inscrit au patrimoine de l’UNESCO. Des paysages à couper le souffle, des montées et des descentes escarpées qui mènent à la vallée de la Désolation, où l’on se promène au milieu d’un paysage lunaire ponctué de fumerolles sulfureuses et de sources chaudes. Parmi les îles volcaniques des Petites Antilles — Saint-Vincent et les Grenadines, Sainte-Lucie, la Martinique, les Saintes et Basse-Terre en Guadeloupe, Montserrat, Saint-Kitts-et-Nevis, Saint-Eustache —, le Commonwealth de la Dominique est le royaume de la randonnée. On y dénombre une dizaine de volcans et autant de lacs qu’il y a de jours dans l’année. Mais pour y accéder, c’est laborieux, car l’île ne dispose pas d’aéroport international. Aucun avion ne s’y rend directement de l’Amérique du Nord ou de l’Europe. Et vogue le navire Si chaque île des Petites Antilles est desservie par des avions de compagnies locales comme Liat ou Air Antilles Express, l’idée de se déplacer en bateau de l’une à l’autre nous était attrayante, tant pour les prix que pour le spectacle de la mer et la rencontre avec les insulaires. Mais avec cette réserve qu’au moment d’organiser son voyage, il faut prévoir passer une ou deux nuits sur l’une ou l’autre des îles puisque l’Express n’assure pas l’aller-retour le même jour. La compagnie maritime propose toutefois des offres invitantes de séjour clés en main. C’est que l’entreprise, qui aura 30 ans en 2017, « souhaite devenir à terme un complément aérien des longs-courriers en provenance de l’Europe et de l’Amérique du Nord, explique Didier Coffre, directeur commercial de l’Express des Îles. Un moyen dynamique d’entrer en relation avec la population et d’accéder à des îles qui semblent au bout du monde. » Pour dorer son image, la société s’est offert en 2011 une nouvelle identité visuelle et a créé la filiale Jeans for Freedom, une compagnie à bas prix qui permet des escapades d’une à plusieurs journées dans les Petites Antilles, à partir de la Guadeloupe et de la Martinique. Les vacanciers, par exemple, qui seront en Guadeloupe le 11 mars 2017 pourront embarquer à bord de Jeans pour une journée découverte de Montserrat, avec visite de l’ancienne capitale Plymouth en partie ensevelie sous les débris volcaniques depuis juillet 1995. Quant à ceux qui seront en Martinique le 20 mai ou le 18 juillet 2017, la filiale propose une escapade sur l’île de Saint-Vincent, avec visite de Kingstown et de son marché, ainsi que des ruines de Fort-Charlotte, à 182 mètres, d’où la vue sur les Grenadines laisse sans mot. La Société Express des Îles possède deux grands catamarans à vitesse rapide : le Gold Express qui peut transporter jusqu’à 446 personnes et le Perle Express qui accueille 360 passagers et 10 véhicules (pour les visiteurs à destination de la Guadeloupe et de la Martinique). Le trajet de Castries, à Sainte-Lucie, jusqu’à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, dure environ sept heures. Le bateau fait d’abord escale à Fort-de-France, en Martinique, puis à Roseau, en Dominique. Entre les escales, la traversée dure en moyenne 90 minutes. À cela, il faut ajouter une trentaine de minutes d’attente à chaque port, le temps de débarquer et d’embarquer des passagers. Une semaine sur chaque île donne le temps de visiter, mais aussi de grimper des volcans à grand spectacle. Certains éteints ou assoupis, d’autres dégageant toujours des fumerolles de soufre attestant que l’activité volcanique est encore d’actualité dans cette région des Petites Antilles. Sainte-Lucie Nous aurions pu amorcer ce voyage en Martinique avec l’ascension de la montagne Pelée, ou encore en Guadeloupe sur les flancs de la Soufrière, mais nous aimions l’idée de commencer par la montée des deux géants géologiques que sont Gros Piton et Petit Piton, à Sainte-Lucie. La balade au sommet de ces mornes inscrits au patrimoine de l’UNESCO depuis 2004 débute au Centre d’interprétation de Fond Gens libres. Un nom étrange, qui sonne plus comme un beau requiem pour la liberté que comme point de départ d’une marche ardue sur les flancs d’un volcan. Combien d’esclaves en fuite sont venus se réfugier sur les pans de ces pics verdoyants et dans les grottes et les tunnels du canyon de l’anse L’Ivrogne, lors de la rébellion de 1748. Et de brigands aussi. Cette région difficile d’accès était un repaire idyllique pour ces hommes en fuite. Si bien qu’on donna au site le nom de Fond Gens libres, qui signifie « vallée des hommes libres ». À Castries, nous flânons sur Brazil Street et Derek Walcott Square, bordés de coquettes maisons de couleur. Nous entrons dans la cathédrale Immaculée-Conception (1897), célèbre pour ses fresques murales, oeuvres de l’artiste local Dunstan Saint-Omer. Et poursuivons notre chemin jusqu’au marché public pour siroter une Piton (bière locale) sur la terrasse d’un café. La sirène mugit, c’est l’heure d’embarquer. Cap vers la Martinique. Malgré la houle qui secoue l’embarcation, la discussion sur le pont va bon train. Assis à notre droite, trois musiciens Saint-Luciens vont à Roseau pour assister à un concert de jing ping, musique traditionnelle dominiquaise qui rappelle un peu la musique acadienne en Louisiane. Un Guadeloupéen installé pas très loin se mêle à la discussion. « Chez nous, on joue du ka, sorte de tambour traditionnel, dit-il. Et on danse le zouk et la biguine. » Quant aux Martiniquais, ils parlent de bèlè, de chouval bwa (musique qui accompagne les manèges de chevaux de fer), de damniè (dans de lutte), de mazurka et de biguine créole. « La musique, au même titre que la religion, est un élément primordial de la vie des Caribéens, écrit le géographe Romain Cruse dans son livre Une géographie populaire de la Caraïbe. On ne se surprend donc pas de rencontrer sur ce transbordeur des amateurs qui butinent d’une île à l’autre pour assister aux nombreux festivals, spectacles et célébrations. Martinique En entrant dans la baie de Fort-de-France, notre regard se pose sur le fort Saint-Louis. Bâtie à la Vauban au XVIIe siècle, cette citadelle militaire est l’une des mieux conservée des Antilles. Vue de la mer, l’île de 70 kilomètres, dans sa partie la plus longue, et de quelque 30 kilomètres dans la section plus large, ressemble à une montagne russe avec ses pitons embrasés par les rayons du soleil. La montagne Pelée est couverte d’une étonnante pile de nuages blancs. Outre le moment magique de gravir un volcan qui a su se montrer terriblement meurtrier en 1902, l’intérêt réside dans les étonnants paysages sommitaux. Le sentier emprunte une succession de ravinements et d’enrochements raides où il faut s’agripper de pierre en pierre. Les flancs sont jonchés d’herbes, de fougères et de framboisiers. De l’Aileron, par beau temps, on découvre une vue splendide sur Saint-Pierre, à l’ouest, et le massif des Pitons du Carbet, au sud. La Pelée doit son nom à son dôme dépouillé d’arbres. Du cratère formé par l’explosion de 1902, on aperçoit les murailles des trois dômes nés d’éruptions successives : morne Lacroix à 1243 mètres, point culminant avant 1902 ; dômes jumeaux à 1362 mètres, formés lors de l’éruption de 1902 ; le Chinois à 1397 mètres, issu de l’éruption de 1929, point culminant de l’île. Un petit creux avant de reprendre le large ? Direction : les snacks du grand marché aux épices de Fort-de-France pour manger créole à la bonne franquette entre deux emplettes. Mon favori ? Chez Carole. Elle est adorable, souriante et cuisine un excellent poisson sauce chien. La Dominique La houle secoue l’embarcation dans le canal de la Dominique. Devant l’étrave du bateau, une bande de dauphins cabriolent comme pour attirer les regards des passagers sur le pont. À l’horizon, un amas de nuages épais déverse son contenu sur le relief escarpé de la Dominique. Waitikubuli, ou « île haute », c’est ainsi que les Kalinagos nommaient leur île. Quant à Christophe Colomb, il baptisa l’île « Dominique », du jour de la semaine où il l’aperçut, le dimanche 3 novembre 1494, et renomma « Caraïbes » les farouches Kalinagos qui lui tinrent tête. C’est en contournant en voiture le parc national de Morne Trois-Pitons, qui fait tant damner les automobilistes, que l’on comprend l’influence de la géographie tourmentée sur l’histoire coloniale de l’île. Les indiens caraïbes, installés sur l’île avant l’arrivée de Christophe Colomb, doivent leur vie à ses reliefs escarpés. Cachés dans la nature, ils ont échappé à l’extermination. À ce jour, ils sont plus de 3000 à vivre sur un territoire qui leur appartient et sur lequel ils ont leurs propres us et coutumes, alors qu’ils ont été massacrés partout ailleurs dans la Caraïbe. Guadeloupe Ce voyage serait incomplet sans une incursion dans le parc national de la Guadeloupe, classé Réserve mondiale de la biosphère par l’UNESCO. Pour randonner jusqu’aux trois imposantes chutes du Carbet, mais aussi pour grimper au sommet — jonché de crevasses d’où jaillissent d’épaisses fumerolles — de la Soufrière, point culminant des Petites Antilles, à 1467 mètres. L’archipel guadeloupéen s’inscrit davantage dans la vie caribéenne grâce aux nombreux déplacements offerts d’île en île. Vers la Dominique, la Martinique et Sainte-Lucie, mais aussi vers des îles plus près : Marie-Galante, la Désirade, Les Saintes et les îles de la Petite-Terre. Chacune a son paysage typé, ses plages, ses sentiers de randonnée, son histoire, son patrimoine, son créole et sa musique. Le traversier nous en donne déjà un premier aperçu. Bien au-delà des plages et des cocotiers, ces îles sont des condensés d’humanité et de culture. En vrac S’y rendre. Air Canada et Air Transat offrent une ou deux fois par semaine des vols vers la Martinique et la Guadeloupe au départ de Montréal. Les escapades d’île en île se combinent très bien à un séjour plus long dans les Antilles françaises. Les plus populaires d’entre elles se font au départ de Fort-de-France ou de Saint-Pierre, en Martinique, et de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe. Préparer son voyage. Pour les horaires et les offres de séjour clés en main de l’Express des Îles, ou de Jeans for Freedom. Informations touristiques générales sur la Martinique ; sur la Guadeloupe et ses îles ; sur Sainte-Lucie ; sur la Dominique. Pour la location de logements Airbnb. Carnaval dans les îles. Guadeloupe ; Martinique ; Dominique (carnaval et festivals de musique). Suggestions de livres d’auteurs antillais : memoiredencrier.com/auteurs.

  • Tourisme Suisse - Soleure la magnifique

    De la Suisse, on connaît Zurich, Genève, Bâle, Lausanne, Berne, Bellinzona… mais pas beaucoup Soleure — Solothurn en suisse-allemand. Pourtant, cette jolie ville baroque, située en Suisse alémanique, au pied du Jura et en bordure de l’Aar, n’est pas sans attraits, sans histoires et sans légendes. À commencer par l’énigmatique chiffre 11 et son lien avec cette cité du Nord. Publié dans le Devoir du 12 novembre 2016 Onze. Un chiffre dont on se souvient longtemps après avoir séjourné dans cette charmante petite ville baroque (et au-delà de son architecture), de Suisse, située à 90 kilomètres de Zurich, à 30 km de Bienne — siège du groupe horloger Swatch et de la marque horlogère Rolex — et à 80 km de Luzerne. Ici, à Soleure, on s’amuse avec le fameux chiffre. Il ne faut donc pas s’étonner d’apprendre d’entrée de jeu que, dans cette cité qui fut le siège des ambassadeurs français de 1530 à 1792 — l’architecture baroque de Soleure date de cette époque —, on retrouve 11 musées, 11 églises, 11 chapelles, 11 tours, 11 fontaines, une horloge qui indique en tout temps 11 h, et que la bière soleuroise porte le nom d’Öufi, ou 11. « Mais c’est la cathédrale Saint-Ours qui incarne le mieux, à Soleure, la symbolique de ce chiffre sacré, précise notre guide Suzanne Im Hof. Sa reconstruction, au XVIIIe siècle, a duré 11 ans, l’escalier qui mène au parvis est composé de trois fois 11 marches, le clocher à bulbe cuivré a une hauteur de six fois 11 mètres et abrite 11 cloches, les bancs sont disposés par rangs de 11, les tuyaux de l’orgue se divisent par groupes de 11 et on y retrouve 11 autels. » C’est en l’honneur des saints patrons de la ville, Ours et Victor, morts à Soleure, que cette cathédrale, reconstruite sur le site de la vieille basilique selon les plans de l’architecte tessinois Gaetano Matteo Pisoni, fut nommée Saint-Ours. « La légende raconte que les deux martyrs romains, qui faisaient partie de la 11e légion thébaine, auraient été décapités sur un pont de la cité pour avoir professé haut et fort leur foi chrétienne, explique Suzanne Im Hof. À la gloire des miracles qui leur furent associés, ces deux légionnaires envoyés au nord pour élargir l’Empire romain devinrent les saints de la ville.» Décidément, cette cité est indissociable du chiffre 11. Jusqu’au canton de Soleure qui, par un curieux hasard, aurait été le 11e à rejoindre la Confédération suisse, en 1481. Et si tous les Suisses ne peuvent en un tournemain montrer du doigt Soleure sur une carte géographique, beaucoup d’entre eux connaissent l’expression « être sur Soleure ». Il suffit de mentionner à un Suisse d’origine le nom de cette ville qualifiée de « la plus baroque de la Suisse » par les guides touristiques, et la probabilité qu’il connaisse l’expression est grande. « Cette phrase remonte au XVIe siècle, au temps où l’on transportait par bateau les tonneaux de vin en provenance de Bienne, raconte Olivier Schlegel, propriétaire du restaurant Le Léman à Montréal. Le voyage était long et les convoyeurs qui avaient tendance à abuser du contenu des tonneaux arrivaient ivres. Les Soleurois entendaient résonner leurs voix sur l’Aar et disaient : “ Ça y est, ils sont sur Soleure. ” L’expression, qui signifie être saoul, est demeurée. » Mais Soleure n’est pas qu’une ville charmante qui fut jadis l’établissement des légats français (1530-1792), où moururent en martyrs deux légionnaires thébains, où Napoléon passa en trombe, où Casanova aurait chanté la pomme à une jolie Soleuroise à l’historique (et bel) hôtel de la Couronne et où le chiffre 11 et ses multiples semblent inscrits dans son ADN. La ville en onze étapes Afin de respecter le symbolisme du chiffre 11, voici donc le résumé en 11 étapes d’un séjour de 24 heures à Soleure — par temps pluvieux, en chemin vers Crans-Montana, dans le Valais. Et sachez que ces 11 suggestions ne sont qu’un très petit échantillonnage des attractions de la ville et de ses environs. En fait, multipliez par au moins 11 les choses à faire ici et aux alentours. La ville basse. S’y trouve la gare de train où se côtoyaient jadis artisans et sans-le-sou ni maille. Pour arriver à la ville haute à pied, il faut 11 minutes, le temps de traverser l’Aar en imaginant les convoyeurs saouls sur cette rivière où l’eau, couleur émeraude par très beau temps, passait au rouge sang le jour de la semaine où l’on égorgeait les animaux à l’abattoir, juste à droite du pont. Le Solheure. C’est dans ce vieux bâtiment brun sur les berges de l’Aar, construit par deux familles nobles de la cité pour s’exercer au jeu de paume, puis plus tard transformé en abattoir, qu’il faut aller prendre un verre. Cet édifice historique est devenu un restaurant branché Le pont de Kreuzacker. De ce pont qui enjambe l’Aar, on bénéficie d’un beau panorama sur la ville haute. Au-dessus des toits, on aperçoit la tourelle de l’église des Jésuites, la tour de l’Horloge et le clocher de la cathédrale Saint-Ours. À droite, l’abattoir et à gauche, le palais des Besenval. Le palais des Besenval. Cette résidence a été construite par Jean Victor de Besenval de Brünstatt, né à Soleure en 1671. Diplomate au service de la France, cet officier a servi le roi de France Louis XIV dans de nombreuses missions diplomatiques. Le palais abrite un restaurant de renom. Les ruelles pavées de la ville haute. La vieille ville piétonne foisonne de bâtiments fortifiés, de musées, d’hôtels particuliers, de boutiques et d’épiceries fines, de jolies fontaines — chacune ayant son histoire —, de bons restaurants, de pâtisseries gourmandes et de bars où il fait bon flâner. Tour de l’Horloge. « C’est le plus vieux bâtiment de la ville, construit au XIIe siècle, explique Suzanne Im Hof. Dans la tour, un jacquemart frappe sur la cloche avec un marteau. Sous le cadran, on distingue trois symboles : le chevalier, le roi et la mort, qui indiquent à chaque heure le sens de la vie. L’horloge astronomique, réalisée en 1545, sonne les jours, les mois et les années. » Cathédrale Saint-Ours. De l’extérieur, elle est très imposante, mais il faut y entrer pour voir en son choeur, entre autres, le colossal maître-autel en forme de sarcophage de Carlo Luca Pozzi. Et si possible avec un guide qui vous expliquera la symbolique du chiffre 11 associée à cette cathédrale du néoclassicisme suisse en marbre de Soleure. Il doit bien y avoir un Quasimodo qui se cache entre les 11 cloches (neuf d’origine) du clocher à bulbe cuivré haut de 6 fois 11 mètres. L’église des Jésuites. On ne peut être que d’accord avec Patrick Oberson, directeur général pour le Canada de Swiss International Air Lines (SWISS), natif de Soleure, selon qui « cette église baroque construite entre 1680 et 1689 — bien que moins impressionnante que Saint-Ours — est charmante. Et les ouvrages en stuc de style italien, ornés de motifs végétaux, sont très photogéniques. » Le restaurant Zunfthaus zu Wirthen. Cette ancienne maison de corporation d’environ 500 ans d’histoire abrite un petit hôtel et un restaurant tout en boiseries patinées et fenêtres à vitraux. On y vient pour son atmosphère, mais aussi pour sa tarte flambée à la soleuroise et sa soupe au vin. La maison Suteria. Cette confiserie est une institution à Soleure. On y concocte depuis plus de 100 ans un gâteau si bon qu’on en dévorerait au moins… 11 pointes. Inventée il y a 100 ans par Albert Studer, la recette de cette tourte meringuée aux noisettes et à la crème a été inscrite, en 1928, à l’Institut de la protection intellectuelle. Déguster ce gâteau au Suteria prend tout son sens. La Fée verte. Dehors, c’est la grisaille. Et après ? N’est-ce pas le moment idéal pour se réchauffer le coeur à l’absinthe ? Tenez, ça vous dirait, une Fée verte de Val-de-Travers — petite commune située à environ 90 kilomètres à l’ouest d’ici — au bar La Fée verte, à deux pas de la cathédrale ? Et puis, ça aidera à digérer tourte, soupe au vin et brochette flambée au cognac. Cette liqueur n’est-elle pas utilisée depuis l’Antiquité comme remède pour la fièvre, la dysenterie et les maux d’estomac ? Et hop ! Un peu de sucre dans une cuillère, de l’absinthe, et adieu mal de gorge ! D’accord, l’absinthe ne fait pas l’unanimité. On dit qu’elle rend fou, aveugle et qu’elle provoque des convulsions. À cause de la thuyone, une molécule qu’on retrouve dans la plante d’absinthe. L’absinthe du Val-de-Travers, berceau de cette liqueur, fut interdite en 1910, mais on continua de la fabriquer sous le manteau. Ce n’est qu’en 2005 qu’elle est redevenue légale en Suisse. Et si vous entendez la cloche de minuit sonner 11 coups, ne mettez pas ça illico sur la faute de la fameuse liqueur. Vous êtes à Soleure. Et ici, « onze délecte » avec ce « chiffre sacré ». EN VRAC S’y rendre. La compagnie Swiss offre un vol direct Montréal-Zurich. De là, on prend le train à destination de Soleure (une heure). Les trains sont un bon choix pour se déplacer en Suisse. Ils sont nombreux et vont partout. Mieux vaut voyager léger, avec un sac à dos ou une valise à roulettes de qualité, surtout sur des chemins pavés comme en haute ville. Pour qui partira en voyage de ski prochainement, et jusqu’au 30 avril, Swiss (partenaire d’Air Canada) ne demande aucun supplément pour le transport des skis, bottes et planches à neige. swiss.com. La Swiss Travel Pass permet de sillonner le pays dans tous ses recoins. La passe donne droit aux itinéraires panoramiques, aux trajets urbains en tram et en autobus dans 75 villes, à un accès gratuit dans plus de 480 musées et à une réduction de 50 % sur la plupart des chemins de fer de montagne et téléphériques. Du train au bateau, au funiculaire, aux remontées mécaniques, tout est possible. Pour les formules qui vous conviennent le mieux : swiss-pass.ch. Dormir. Le Baseltor, dans la vieille ville, est un très bon choix. C’est un hôtel-boutique historique de 15 chambres dans une ancienne maison des chanoines du XVIIe siècle, joliment décoré, où la coopérative a su bien amalgamer l’ancien et le nouveau. Les chambres sont petites, mais confortables et bien équipées : myswitzerland.com. Visites guidées. Vieille ville, visite pour les personnes malvoyantes ou les gourmets ; le 11, chiffre magique ; Tours ; portes et murs ; baroque ; églises ; les saintes ; les dames ; les filles de Soleure ; les saints, sorcières et bourreaux ; Moyen-Âge ; les Romains ; les ruelles et leur nom ; bateau Öufi, E-bike… solothurn-city.ch. Les villes de Soleure et Bienne sont reliées par des chemins réservés aux vélos, patins à roulettes, marcheurs… mais il y a aussi l’Aar, où l’on peut se baigner et voyager en bateau. La croisière pour Altreu, un village de cigognes unique en Europe, est fortement conseillée. Quelques événements d’envergure à Soleure. Le marché du Chlausemäret (de la Saint-Nicolas), les 7 et 8 décembre, et le Soledurner Weihnachtsmarkt (de Noël) du 14 au 18 décembre. La crèche de Soleure, une réalisation du couvent Saint-Joseph-de-Soleure, fondé au milieu du XVIIIe siècle. L’Avent au monastère. Les Journées cinéma suisse du 19 au 26 janvier. Le Carnaval de Soleure du 22 février au 1er mars.

  • Canada - Terre-NeuveSur le chemin des Vikings

    Publié dans le Devoir du 30 octobre 2010 Une île, un gros caillou, un terrain de jeux. Terre-Neuve est formée de fjords et de montagnes, entourée de falaises et parsemée de villages colorés, où la nature fait la pluie et le beau temps. Une province à la mentalité infiniment insulaire, que les glaces polaires s'investissent à caractériser encore plus. Sauvage et chaleureuse, elle est repliée sur elle-même mais capable d'élans profonds, comme en témoigne le roman d'Annie Proulx Nœuds et dénouement. De Deer Lake à L'Anse aux Meadows, un voyage entre action et contemplation. Deer Lake — Terre-Neuve raconte des histoires à donner la chair de poule. Des récits de Vikings, de pirates, de naufrageurs et de pêcheurs venus de France, d'Angleterre, d'Espagne, du Portugal, attirés jadis par la multitude de bancs de morues. «Elles étaient si abondantes, raconte-t-on là-bas, qu'elles ralentissaient les bateaux dans leur course vers les îles aux épices.» Cinq cents ans de pêche abondante, puis plus rien! Terre-Neuve perd une partie de son identité le 2 juillet 1992: «La chute abrupte des stocks de morues et d'autres poissons de fond a obligé le Canada à interdire cette pêche au large des côtes orientales de Terre-Neuve et du Labrador, explique Kevin, guide dans le parc national Gros-Morne. Seize mille personnes ont perdu leur travail. Le gouvernement canadien a alors décidé d'investir dans le tourisme.» En survolant Terre-Neuve, on perçoit un peu de l'Irlande. Un mélange de vert intense et de gris. L'île, surnommée The Rock par les «locaux», située à l'embouchure du Saint-Laurent, à mi-chemin entre le centre de l'Amérique du Nord et les côtes de l'Europe occidentale, est tapissée de tourbières, de lacs, de rivières, de marécages, d'étangs. Un paysage dominé par une forêt d'épinettes, de sapins baumiers, de bouleaux à papier, de sorbiers d'Amérique, de peupliers faux-tremble. On sent l'audace des écosystèmes face aux intempéries: vent, pluie, neige et glace. «Une île mouillée», selon l'écrivaine Annie Proulx, née aux États-Unis de parents d'origine canadienne-française, dans Noeuds et dénouement (The Shipping News), dont la trame se déroule au nord de la péninsule Great Northern. «Neuf mille kilomètres de côtes noyées dans la brume, écrit-elle. Des récifs sous l'eau bridée. Des bateaux traçant leur route entre deux falaises de glace. La toundra et la lande, une terre d'épicéas rabougris. Les seules villes étaient de glace, icebergs au coeur d'aigue marine...» Le roman lui a valu le prix Pulitzer en 1994. L'avion amorce sa descente au niveau de la vallée de la Humber, qui s'étend sur 70 kilomètres en suivant le cours de la rivière éponyme, entre Bay of Islands et la petite ville de Deer Lake, porte d'entrée de la Grande Péninsule du Nord. Nous filons ensuite vers Corner Brook, deuxième ville en importance à Terre-Neuve-et-Labrador. Située à environ 40 minutes de Deer Lake, la capitale de l'ouest de l'île occupe un site splendide en bordure du fjord Humber Arm. Tiens, curieux: des drapeaux du Canada bordent la Transcanadienne. Puis, au niveau de la ville de Pasadena, un attroupement. Du monde partout le long de la route. Des camions de pompier aussi. Un accident? Mais non, les gens ne brandiraient pas des drapeaux ainsi. «Nous attendons l'arrivée du corps du jeune caporal Brian Pinsken, mort en Afghanistan la semaine dernière, explique un pompier. Il était originaire de Corner Brook et sera enterré au Mount Patricia Cemetery. Le temps d'avaler un chowder et nous revoilà sur la route 1 en direction de Marble Mountain Ski Resort. Le centre de ski, situé à Steady Brook, à huit kilomètres de Corner Brook, offre des dénivelés de plus de 550 mètres. «La meilleure station de l'ensemble des provinces de l'Atlantique», lit-on dans le guide Ulysse Provinces atlantiques du Canada. Si en été on explore le pays à pied et en bateau de croisière, en hiver on y vient pour le ski. Terre-Neuve se visite en toute saison. C'est qu'il y a des montagnes ici! Et de la neige. Marble Mountain en reçoit en moyenne quatre mètres. En attendant, le Marble Zip Line, un circuit d'arbre en arbre plutôt spectaculaire dans un décor digne du Costa Rica, offre une solide dose d'adrénaline en plus d'occasionner sueurs froides et courbatures si l'on ne lâche pas prise au moment où on plane au-dessus d'une gorge vertigineuse creusée par une chute spectaculaire. À une hauteur de 85 mètres. À une vitesse de 45 km/heure. Sur un fil long de 500 mètres. Les soucis sont bien loin derrière. Sur la route des Vikings À partir de Deer Lake, on emprunte la route 430, puis la 431 vers Woody Point, un petit village pittoresque de pêcheurs et un centre culturel important. Beaucoup d'artistes ont adopté l'endroit et on y trouve un théâtre. Woody Point repose sur la rive sud d'un profond fjord du nom de Bonne Bay, dans le parc national Gros-Morne. Désigné Site du patrimoine mondial par l'UNESCO en 1987 pour son importance géologique, le parc travaille sur trois aspects, explique Jeff, le directeur général: la culture, la beauté, les caractéristiques géologiques. Pour comprendre le fameux phénomène géologique qui attire les scientifiques du monde entier, une randonnée au Tablelands, en compagnie d'un guide, est fortement recommandée. Le site est protégé, mais facilement accessible en auto, qu'on peut stationner au départ du sentier de randonnée de quatre kilomètres qui évolue au coeur de roches issues du manteau terrestre. «Pensez à la terre en termes de couches, explique Kevin. Elle est d'abord recouverte d'une mince couche extérieure, la croûte terrestre dont l'épaisseur varie entre 5 et 75 kilomètres. Sous cette couche extérieure, une autre: le manteau terrestre. Il y a 500 millions d'années, lors de la tectonique des plaques (ou dérive des continents), de grosses sections de ce manteau ont été poussées vers le haut. Durant les derniers 250 millions d'années, ce matériel s'est érodé, donnant le champ de roches que vous voyez ici. À la surface, la roche libère son fer.» On se croirait au coeur de l'Arizona, en plein désert, mais d'un point de vue géologique, rien à voir. Tout est rouge et brun, sans vie. Ou presque. Car on aperçoit tout de même, par ci, par là, quelques sarracénies pourpres, la fleur emblème de la province. Elle est dotée d'une féroce détermination et toujours droite, beau temps, mauvais temps, face au vent, «à l'instar des Terre-Neuviens; voilà pourquoi elle réussit à faire son chemin dans ce rude univers», précise Kevin. La randonnée est certainement l'un des meilleurs moyens de découvrir le parc national Gros-Morne et ses paysages magnifiques. «Les traverses Long Range, North Rim et Woody Point/Trout River sont les plus redoutables défis que le parc peut offrir aux randonneurs, explique le guide. Mieux vaut savoir lire cartes et boussoles pour les entreprendre. Aucun repère n'indique le chemin et les conditions climatiques peuvent changer rapidement.» Sinon, le marcheur plus sage découvrira des kilomètres et des kilomètres de sentiers clairement jalonnés d'un bout à l'autre et parfois même équipés de trottoirs, ponts et escaliers aux endroits nécessaires. À 806 mètres d'altitude, le mont Gros-Morne est le plus haut du parc. Le sentier James-Callaghan mène au sommet. Bien qu'un peu difficile, on ne regrette pas l'effort pour la vue qu'il permet sur le pinacle. Nous remontons la côte ouest de la péninsule Great Northern, le long de la route 430. Les deux plus grands dangers: les flaques d'eau qui ont le même effet que la glace noire, et les orignaux. On dénombre dans le parc quatre de ces imposantes bêtes par kilomètre carré, alors qu'il n'y a que deux humains dans le même espace. On lit sur les panneaux routiers qu'en 2010 il y aurait eu 25 collisions impliquant le plus grand cervidé de nos forêts. Villages de pêcheurs, anses cachées, falaises, plages et dunes de sable spectaculaires, jolis phares et cette mer omniprésente qui invite à toutes les rêveries. Conseils aux photographes néophytes: assurez-vous d'avoir des piles de rechange et veillez à apporter plusieurs cartes-mémoire car le pays est vraiment photogénique. Et même par temps pluvieux! Dans le secteur nord du parc, sur la route 430, un sentier de randonnée de trois kilomètres sur un trottoir de bois au-dessus de tourbières aboutit à un embarcadère, où une excursion de deux heures sur l'étang Western Brook mène vers un fjord intérieur cerné de parois hautes de 600 mètres. Mille et une choses encore... Cow-Head, village hôte du festival de théâtre du Gros-Morne; la baie de Shallow, pour une promenade sur les plages de sable et le Lieu historique national de l'Anse-aux-Meadows, désigné Site du patrimoine mondial de l'UNESCO en 1978. C'est ici, dans ce village du bout du monde, que les Vikings ont établi le premier établissement européen en Amérique du Nord, il y a environ mille ans. Les fondations de huit bâtiments témoignent de leur passage. Le Lieu historique national a reconstitué trois huttes de terre qu'on peut visiter en compagnie de Vikings. À environ deux kilomètres de là, Norstead est la reconstitution d'un port viking. On y visite un navire viking, une église viking et une maison. En vrac En voiture: de Montréal, emprunter l'autoroute 20 E jusqu'à la 132 E. À Trois-Pistoles, prendre le traversier jusqu'à Les Escoumins. De là, poursuivre sur la 138 E jusqu'à Baie- Comeau, puis prendre la 389 N jusqu'à la route 500 E (la Trans-Labrador), maintenant accessible en auto jusqu'à Blanc-Sablon. De là, emprunter le traversier jusqu'à Sainte-Barbe, sur la péninsule Great Northern, à Terre-Neuve. Assurez-vous d'avoir un pneu de rechange car la route n'est pas bitumée. Ou encore: par la Transcanadienne jusqu'à Sydney, en Nouvelle-Écosse, puis emprunter le traversier à destination de Channel-Port-aux-Basques. En avion: Air Canada, via Halifax, jusqu'à l'aéroport de Deer Lake au nord de Terre-Neuve, pour une arrivée rapide au parc national Gros-Morne. Marble Zip Line, à Steady Brook:www.marbleziptours.com. Parc national de Gros Morne: www.pc.gc.ca/fra/pn-np/nl/grosmorne/index.aspx. Lieu historique national de Port-au-Choix: www.pc.gc.ca/fra/lhn-nhs/nl/portauchoix/index.aspx, côté ouest de la péninsule Great Northern. Lieu historique national de l'Anse-aux-Meadows, dans la partie la plus septentrionale de la péninsule Great Northern: www.pc.gc.ca/fra/lhn-nhs/nl/meadows/index.aspx. Randonnées guidées à pied ou en kayak de mer: www.grosmorneadventures.com. Excursion en bateau à Western Brook Pond avec Bon Tours: 709 458-2016, www.bontours.ca. À Corner Brook, le Glynmill Inn est un hôtel de style Tudor, assez coquet et très confortable: www.glynmill.ca. À Shoal brook, le Red Mantle est une auberge avec salle à manger située dans le parc national Gros-Morne, à proximité de Woody Point: www.redmantlelodge.ca. À Norris Point, Neddies Harbour Inn est une auberge de charme au bord de la mer: www.theinn.ca. À St.Anthony, le Haven Inn est situé à côté du Grenfell Historic Properties Interpretation Centre, où l'on relate l'histoire de Wilfred Grenfell (le Bethune de la région): www.haveninn.ca. À Main Brook, le au Tuckamore Lodge est un superbe lodge en pleine nature: www.tuckamorelodge.com/tuckamore-lodge-cat.htm. À Cow Head, le Shallow Bay est un motel de luxe et de charme, adjacent au théâtre où se déroule le festival de théâtre de Gros-Morne. À lire: Provinces atlantiques du Canada, aux éditions Ulysse. À déguster: un chowder aux fruits de mer et un steamed partridgeberry pudding recouvert d'une sauce au rhum, au restaurant Seaside à Trout River ou au Old Loft à Woody Point.

  • Sur le chemin des Vikings

    Une île, un gros caillou, un terrain de jeux. Terre-Neuve est formée de fjords et de montagnes, entourée de falaises et parsemée de villages colorés, où la nature fait la pluie et le beau temps. Une province à la mentalité infiniment insulaire, que les glaces polaires s'investissent à caractériser encore plus. Sauvage et chaleureuse, elle est repliée sur elle-même mais capable d'élans profonds, comme en témoigne le roman d'Annie Proulx Nœuds et dénouement. De Deer Lake à L'Anse aux Meadows, un voyage entre action et contemplation. Deer Lake — Terre-Neuve raconte des histoires à donner la chair de poule. Des récits de Vikings, de pirates, de naufrageurs et de pêcheurs venus de France, d'Angleterre, d'Espagne, du Portugal, attirés jadis par la multitude de bancs de morues. «Elles étaient si abondantes, raconte-t-on là-bas, qu'elles ralentissaient les bateaux dans leur course vers les îles aux épices.» Cinq cents ans de pêche abondante, puis plus rien! Terre-Neuve perd une partie de son identité le 2 juillet 1992: «La chute abrupte des stocks de morues et d'autres poissons de fond a obligé le Canada à interdire cette pêche au large des côtes orientales de Terre-Neuve et du Labrador, explique Kevin, guide dans le parc national Gros-Morne. Seize mille personnes ont perdu leur travail. Le gouvernement canadien a alors décidé d'investir dans le tourisme.» En survolant Terre-Neuve, on perçoit un peu de l'Irlande. Un mélange de vert intense et de gris. L'île, surnommée The Rock par les «locaux», située à l'embouchure du Saint-Laurent, à mi-chemin entre le centre de l'Amérique du Nord et les côtes de l'Europe occidentale, est tapissée de tourbières, de lacs, de rivières, de marécages, d'étangs. Un paysage dominé par une forêt d'épinettes, de sapins baumiers, de bouleaux à papier, de sorbiers d'Amérique, de peupliers faux-tremble. On sent l'audace des écosystèmes face aux intempéries: vent, pluie, neige et glace. «Une île mouillée», selon l'écrivaine Annie Proulx, née aux États-Unis de parents d'origine canadienne-française, dans Noeuds et dénouement (The Shipping News), dont la trame se déroule au nord de la péninsule Great Northern. «Neuf mille kilomètres de côtes noyées dans la brume, écrit-elle. Des récifs sous l'eau bridée. Des bateaux traçant leur route entre deux falaises de glace. La toundra et la lande, une terre d'épicéas rabougris. Les seules villes étaient de glace, icebergs au coeur d'aigue marine...» Le roman lui a valu le prix Pulitzer en 1994. L'avion amorce sa descente au niveau de la vallée de la Humber, qui s'étend sur 70 kilomètres en suivant le cours de la rivière éponyme, entre Bay of Islands et la petite ville de Deer Lake, porte d'entrée de la Grande Péninsule du Nord. Nous filons ensuite vers Corner Brook, deuxième ville en importance à Terre-Neuve-et-Labrador. Située à environ 40 minutes de Deer Lake, la capitale de l'ouest de l'île occupe un site splendide en bordure du fjord Humber Arm. Tiens, curieux: des drapeaux du Canada bordent la Transcanadienne. Puis, au niveau de la ville de Pasadena, un attroupement. Du monde partout le long de la route. Des camions de pompier aussi. Un accident? Mais non, les gens ne brandiraient pas des drapeaux ainsi. «Nous attendons l'arrivée du corps du jeune caporal Brian Pinsken, mort en Afghanistan la semaine dernière, explique un pompier. Il était originaire de Corner Brook et sera enterré au Mount Patricia Cemetery. Le temps d'avaler un chowder et nous revoilà sur la route 1 en direction de Marble Mountain Ski Resort. Le centre de ski, situé à Steady Brook, à huit kilomètres de Corner Brook, offre des dénivelés de plus de 550 mètres. «La meilleure station de l'ensemble des provinces de l'Atlantique», lit-on dans le guide Ulysse Provinces atlantiques du Canada. Si en été on explore le pays à pied et en bateau de croisière, en hiver on y vient pour le ski. Terre-Neuve se visite en toute saison. C'est qu'il y a des montagnes ici! Et de la neige. Marble Mountain en reçoit en moyenne quatre mètres. En attendant, le Marble Zip Line, un circuit d'arbre en arbre plutôt spectaculaire dans un décor digne du Costa Rica, offre une solide dose d'adrénaline en plus d'occasionner sueurs froides et courbatures si l'on ne lâche pas prise au moment où on plane au-dessus d'une gorge vertigineuse creusée par une chute spectaculaire. À une hauteur de 85 mètres. À une vitesse de 45 km/heure. Sur un fil long de 500 mètres. Les soucis sont bien loin derrière. Sur la route des Vikings À partir de Deer Lake, on emprunte la route 430, puis la 431 vers Woody Point, un petit village pittoresque de pêcheurs et un centre culturel important. Beaucoup d'artistes ont adopté l'endroit et on y trouve un théâtre. Woody Point repose sur la rive sud d'un profond fjord du nom de Bonne Bay, dans le parc national Gros-Morne. Désigné Site du patrimoine mondial par l'UNESCO en 1987 pour son importance géologique, le parc travaille sur trois aspects, explique Jeff, le directeur général: la culture, la beauté, les caractéristiques géologiques. Pour comprendre le fameux phénomène géologique qui attire les scientifiques du monde entier, une randonnée au Tablelands, en compagnie d'un guide, est fortement recommandée. Le site est protégé, mais facilement accessible en auto, qu'on peut stationner au départ du sentier de randonnée de quatre kilomètres qui évolue au coeur de roches issues du manteau terrestre. «Pensez à la terre en termes de couches, explique Kevin. Elle est d'abord recouverte d'une mince couche extérieure, la croûte terrestre dont l'épaisseur varie entre 5 et 75 kilomètres. Sous cette couche extérieure, une autre: le manteau terrestre. Il y a 500 millions d'années, lors de la tectonique des plaques (ou dérive des continents), de grosses sections de ce manteau ont été poussées vers le haut. Durant les derniers 250 millions d'années, ce matériel s'est érodé, donnant le champ de roches que vous voyez ici. À la surface, la roche libère son fer.» On se croirait au coeur de l'Arizona, en plein désert, mais d'un point de vue géologique, rien à voir. Tout est rouge et brun, sans vie. Ou presque. Car on aperçoit tout de même, par ci, par là, quelques sarracénies pourpres, la fleur emblème de la province. Elle est dotée d'une féroce détermination et toujours droite, beau temps, mauvais temps, face au vent, «à l'instar des Terre-Neuviens; voilà pourquoi elle réussit à faire son chemin dans ce rude univers», précise Kevin. La randonnée est certainement l'un des meilleurs moyens de découvrir le parc national Gros-Morne et ses paysages magnifiques. «Les traverses Long Range, North Rim et Woody Point/Trout River sont les plus redoutables défis que le parc peut offrir aux randonneurs, explique le guide. Mieux vaut savoir lire cartes et boussoles pour les entreprendre. Aucun repère n'indique le chemin et les conditions climatiques peuvent changer rapidement.» Sinon, le marcheur plus sage découvrira des kilomètres et des kilomètres de sentiers clairement jalonnés d'un bout à l'autre et parfois même équipés de trottoirs, ponts et escaliers aux endroits nécessaires. À 806 mètres d'altitude, le mont Gros-Morne est le plus haut du parc. Le sentier James-Callaghan mène au sommet. Bien qu'un peu difficile, on ne regrette pas l'effort pour la vue qu'il permet sur le pinacle. Nous remontons la côte ouest de la péninsule Great Northern, le long de la route 430. Les deux plus grands dangers: les flaques d'eau qui ont le même effet que la glace noire, et les orignaux. On dénombre dans le parc quatre de ces imposantes bêtes par kilomètre carré, alors qu'il n'y a que deux humains dans le même espace. On lit sur les panneaux routiers qu'en 2010 il y aurait eu 25 collisions impliquant le plus grand cervidé de nos forêts. Villages de pêcheurs, anses cachées, falaises, plages et dunes de sable spectaculaires, jolis phares et cette mer omniprésente qui invite à toutes les rêveries. Conseils aux photographes néophytes: assurez-vous d'avoir des piles de rechange et veillez à apporter plusieurs cartes-mémoire car le pays est vraiment photogénique. Et même par temps pluvieux! Dans le secteur nord du parc, sur la route 430, un sentier de randonnée de trois kilomètres sur un trottoir de bois au-dessus de tourbières aboutit à un embarcadère, où une excursion de deux heures sur l'étang Western Brook mène vers un fjord intérieur cerné de parois hautes de 600 mètres. Mille et une choses encore... Cow-Head, village hôte du festival de théâtre du Gros-Morne; la baie de Shallow, pour une promenade sur les plages de sable et le Lieu historique national de l'Anse-aux-Meadows, désigné Site du patrimoine mondial de l'UNESCO en 1978. C'est ici, dans ce village du bout du monde, que les Vikings ont établi le premier établissement européen en Amérique du Nord, il y a environ mille ans. Les fondations de huit bâtiments témoignent de leur passage. Le Lieu historique national a reconstitué trois huttes de terre qu'on peut visiter en compagnie de Vikings. À environ deux kilomètres de là, Norstead est la reconstitution d'un port viking. On y visite un navire viking, une église viking et une maison. En vrac En voiture: de Montréal, emprunter l'autoroute 20 E jusqu'à la 132 E. À Trois-Pistoles, prendre le traversier jusqu'à Les Escoumins. De là, poursuivre sur la 138 E jusqu'à Baie- Comeau, puis prendre la 389 N jusqu'à la route 500 E (la Trans-Labrador), maintenant accessible en auto jusqu'à Blanc-Sablon. De là, emprunter le traversier jusqu'à Sainte-Barbe, sur la péninsule Great Northern, à Terre-Neuve. Assurez-vous d'avoir un pneu de rechange car la route n'est pas bitumée. Ou encore: par la Transcanadienne jusqu'à Sydney, en Nouvelle-Écosse, puis emprunter le traversier à destination de Channel-Port-aux-Basques. En avion: Air Canada, via Halifax, jusqu'à l'aéroport de Deer Lake au nord de Terre-Neuve, pour une arrivée rapide au parc national Gros-Morne. Marble Zip Line, à Steady Brook:www.marbleziptours.com.Parc national de Gros Morne: www.pc.gc.ca/fra/pn-np/nl/grosmorne/index.aspx. Lieu historique national de Port-au-Choix: www.pc.gc.ca/fra/lhn-nhs/nl/portauchoix/index.aspx, côté ouest de la péninsule Great Northern.Lieu historique national de l'Anse-aux-Meadows, dans la partie la plus septentrionale de la péninsule Great Northern: www.pc.gc.ca/fra/lhn-nhs/nl/meadows/index.aspx.Randonnées guidées à pied ou en kayak de mer: www.grosmorneadventures.com. Excursion en bateau à Western Brook Pond avec Bon Tours: 709 458-2016, www.bontours.ca. À Corner Brook, le Glynmill Inn est un hôtel de style Tudor, assez coquet et très confortable: www.glynmill.ca. À Shoal brook, le Red Mantle est une auberge avec salle à manger située dans le parc national Gros-Morne, à proximité de Woody Point: www.redmantlelodge.ca. À Norris Point, Neddies Harbour Inn est une auberge de charme au bord de la mer: www.theinn.ca. À St.Anthony, le Haven Inn est situé à côté du Grenfell Historic Properties Interpretation Centre, où l'on relate l'histoire de Wilfred Grenfell (le Bethune de la région): www.haveninn.ca. À Main Brook, le au Tuckamore Lodge est un superbe lodge en pleine nature: www.tuckamorelodge.com/tuckamore-lodge-cat.htm. À Cow Head, le Shallow Bay est un motel de luxe et de charme, adjacent au théâtre où se déroule le festival de théâtre de Gros-Morne.À lire: Provinces atlantiques du Canada, aux éditions Ulysse.À déguster: un chowder aux fruits de mer et un steamed partridgeberry pudding recouvert d'une sauce au rhum, au restaurant Seaside à Trout River ou au Old Loft à Woody Point.

  • États-Unis - Il était une fois le Nevada

    Le Nevada ne se résume pas qu'à ses établissements de jeu, qu'à ses bases militaires ou qu'aux discours de Sara Palin. Le 36e État des États-Unis fourmille de lieux inusités où la nature joue sans retenue des matières et des couleurs. Au-delà de Las Vegas, c'est dans le détail qu'il faut approcher ce territoire bordé par la Californie, l'Oregon, l'Idaho, l'Utah et l'Arizona et dominé par le désert du Grand Bassin. Des paysages tels que les ont découverts les premiers pionniers. Grand Bassin — La route 93, qui relie Las Vegas au «Great Basin National Park» au nord, tourne le dos aux édifices en verre de la capitale du jeu, qui tient maintenant du mirage. Place au désert du Grand Bassin, le troisième en importance aux États-Unis. Si je devais décrire l'État du Nevada, en dehors de Las Vegas et du lac Tahoe, deux mots suffiraient: désert et montagne. Ici, nul besoin de parapluie. On peut compter sur 300 jours de soleil. Et il tape fort! À peine sortis de «la cité aux mille tentations», nous apercevons à l'ouest le sommet enneigé du mont Charleston, qui culmine à 3633 mètres. Qui aurait cru le ski alpin possible à 70 km du Strip? Treize pistes pour tous les niveaux, en activité de décembre à Pâques. «Le Nevada détient le plus grand nombre de chaînes de montagnes aux États-Unis», précise Chris Chrystal, directrice des relations de presse à la Nevada Commission on Tourism. «On dénombre dans cet État plus de 300 montagnes sur un territoire couvrant 286 351 kilomètres carrés. Elles sont omniprésentes.» Le sommet le plus élevé, le Boundary Peak, culmine à 4005 mètres. Sans crier gare, nous nous engageons dans un désert austère, parsemé de rochers arrondis, d'armoise, de genévriers, d'arbres rabougris, de cactus. Un décor qui rappelle le Far West de Lucky Luke. «I'm a poor lonesome cow-boy...» Facile, ici, d'imaginer un convoi de diligences brinquebalantes dans une vallée assoiffée, les cris du cocher à la vue du truand, le troupeau de mustangs au grand galop soulevant un épais nuage de poussière. Les clichés ont la vie dure! «As-tu vu le Grand Canyon?», demande une amie. Non, j'étais au Nevada, pas en Arizona. C'est qu'on a tellement l'habitude du combiné Las Vegas-tour d'hélicoptère à Grand Canyon qu'on en perd sa géographie. Mais j'ai vu Ely, Baker, McGill, Elko... On traverse le Nevada depuis la conquête de l'Ouest, mais sans trop s'y attarder. Sauf si l'argent est en jeu. Comme ce fut le cas en 1859, lors de la découverte du filon d'argent de Comstock, près de Virginia City. Ou de l'or, quarante ans plus tard, à Tonopah, Goldfield et Rhyolite. De nos jours, on y vient surtout pour Las Vegas. On a donc qu'une mince idée de cet État long de 790 km, large de 515 km, peuplé de 2 600 167 habitants et sans accès au Pacifique. Route de charme La route 93, ou «Great Basin Highway», nous tient sous le charme d'un bout à l'autre. Le «sagebrush» domine l'ensemble du paysage. C'est d'ailleurs ce qui a valu au Nevada le surnom de «Sagebrush State». Mais l'armoise n'habille pas seule le paysage. Le sol est aussi parsemé de fleurs colorées, de cactus à l'allure de saguaro, d'arbres de Joshua et de pins de Bristlecone. Jusqu'à Ely, ville située à 425 km au nord-est de Las Vegas, la «Great Basin Highway» courtise les épris de villes fantômes au nom aussi charmant que Pioche. Au temps de la conquête de l'Ouest, cette ville minière, sans lois et sans scrupules, abritait douze «saloon» et un cimetière... bondé de défunts meurtriers. Pioche, qui exploitait ses mines de fer entre deux coups de fusil, fut prospère jusqu'en 1871, année ou elle fut — lors d'une fête en mémoire de l'indépendance du Mexique, littéralement pulvérisée par l'explosion d'une cargaison de 300 tonnelets de poudre, tuant une douzaine de ses habitants et laissant tous les autres sans adresse. Aujourd'hui, on y trouve deux musées et un cimetière «Boot Hill» où seraient enterrés, comme le veut la légende de l'Ouest, ivrognes et joueurs tués dans une bagarre et inhumés bottes aux pieds. Les comtés d'Eureka, de Lincoln et de White Pine comptent une cinquantaine de villes fantômes nées de la conquête de l'Ouest. Des villes abandonnées à la suite d'une catastrophe naturelle, du retrait brutal des voies de communication ou d'une activité économique grippée. Elles se nomment McGill, Eureka, Prospect, Logan City, Cherry Creek, Diamond City... Parfois on n'y trouve qu'un tas de pierres, une vieille pharmacie, une ancienne prison, un hôtel ou un opéra retapé. Mais le paysage demeure, celui qui a alimenté le rêve d'aventures de notre enfance. Étape à Caliente, célèbre pour ses sources thermales et son ancien dépôt ferroviaire. D'abord établie comme communauté d'élevage de bétail pour soutenir les villes minières de Pioche et de Delamar, Caliente devint ville ferroviaire à la suite de la construction de la ligne de chemin de fer «Los Angeles, San Pedro et Salt Lake». Nous pique-niquons au parc provincial Kershaw-Ryan, un magnifique site traversé par un étroit et profond canyon que les randonneurs peuvent contempler du haut d'un observatoire en suivant un sentier de deux kilomètres. Parmi les six parcs provinciaux recensés dans le comté de Lincoln — le Nevada est divisé en 16 comtés et une ville indépendante, celle de Carson City —, «Cathedral Gorge», situé à une vingtaine de kilomètres au nord de Caliente, est une halte obligatoire. Le genre de merveille qui reste dans la voûte céleste des étrangetés de la nature. Imaginez pinacles et grands murs d'argile, sorte de badlands aux formes originales de cathédrale, de forteresse, de dragon... uniques survivantes de l'érosion dans un immense désert de poussière. On se demande comment un tel miracle survient. God bless America Au croisement des routes 6, 93 et 50, Ely est la dernière localité importante avant d'atteindre la frontière de l'Utah. À l'entrée de la ville, une grande murale sur le mur d'un dépanneur représente la tête de l'aigle royal. On y lit: «God bless America.» «Ici, les gens sont très fiers, très famille et très près de la terre», explique Chris Chrystal. C'est à Ely, d'ailleurs, que nous rencontrons nos premiers cow-boys. Ils ont toutefois remplacé leur cheval par un 4X4 et leur fusil par un téléphone cellulaire. Une petite laine est de mise ce soir. Pas surprenant, la localité étant située à 1900 mètres d'altitude! Ses habitants disent qu'il y a risque de gel jusqu'à la fin de juin. Nous profitons des derniers rayons de soleil pour faire le tour des fameuses murales peintes sur les murs des édifices de la rue principale. Elles représentent l'histoire du comté de White Pine, de l'époque amérindienne à celle où Ely vivait de son élevage de bétail et de son industrie minière. Au restaurant Jailhouse Dining Hall, Ed Spear, un cow-boy du coin, nous entretient de course attelée sur la neige, le «Cutter and Chariot», où deux chevaux tirent un triqueballe à deux roues conduit par un homme. Une activité répandue dans l'Ouest. Le Jailhouse semble un point de rencontre populaire à Ely. Il faut dire que l'endroit est original. Ce n'est pas tous les jours que l'on mange dans la cellule d'une ancienne prison du Far West. Les motards ont pris d'assaut le coloré hôtel Nevada. Ils sont nombreux à se rendre à Elko pour le jamboree annuel de moto qui a lieu tous les mois de juin. Comme nous, ils emprunteront la route 80 reliant d'est en ouest l'Utah à la Californie, le long de la Humboldt Trail (un tronçon de la California Trail). Combien de pionniers ont emprunté ce chemin à bord de vieux véhicules surchargés? Et combien de motards avons-nous rencontrés en chemin? Beaucoup! De la route, on ne voit pas les ranchs, on les devine blottis au pied des Ruby Mountains, essayant de survivre tant bien que mal. C'est que, de nos jours, les gens mangent moins de boeuf. Donc, pour s'en tirer, certains propriétaires ouvrent leurs portes aux touristes qui souhaitent vivre la vie de cow-boy. Mais n'est pas John Wayne qui veut. Les journées commencent tôt et se terminent tard. On rassemble le bétail, répare les clôtures, traverse des rivières. Et tout ça... à cheval! Elko appartient à l'Ouest, l'authentique. Les cow-boys que l'on croise dans la rue ne sortent pas d'un film western. L'élevage fait partie des premières richesses de la région. On fabrique des selles reconnues dans le monde entier. Il paraît même que Teddy Roosevelt, Ronald Reagan et Harrison Ford commandaient les leurs à l'atelier Capriola, au 500 Commercial Street. Se tient aussi à Elko, en janvier, un festival de poésie cow-boy. Romantiques, les buckaroos! Nous soupons au restaurant basque The Star. Qui aurait imaginé la présence de Basques à Elko? Ils sont pourtant nombreux à vivre au nord du Nevada depuis le début du siècle dernier. «Les Basques sont venus ici pour y faire l'élevage de moutons, comme il est de tradition dans les Pyrénées, précise Chris Christal. Travailleurs acharnés, ils sont très appréciés dans le pays.» Et bons vivants! La coutume à The Star, comme dans les dix autres restaurants basques de la région, est de ne choisir que son plat principal. Le reste... on s'en charge. On nous apporte d'abord la soupe, le panier de pain, l'immense bol de salade. Puis, le plat de pâtes, l'assiette de haricots verts et les frites. Alors qu'on est sur le point d'exploser, on nous sert le plat principal. Le tout arrosé de vin rouge, bien sûr. Et en finale, la crème glacée. Un «all you can eat» basque. Ouf! Demain, nous attaquons un tronçon de la désertique route 50, que l'on surnomme «the loneliest route in America». Il paraît qu'on n'y rencontre que deux villages, issus de l'exploitation minière. Et peu de stations d'essence. «I'm a long long way from home...» En vrac - Y aller: avec Air Canada, qui offre un vol direct vers Las Vegas. De là, louer une voiture ou une moto. Pourquoi pas? Les routes s'y prêtent bien et dans ce grand désert le sentiment de liberté atteindra son apogée. - Se loger: à Las Vegas, au Tropicana Las Vegas (www.troplv.com/#/home), reconnu pour sa grande piscine. Vous y rencontrerez sûrement le comédien américain Brad Garrett (Everybody Loves Raymond), qui y tient son club de comédie. À Alamo (150 km de Las Vegas), à Cowboy's Dream (www.cowboysdream.com), pour une expérience de luxe dans un ranch; à Ely (450 km de Las Vegas), à l'historique hotel Nevada (www.hotelnevada.com); à Elko (750 km de Las Vegas), au Red Lion Inn (elko.travelnevada.com). - Où manger: à Ely, au Jailhouse (www.jailhousecasino.com). À Elko, au restaurant basque The Star, 246 Silver Street, % 775 738-9925. À déguster au bar: leur spécialité, le Picon Punch. - À faire: la visite des grottes de Lehman dans le parc national du Grand Bassin (www.nps.gov/grba/). Une virée au Lamoille Canyon (www.travelnevada.com/tourist-attractions/info/lamoille-canyon-scenic-byway.aspx), à Lamoille. La visite du Western Folklife Center (www.westernfolklife.org), du magasin Western Capriola et de son atelier de selles (www.capriolas.com) et du California Trail Interpretive Center (www.blm.gov/nv/st/en/fo/elko_field_office/blm_programs/blm_special_areas/california_trail_historic.html ), à Elko. Pour les sportifs, une semaine d'équitation au 71 Ranch, à Lamoille (www.71-ranch.com). Et finalement, la visite de l'Opera House d'Eureka (http://eureka.travelnevada.com)

  • La métropole surfe sur la vague du bateau classique

    La deuxième édition du Festival du bateau classique de Montréal s'ouvre aujourd'hui dans le Vieux-Port et se poursuivra jusqu'à dimanche soir. Hors-bords, cabin-cruisers, remorqueurs, voiliers... Quatre-vingts bateaux feront les beaux dans les eaux du Vieux-Port et du canal de Lachine ce week-end. Le nautisme d'époque renaît dans le fleuve.. «Les voitures ont leurs belles d'autrefois, les bateaux ont leurs "beaux". Le bateau classique, utilisé désormais comme embarcation de plaisance, répond à des méthodes de construction qui ont fait leurs preuves au fil du temps, à l'exemple du canot en écorce», explique Simon Lebrun, pilote maritime et créateur du Festival du bateau classique de Montréal. Des embarcations de luxe, en général construites en acajou ou autres bois recherchés, datant d'avant les années 1970. Quatre-vingts bateaux d'époque, du remorqueur à l'embarcation à moteur, en passant par le kayak, la chaloupe, le voilier, qui appartiennent à des propriétaires privés, en provenance du Québec, de l'Ontario et des États-Unis. Cela nous remet en mémoire à quel point toutes les voies d'eau mènent à Montréal... ou presque. De New York au Richelieu via la rivière Hudson, des Grands Lacs au Saint-Laurent, en passant par la rivière Outaouais et le canal Rideau. Des bateaux qui arriveront aussi par voie de terre et d'aussi loin que la Californie. «Montreal is the place to be», disent les Américains friands de ces réunions d'embarcations d'époque. «Ceux qui y ont participé l'an dernier reviennent, affirme Simon Lebrun. Ils adorent Montréal pour son accueil et ses activités. Des rassemblements de bateaux classiques, il y en a ailleurs, mais rarement en ville. Et celui-ci est le seul en Amérique à se dérouler en français.» «Nous avons la chance de vivre dans un milieu urbain et maritime à la fois, il faut en profiter, poursuit Simon Lebrun. Dans presque tous les pays côtiers, il y a un musée de la mer, des réunions de bateaux, des animations sur ce thème. À Montréal, zéro activité. Où sont nos peintres maritimes, nos boutiques spécialisées? Le Canada possède pourtant l'une des plus grandes côtes au monde, nous sommes tous arrivés par bateau et avons tous un lien avec l'eau, qu'il s'agisse d'un fleuve, d'un lac, d'une rivière. Il est temps de faire connaître ce patrimoine.» Ainsi a germé dans l'esprit de Simon Lebrun l'idée de ce Festival du bateau classique sur les rives du canal de Lachine, chapeauté par Héritage maritime Canada et rendu possible, entre autres, grâce au soutien inestimable de la Société du Vieux Port de Montréal et à l'appui financier de la députée de Saint-Henri-Sainte Anne, Marguerite Blais. L'événement vise à attirer, dans une ambiance festive, amateurs, néophytes et familles à la recherche d'un divertissement agréable. Car en plus de pouvoir admirer de beaux bateaux, il y aura une panoplie d'activités. Pour tous les goûts À l'angle des rues de la Commune et McGill, des stands dressés pour l'occasion invitent les curieux à venir se familiariser avec les institutions maritimes, comme l'Association des amateurs de bateaux de bois, Parcs Canada, l'Association maritime du Québec, l'Institut maritime du Québec. Un salon à flot entre les écluses 1 et 2 du canal de Lachine permettra de voir de plus près les «beaux» amarrés à des quais flottants et de jaser avec leurs propriétaires; un salon à sec exposera les bateaux qui, par leur nature, leur âge ou leur niveau de restauration, ne peuvent pas être mis à l'eau. Un marché nautique présentera objets et services divers reliés au monde maritime. Louis Gagnon, copropriétaire du Chris Craft «Allez», participe pour la deuxième année au festival, non seulement comme passionné de bateaux classiques, mais aussi comme juge au concours de la plus belle embarcation d'époque. La petite histoire de l'Allez n'est pas banale. Construit en 1929, ce magnifique «fast commuter» de 48 pieds, qui navigue à une vitesse de 60 km à l'heure, servait de limousine aux riches hommes d'affaires de New York se déplaçant de leurs somptueuses maisons de Long Island à Wall Street. «C'était la limousine de l'époque, raconte Louis Gagnon. La légende veut que le richissime prenne place dans la cabine, y boive son café, y lise son journal tout en se faisant couper les cheveux par son coiffeur.» Autre époque! Ce n'est qu'une histoire parmi tant d'autres: il faut prendre le temps de s'arrêter, d'écouter, de voter pour le prix du public. Et d'assister à l'une ou l'autre des onze conférences à l'horaire, dont celle de Mylène Paquette qui présente un intérêt particulier. Cette aventurière de la mer, seule femme à bord parmi cinq membres de l'équipage, a traversé à la rame l'Atlantique en près de 58 jours sans assistance. Ou encore celle d'André Trottier, pilote maritime sur le Saint-Laurent pendant 36 ans, qui a gouverné plus de 4300 navires venus de tous les coins du monde. Quant aux enfants, ils ne seront pas laissés pour compte, car des ateliers de fabrication de noeuds marins, de peinture sur voile et d'assemblage de mini-voiliers sont au programme. Le tout agrémenté d'une dizaine de concerts en plein air, dont le quintette Makaya, le groupe Kultchaz, les Musiques militaires internationales, réunissant quelque 150 musiciens du Brésil, du Canada, de l'Italie et de la Russie, Shavora, Elisapie Isacc, Lucky Uke... Y participeront aussi Les Murènes, un groupe musico-théâtral spécialisé dans les chants marins de l'âge d'or de la piraterie. «Et tout est gratuit», insiste Simon Lebrun, puisque le but de ce festival haut en couleur est de «démocratiser le monde maritime sur le canal de Lachine et le fleuve Saint-Laurent». ***

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Textes et photos par Hélène Clément 

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