• Hélène Clément

Marcheur des bois


Photo: Mathieu Dupuis/Sepaq Une visite guidée du parc national du Mont-Tremblant est une belle occasion d’apprendre l’histoire de cet immense territoire naturel protégé de 1510 kilomètres carrés.

Pour apprécier l’hiver et éviter de s’encabaner des semaines durant, rien de tel que de pratiquer un sport d’hiver. Pourquoi pas la raquette ? Bien que plus exigeant que la marche, l’instrument, une fois fixé aux arpions, permet d’aller là où à pied c’est impossible. Fameux pour se mettre en forme !


Article publié dans le Devoir du 11 janvier 2013

Ouache ! Mais non, rien d’odieux ici. C’est le nom du sentier de raquette sur lequel nous évoluons. Nous sommes dans le parc du Mont-Tremblant, secteur de la Diable, en route vers le lac Malard, puis vers le refuge de La Ouache. Un sentier intermédiaire de 6,4 kilomètres aller-retour.


La Ouache (ou Malard) était jusqu’à l’an dernier réservée aux skieurs de fond, mais cette année le parc a décidé d’ouvrir ce circuit doté d’un refuge d’une capacité de six personnes aux amateurs de raquette. « On a voulu créer un équilibre entre notre clientèle qui pratique la raquette (souvent en famille) et les fondeurs qui bénéficient déjà de plusieurs beaux sentiers dans le parc, explique Jean-François Boily, délégué commercial, Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ), parc national du Mont-Tremblant et Réserve faunique Rouge-Matawin.


Les fervents de la raquette ont donc de quoi s’amuser dans le parc national du Mont-Tremblant, où la neige semble toujours au rendez-vous. Plus de 48 kilomètres de sentiers sillonnent les secteurs de la Diable et de la Pimbina. Des parcours prévus aussi bien pour la famille que pour les plus expérimentés : huit sentiers du côté de la Diable et six sentiers ainsi qu’une zone de raquette d’environ un kilomètre carré du côté du secteur de la Pimbina.


Toujours est-il que nous randonnons cet après-midi sur le sentier La Ouache, accessible par le stationnement du lac Malard, à quelques kilomètres du centre de services du Lac-Monroe. Un parcours tout en montée, au coeur d’une belle forêt de bouleaux, d’érables et d’épinettes géantes aux allures de momies, qui mène au lac Malard, puis au joli petit refuge La Ouache.

Sauf que La Ouache n’était pas notre intention première, qui était de parcourir la boucle de 9,2 km du sentier du Centenaire. Ce superbe sentier (paraît-il), tracé en 1995 sur les crêtes du massif de la Vache noire pour souligner les 100 ans du parc, devait nous permettre de profiter de beaux points de vue sur le massif de Tremblant, la vallée de la rivière du Diable, Saint-Donat…


Et aussi de randonner en boucle un bon quatre heures d’affilée. Nous avons l’habitude de la randonnée en montagne à pied comme en ski de fond, donc pour nous ce trajet en raquettes, que l’on dit un sport relativement facile, représenterait un certain effort, mais rien d’alarmant.


L’hiver à sa plus sincère expression

Sauf que, ce jour-là, il neigeait. Abondamment même. Et si le sentier du Centenaire est bien balisé, il n’est pas damé mécaniquement. Donc, les premiers raquetteurs qui arrivent ouvrent la piste. Et ce matin-là, nous étions les premiers. Dix-huit centimètres de nouvelle neige sur une grande accumulation de neige et la raquette devient un sport exigeant, à ne pas sous-estimer. Et certes moins naturel que la marche, bien que l’idée soit la même : mettre un pied devant l’autre.


Après une heure à tourner en rond pour avoir loupé une balise, on a déjà les jambes et les hanches en bouillie. Pas d’entêtement. Nous décidons de rebrousser chemin. À la vitesse à laquelle nous évoluons, on risque de revenir à la nuit tombante. Et il faut rendre les raquettes avant que le Centre de services du Lac-Monroe, à dix minutes en auto d’ici, ne ferme. À 16 h.


« Manitouge Sootana », montagne des Esprits ou du Diable. C’est ainsi que les Premières Nations surnommaient la montagne. En 1858, le géologue W. E Logan faisait déjà allusion à cette légende amérindienne qui voulait que le manitou fasse trembler la montagne lorsque quiconque y enfreignait les lois sacrées de la nature. Une sagesse qui se perpétue dans le plus vieux et le plus grand des parcs nationaux du Québec, où l’une des missions premières est la conservation.


La randonnée à pied, le ski et la raquette sont donc d’excellents moyens de découvrir ce que le parc a de plus précieux : sa faune et sa flore. Un service de guides accompagnateurs, sur réservation deux semaines à l’avance, est disponible pour accompagner le raquetteur sur les sentiers. Une belle occasion d’apprendre l’histoire de cet immense territoire naturel protégé de 1510 kilomètres carrés, qui abrite, entre autres, 45 espèces de mammifères et 206 espèces d’oiseaux.


Parmi les sentiers de raquette « vedettes », faciles d’accès et offrant des points de vue exceptionnels, il y a la Roche (6 km), la Roche/Corniche/Coulée (8 km) et la Chute-aux-Rats, un tracé de 10 kilomètres qui sillonne le lac Lajoie et se termine à la belle Chute-aux-Rats.


Et pour le petit groupe ou la famille qui souhaite séjourner dans un refuge équipé d’un poêle à bois seulement, La Ouache est une belle idée. Il faut toutefois partir avec ses gamelles, sa nourriture, son sac de couchage et tout le nécessaire pour passer agréablement la nuit en forêt.


Une petite visite à Saint-Jovite, à la pâtisserie française Le Montagnard, au 835, rue de Saint-Jovite, termine agréablement la journée. On y sert dans une ambiance sympathique une excellente soupe à l’orge cuisinée par Beate et son mari, propriétaires des lieux, un vrai chocolat chaud fabriqué avec des capsules de chocolat et recouvert de crème fouettée, des quiches excellentes, des macarons et de la crème brûlée. De quoi remettre le raquetteur sur le piton !

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Textes et photos par Hélène Clément 

Fait avec ❤ par Steph Rowan