• Hélène Clément

Mont-Tremblant - Québec Rencontre au sommet des couleurs


Photo: envirofoto sepaq Scène d’automne au parc national du Mont-Tremblant.


En automne, le spectacle des couleurs attire des milliers de personnes d'ici et d'ailleurs. Mais où se jouera le plus beau happening ce week-end? Un tour d'horizon des parcs nationaux effectué cette semaine dans un rayon de deux heures de Montréal permet de conclure que la région des Laurentides remporte la palme. Les forêts y sont de feu. Mettons le cap, donc, sur le parc du Mont-Tremblant et profitons de l'occasion pour découvrir le plus vieux et le plus vaste des 22 parcs nationaux du Québec.


«C'est le pic des couleurs, ici», confirme Jean-François Boily, au parc national du Mont-Tremblant. «Les feuilles des bouleaux sont jaunes depuis un certain temps, celles des érables sont rouge vif. On marche sur un tapis jaune orangé. C'est de toute beauté!» Mais comment se fait-il que les feuilles tombent déjà dans le parc du Mont-Tremblant alors qu'elles sont vertes à Montréal ou en train de troquer leur teinte en Mauricie?

«Pour changer de couleur, explique Louise Cadieux, garde-parc naturaliste à Tremblant, les feuilles ont besoin de journées chaudes et ensoleillées et de nuits sous 8 °C. Ce serait donc une question d'altitude. Le parc du Mont-Tremblant est plus élevé que le parc de la Mauricie, par exemple.»

Si le sujet vous chicote, le parc met des naturalistes à la disposition des visiteurs, demain et dimanche, puis tout au long du week-end de l'Action de grâce, pour répondre aux multiples questions entourant les mystères de cette saison: couleurs des feuilles, cervidés, castors... Ces gardes-parcs seront postés entre 11h et 13h au centre de service du lac Monroe et au poste d'accueil de Saint-Donat ainsi que sur certains sentiers, en après-midi, si le temps le permet.

Manitouge Sootana, montagne des Esprits ou du Diable: c'est ainsi que les Premières Nations surnommaient cette montagne. En 1858, le géologue W. E. Logan faisait déjà allusion à cette légende amérindienne voulant que le manitou fasse trembler la montagne lorsque quiconque y enfreignait «les lois sacrées de la nature». Bien que les temps aient changé, le doyen des parcs nationaux du Québec continue de perpétuer cette sagesse.

«Notre mission première est la conservation, explique Jean-François Boily. Le parc national est un lieu protégé où il est interdit d'exploiter les ressources naturelles et de chasser. La randonnée, le canot et le ski ne sont que des outils pour découvrir ce qu'on protège.» C'est au moyen d'un réseau de sentiers balisés et patrouillés que le parc partage avec les gens la beauté de sa forêt et de ses montagnes, dont les sommets, plus vieux que les Alpes, les Rocheuses et les Andes, ont atteint l'âge noble d'un milliard trois cent mille et des poussières d'années.

Sur une superficie de 1510 kilomètres carrés, le parc du Mont-Tremblant est divisé en trois secteurs, à cheval sur deux régions: le secteur de la Diable dans les Laurentides, puis ceux de la Pimbina et de L'Assomption dans la région de Lanaudière. S'y trouvent six rivières et 400 kilomètres de sentiers pédestres.

Au cours des derniers mois, des travaux atteignant près de 2,5 millions de dollars ont été réalisés afin d'améliorer la qualité des installations dans les trois secteurs: nouveau centre de location au lac Monroe, unités sanitaires restaurées, travaux routiers, sentiers modifiés...

Du côté de Saint-Côme, le secteur de L'Assomption est un secret bien gardé. Très peu achalandé, on y vient pour relaxer le temps d'un pique-nique, d'une randonnée, d'une nuit de camping ou dans un des neuf chalets aux jolis noms La Libellule, La Tortue, Le Huard et Le Vison. Ces maisonnettes hébergent entre deux et huit personnes, carburent au propane et sont équipées de douches, de toilettes et de poêles à bois. Calme assuré sur le bord d'un lac! La randonnée des Grandes-Vallées (4,4 kilomètres) mène en deux heures à un belvédère.

On accède à la porte d'entrée du secteur de la Pimbina en passant par Saint-Donat. Même si les plages ne sont plus surveillées, la baignade est possible aux lacs Provost, Lajoie et des Sables. Réservez tout de suite votre nuit au refuge du Lac-des-Sables, les places s'envolent vite.

Le sentier d'interprétation L'Envol, d'une longueur de 3,4 kilomètres, mène à des panoramas magnifiques sur la vallée du Pimbina, les lacs Lajoie et Provost. On peut se procurer à l'accueil le livret Sentier de L'Envol qui commente les différents panneaux jalonnant le sentier jusqu'au sommet. La vue de là-haut sur la vallée est, en ce moment, absolument spectaculaire.

Tout comme, d'ailleurs, le long du sentier de la Chute-aux-Rats, une balade de 10 kilomètres qui aboutit à une impressionnante cascade de 17,4 mètres jaillissant littéralement de la forêt rougeoyante.

Quant au secteur de la Diable, il est le plus fréquenté du parc. Ce week-end mis à part, les pédalos étant déjà rangés pour l'hiver, il est encore possible de louer canots et kayaks, de pagayer sur le lac Monroe ou la rivière du Diable et de profiter du forfait transport canot et passagers.

Si vous avez oublié de demander au centre de service du lac Monroe sur quels sentiers se trouvent les naturalistes en poste qui répondront à vos questions ou vous feront jouer au jeu questionnaire Vous contre moi, tentez de les retrouver sur le sentier de la Roche (cinq kilomètres), une ascension dans une érablière avec vue panoramique sur la vallée glaciaire du lac Monroe et du massif du Mont-Tremblant, ou sur la Corniche, un sentier plus court mais qui offre la même superbe vue.

Pour les marcheurs plus expérimentés, le sentier du Centenaire, une randonnée de neuf kilomètres sur un dénivelé de 400 mètres, emprunte la crête de la Vache noire, croise une suite de neuf points de vue sur les collines environnantes et sur la rivière du Diable. Pas mal!

Une nouveauté cette année au parc national du Mont-Tremblant: les prêts-à-camper permettent de vivre l'expérience du camping sans s'embarrasser de tout le matériel. Le forfait comprend l'emplacement, la tente-roulotte et l'équipement requis pour la préparation des repas. Il ne reste que deux semaines pour profiter des activités de canot-camping dans le parc.


Publié dans le Devoir du 28 septembre 2007


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Textes et photos par Hélène Clément