• Hélène Clément

Montréal - Le soleil en serres au jardin botanique de Montréal




«Le titre L'Effet de serres n'est pas une thémathique sur les gaz à effet de serre, précise Karine Jalbert, chargée de communication au Jardin botanique. Non, le jeu de mots qui fait référence aux dix serres du Jardin botanique et à l'exposition Sous le soleil de Cuba, avec Marie-Victorin n'est qu'une expression pour expliquer l'effet d'émerveillement renouvelé, d'une serre à l'autre, à la vue des orchidées, des fougères, des cactus, des bonsaïs, des penjings et des broméliacées.»

La grande fierté du Jardin botanique cette année, après plus d'un an de travaux et des années de préparation, est sans nul doute la Serre des plantes tropicales alimentaires.

Plus rien à voir avec l'ancienne serre des plantes tropicales économiques, toujours existante d'ailleurs et qu'il faut traverser pour rejoindre la nouvelle serre. «On y a toutefois peaufiné le système de panneaux d'interprétation, explique Karine Jalbert, car l'information portait parfois à confusion.»

«À la différence des autres serres, qui présentent une collection, la Serre des plantes tropicales alimentaires propose une thématique qui aborde le problème de la culture intensive en milieu tropical et l'importance de développer des systèmes de commerce équitable, l'ensemble axé sur la connaissance des plantes, explique Gilles Vincent, directeur du Jardin botanique de Montréal. La thématique devrait sensibiliser le visiteur aux conséquences de la perte de la biodiversité.»

Le parcours en zigzag et le concept spatial de la nouvelle serre surprennent agréablement. C'est qu'au Jardin botanique, on a l'habitude d'évoluer d'une serre à l'autre en empruntant des allées bien droites. On part d'un côté, on revient de l'autre. S'il y a foule, difficile de s'arrêter. Dans la nouvelle Serre des plantes tropicales alimentaires, on peut flâner, il y a de l'espace. On se promène dans la canopée grâce à une passerelle de bois qui nous conduit à la cime des arbres.

Parmi les plantes intéressantes, on trouve un sapotillier qui produit un beau fruit et dont la sève entre dans la composition de la gomme à mâcher. Il y a un arbre à litchis, un magnifique carambolier gorgé de fruits et un arbre de Macadamia. Puis, il y a le manioc, le giroflier, le vanillier, le tamarinier, le caroubier, le cocotier, le cacaoyer, le caféier, les papayer, le vanillier...

«Mon coup de coeur va au Guaiacum officinale, confie Hélène Giguère, horticultrice en charge de la collection des plantes tropicales et de l'irrigation serre. De la tête aux pieds, tout ce que produit cet arbre est utile à l'homme. Mais, malheureusement, il en abuse.»

À l'entrée de la serre, de grandes toiles aux couleurs vives représentent les marchés du monde. On entre dans un univers tropical. Plantes aquatiques, rizière, fougère arborescente, bananiers. «Dans quelques années, les arbres parviendront à la hauteur de la passerelle. Alors, nous aurons atteint notre objectif de marcher à la cime des arbres», déclare Gilles Vincent. De là-haut, on aperçoit, dissimulés dans les plates-bandes, des messages sur la biodiversité qui rappellent la responsabilité de l'homme dans l'avenir de la planète. Puis, on s'engage sur la route des épices.

Cuba, si!

Que sait-on au juste du frère Marie-Victorin? Qu'il est le fondateur du Jardin botanique de Montréal, en 1931, et de l'Institut botanique de l'Université de Montréal, 11 ans auparavant. Qu'il est l'auteur de la fameuse encyclopédie Flore laurentienne, publiée en 1935. Qu'il est né Conrad Kirouac en 1885, qu'il a été un frère des Écoles chrétiennes soumis aux voeux d'obéissance et de pauvreté et que c'est l'Église qui lui a donné le nom de Marie-Victorin.

Et Cuba, dans tout ça? Il en était fou, dit-on. De 1938 à 1944, il y est allé sept fois. «Ses biographies ont surtout retenu l'hypothèse du voyage pour des raisons de santé. Cependant, de 1907 à 1944, les frères Léon et Marie-Victorin ont entretenu une fascinante correspondance, qui explique leurs cheminements respectifs pour leurs principales oeuvres: L'ltinéraire de Marie-Victorin et La Flora de Cuba du frère Léon», écrit André Bouchard, professeur titulaire d'écologie de l'Université de Montréal et chercheur, dans son livre Marie-Victorin à Cuba.

L'exposition Sous le soleil de Cuba, avec Marie-Victorin, présentée dans l'ancienne salle Chlorophylle du Jardin botanique, parmi les serres où survivent nombre de descendantes des bulbes, des semences, des plantes qu'il a rapportées de Cuba, raconte en photos, en textes et en vidéo, les sept voyages du scientifique à Cuba et son plaisir d'y retrouver chaque fois le frère Léon.

Au rythme de la salsa

L'exposition est aussi un voyage à Cuba. On y découvre, sous l'oeil d'un botaniste passionné, les provinces de Matanzas, de Cienfuegos, de Santa Clara, d'Oriente. Mais quel moyen de transport utilisait le frère Marie-Victorin pour arriver à La Havane? Et à cette époque, surtout après avoir fait le voeu de pauvreté, où prenait-il le temps et l'argent pour voyager? La réponse, on la trouve Sous le soleil de Cuba, avec Marie-Victorin. Une visite au rythme de la salsa!

Puis, le visiteur poursuit son chemin vers la Grande serre pour y chanter Noël. Chaque sapin rivalise par son allure, sa taille, sa forme, sa grandeur et la sorte de végétal utilisé pour sa conception. Bien que celui formé par les cyclamens soit particulièrement beau, le clou de l'exposition est un immense arbre de Noël composé d'une centaine de pots de fougères.

Chaque plant a son goutteur lui fournissant l'eau dont il a besoin. Le meilleur moment pour visiter la Grande serre? À 16h30, l'heure où les lumières scintillent dans les arbres et les plantes.



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Textes et photos par Hélène Clément