• Hélène Clément

Thaïlande - Farniente dans l'archipel de Ko Phi Phi


De petites huttes de pêcheurs à Bambou Island: ici, pas de hauts pics rocheux comme dans les îles sœurs.


Publié dans le Devoir du 4 juin 2011


Un imposant rocher vert moussu surgit tout à coup de la mer d'Andaman. C'est Phi Phi Don, terminus d'un périple en bateau depuis Phuket. Sur cette île de huit kilomètres de long par trois de large, pas de voitures, des falaises escarpées cachant des grottes et des resorts discrets qui fonctionnent aux énergies renouvelables. Plages de sable fin, village gitan, sentier qui sillonne l'île du nord au sud et cuisine exquise que l'on déguste les pieds dans le sable. Un paradis qui se prolonge sur les pitons rocheux et sous la mer. Au goût.


Tonsai — Après deux heures en mer depuis Phuket (prononcer«Poukett»), le traversier plein à craquer de touristes s'engage dans la baie de Tonsai. Les falaises escarpées s'entrouvrent sur des anses émeraude et des îlots rocheux surgissent de la mer. À peine arrivés et l'on en prend déjà plein les yeux.

Situé en mer d'Andaman, au sud de la Thaïlande, à 45 kilomètres à l'est de Phuket, l'archipel de Ko Phi Phi compte six îles: Phi Phi Don et Phi Phi Leh, les deux plus grandes; Bamboo Island qui a la forme d'une langue de sable blanc émergeant d'une eau turquoise; Mosquito Island, Bida Nok et Bida Noi, qui ne sont en fait que des rochers calcaires surgissant de la mer. Seule Phi Phi Don est habitée. L'ensemble fait partie d'un parc national créé en 1983.

Un bateau rouge vif dédié à la plongée porte le nom de James Bond. On a tout de suite le souvenir de la scène du film L'Homme au pistolet d'or où l'agent 007 (Roger Moore) poursuit le méchant Scaramanda en se faufilant, aux commandes de son mini-aéronef, entre les pitons rocheux pour amerrir au pied de KoTapu, la «James Bond Island». La légendaire petite île qui fait déplacer des hordes de touristes est située à 90 kilomètres au nord de Phuket, dans la baie de Phang Nga.



Rien de surprenant à ce que Phang Nga ait été choisie comme lieu de tournage d'un James Bond quand on connaît le goût raffiné de l'agent 007 pour les belles choses. Le paysage de cette baie est unique au monde: d'immenses formations calcaires de toutes les tailles et de toutes les formes qui n'en finissent pas de tomber à pic dans la mer turquoise. Certaines ont une forme curieuse, comme Ko Tapu, ou «l'île clou», à cause de sa ressemblance avec un clou.

Dans nos bagages, on transporte aussi les images de la baie d'Ao Maya qui a servi de lieu de tournage pour La Plage. Immenses monolithes surgis de la mer, eau turquoise et plages de sable fin, les fantômes de Leonardo DiCaprio et de Virginia Ledoyen hantent toujours la sauvage Phi Phi Ley. C'est d'ailleurs à la suite de ce film que les îles de Phi Phi sont devenues célèbres.



Lorsqu'on arrive dans un pays avec ce genre de tableau dans ses valises, la réalité dément souvent la fiction. Là, non! Les paysages cinématographiques sont au rendez-vous. Au reste, les touristes aussi. Alors, si l'on veut jouer à Robinson Crusoë, il faudra faire preuve d'imagination.



Phi Phi Don a la forme d'un isthme de sable blanc entre deux masses de montagnes ciselées. Sur la bande de sable qui fait à peine 100 mètres de large, les plages de Tonsai et de Loh Dalum se tournent le dos.

L'isthme loge le petit mais très peuplé et bétonné village de Tonsai.


En entrant en rade, on ne peut s'empêcher de songer au tsunami qui a balayé Tonsai le 26 décembre 2004. Deux vagues venant par le côté opposé, l'une de cinq mètres et l'autre de trois, ont littéralement lessivé le village. Depuis, les Thaïs ont rebâti leur île et la nature a repris le dessus. Par contre, la reconstruction a fait s'étendre la capitale qui n'en finit plus de se peupler.

Sauf exception, la plupart des touristes débarquent à Tonsai. C'est à pied ou en bateau que l'on rejoint son hébergement de prédilection. On doit compter jusqu'à 30 minutes de marche. Il faut aussi savoir que les jours de mauvais temps, les déplacements en bateau sont aléatoires; et pour finir, que Tonsai est bruyante et qu'on y fait la fête jusqu'aux petites heures du matin.

Cap vers le nord, le long de la côte est. Un univers plus calme et plus zen, bien à l'écart de l'effervescence qui prévaut dans la petite capitale mercantile de Phi Phi Don. Le seul débarcadère étant celui de Tonsai, de longues queues — ces barques racées qui servent aussi bien à la pêche qu'au transport de passagers — viennent à la rencontre du bateau pour cueillir les passagers qui ont choisi de passer leurs vacances dans l'un ou l'autre des hébergements sur la côte est de l'île.

La première relâche en mer s'opère face à la petite crique d'Ao Phak Nam. Ici niche le Relax Beach Resort, une adresse qualifiée de «robinsonesque» par le Guide du routard sur la Thaïlande. Construits dans les feuillages en bordure d'une plage invitante, les chalets de bois et de bambou, équipés d'un ventilateur, d'une moustiquaire et d'une salle de bain, sont plutôt coquets.



Puis, à 15 petites minutes de là, second arrêt devant le Phi Phi Island Village à Ao Loh Bakao. Le complexe de bungalows luxueux de style traditionnel revisité est tapi dans une cocoteraie. À la fin des années 1940, l'activité de l'île se résumait à la pêche, puis un peu plus tard à sa plantation de cocotiers. Aujourd'hui, Phi Phi Don est essentiellement à vocation touristique.

Laem Tong

Enfin Tong Cape, terminus de cette expédition en traversier qui aura duré cinq bonnes heures depuis Phuket. Nous logeons au Phi Phi Natural Resort, sur la pointe nord de l'île. Le complexe de bungalows en bois, noyé dans la verdure, ceinture une petite école. C'est le roi, en visite ici, qui a fait construire l'établissement fréquenté par les enfants du Gypsy Village.

Laem Tong est une longue plage au beau milieu de laquelle évolue un village gitan. Il est difficile de connaître le nombre exact de membres dans cette population de nomades des mers qui vivent de la pêche et aussi un peu du tourisme en se transformant en chauffeurs de taxi aquatique. Si la majorité des gitans restent en permanence sur l'île, certains pratiquent toujours le nomadisme.

«Les Chaolei se sont installés à Phi Phi Don vers la fin des années 1940», explique Peter, propriétaire du restaurant Jasmin (du nom de sa femme), situé sur la plage de Laem Tong, en bordure du village animé par les rires des enfants et la musique jouée par ses habitants. Selon lui, les gitans de la mer de Laem Tong comptent 70 enfants (75 % vont à l'école) et 150 adultes.

Au programme des prochains jours: lire, se reposer, manger, barboter dans l'eau, se promener en long-tail, faire de la plongée et se mettre au rythme de la douceur de la vie qui passe. Les moins paresseux iront faire une randonnée dans la jungle, jusqu'à Tonsai, via la plage sauvage d'Ao Ran Tee. Il y a de beaux coraux à quelques mètres du rivage et la baignade est géniale.

À Phi Phi Don, on peut aller partout à pied. Des petits sentiers pédestres rallient presque toutes les plages. Un chemin escarpé permet de traverser l'île du nord au sud et de profiter de très beaux points de vue. À marée basse, on peut longer le rivage en crapahutant sur les cailloux. Mais il faut savoir que Koh Phi Phi est à l'équateur et que la nuit tombe d'un coup, à 18h20.

Le voyage serait incomplet sans une petite visite à Phi Phi Ley. On doit prendre le temps de négocier le voyage en «longue queue» avec un pêcheur du village de Laem Tong. Pour éviter la horde de touristes, mieux vaut partir tôt le matin ou tard en après-midi. Ah oui, la plage principale est payante. On y accède par un tunnel équipé de cordes et à demi submergé par endroits.



Autre lieu hautement intéressant à Phi Phi Ley, c'est la grotte des Vickings. Les gitans de la mer y récoltent des nids d'hirondelles juchés très hauts au-dessus des grottes. Pour les atteindre, ils doivent grimper sur des échafaudages fragiles en bambou. Une opération très périlleuse. Avant d'entamer l'ascension, ils prient et offrent tabac, encens et alcool aux esprits de la grotte.

L'hirondelle construit son nid avec sa salive. Si on le lui retire, elle en construira un second. Par contre, elle n'a plus assez de salive pour se remettre à l'ouvrage une troisième fois. Alors, les petits meurent. Les Chinois sont très friands de ces nids pour leur pouvoir dit aphrodisiaque.

Quelle que soit la destination, il y a toujours une crique pour se jeter à l'eau et découvrir la vie sous-marine locale. Les fonds affichent un relief étonnant ponctué de grottes et d'éboulis rocheux. Coraux multicolores aux formes folles, jardins d'anémones, gorgones rouges... autant de refuges que se partagent les poissons-anges, les poissons-clowns, les poissons-chirurgiens, les perroquets, les demoiselles, les sergents-majors... Tiens, un barracuda! Mais où est donc Nemo?

Le soir, la plage de Laem Tong se transforme en cuisine à ciel ouvert où les arômes de bouffe exotique viennent nous taquiner les narines. Ici comme ailleurs en Thaïlande, on mange bien. Des bougies sur les tables mais aussi au sommet d'un magnifique château de sable, construit par un pêcheur local, viennent égayer l'ambiance romantique qui prévaut déjà.

En vrac

Phuket est un excellent camp de base pour découvrir les archipels de l'intérieur de la mer d'Andaman et la baie de Phang Nga. Une nuitée au Best Western Phuket Ocean Resort, à proximité de Karon Beach, est une bonne idée pour se rapprocher de l'embarcadère et de son ferry. www.phuket-ocean.com.

Pour aller à Phi Phi Don, de Phuket, prenez la compagnie Andaman Wave Master, qui dessert aussi le nord de l'île. www.andamanwavemaster.com.

À Montréal, le grossiste et agent de voyages Uniktour offre une panoplie de voyages en Thaïlande, dont plusieurs circuits dans le sud. www.uniktour.com.

Si vous préférez passer directement par une agence de voyages en Thaïlande, la Royal Exclusive Travel Co. Ltd. est très fiable. www.royalexclusive.com.

La plage de Laem Tong est un point de départ parfait pour se rendre sur les îles Mosquito et Bamboo, deux lieux d'exception pour la plongée sous-marine.

L'adresse d'exception pour se loger à Laem Tong, c'est le Zeavola. Du grand luxe dans un esprit balino-thaï où bois sombres et textiles se marient très bien à la jungle. Les massages y sont absolument exceptionnels. www.zeavola.com.

Le Jasmin Restaurant, une grande paillotte tenue par un couple occidentalo-thaï en bordure du village gitan, est l'un des bons restos sur la plage de Laem Tong. Jus de fruits frais, Phat thaï aux fruits de mer, Kaeng chut, Tom yam kung... sont au menu.

À lire: Le Guide du routard sur la Thaïlande, aux éditions Hachette.

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Textes et photos par Hélène Clément