• Hélène Clément

La métropole surfe sur la vague du bateau classique



Les eaux du Vieux-Port recevront la visite de 80 bateaux d’époque, du remorqueur à l’embarcation à moteur, en passant par le kayak, la chaloupe, le voilier. Des embarcations de propriétaires privés, en provenance du Québec, de l’Ontario et des États-Unis.

La deuxième édition du Festival du bateau classique de Montréal s'ouvre aujourd'hui dans le Vieux-Port et se poursuivra jusqu'à dimanche soir. Hors-bords, cabin-cruisers, remorqueurs, voiliers... Quatre-vingts bateaux feront les beaux dans les eaux du Vieux-Port et du canal de Lachine ce week-end. Le nautisme d'époque renaît dans le fleuve..


«Les voitures ont leurs belles d'autrefois, les bateaux ont leurs "beaux". Le bateau classique, utilisé désormais comme embarcation de plaisance, répond à des méthodes de construction qui ont fait leurs preuves au fil du temps, à l'exemple du canot en écorce», explique Simon Lebrun, pilote maritime et créateur du Festival du bateau classique de Montréal. Des embarcations de luxe, en général construites en acajou ou autres bois recherchés, datant d'avant les années 1970.

Quatre-vingts bateaux d'époque, du remorqueur à l'embarcation à moteur, en passant par le kayak, la chaloupe, le voilier, qui appartiennent à des propriétaires privés, en provenance du Québec, de l'Ontario et des États-Unis. Cela nous remet en mémoire à quel point toutes les voies d'eau mènent à Montréal... ou presque. De New York au Richelieu via la rivière Hudson, des Grands Lacs au Saint-Laurent, en passant par la rivière Outaouais et le canal Rideau.

Des bateaux qui arriveront aussi par voie de terre et d'aussi loin que la Californie. «Montreal is the place to be», disent les Américains friands de ces réunions d'embarcations d'époque. «Ceux qui y ont participé l'an dernier reviennent, affirme Simon Lebrun. Ils adorent Montréal pour son accueil et ses activités. Des rassemblements de bateaux classiques, il y en a ailleurs, mais rarement en ville. Et celui-ci est le seul en Amérique à se dérouler en français.»

«Nous avons la chance de vivre dans un milieu urbain et maritime à la fois, il faut en profiter, poursuit Simon Lebrun. Dans presque tous les pays côtiers, il y a un musée de la mer, des réunions de bateaux, des animations sur ce thème. À Montréal, zéro activité. Où sont nos peintres maritimes, nos boutiques spécialisées? Le Canada possède pourtant l'une des plus grandes côtes au monde, nous sommes tous arrivés par bateau et avons tous un lien avec l'eau, qu'il s'agisse d'un fleuve, d'un lac, d'une rivière. Il est temps de faire connaître ce patrimoine.»

Ainsi a germé dans l'esprit de Simon Lebrun l'idée de ce Festival du bateau classique sur les rives du canal de Lachine, chapeauté par Héritage maritime Canada et rendu possible, entre autres, grâce au soutien inestimable de la Société du Vieux Port de Montréal et à l'appui financier de la députée de Saint-Henri-Sainte Anne, Marguerite Blais. L'événement vise à attirer, dans une ambiance festive, amateurs, néophytes et familles à la recherche d'un divertissement agréable. Car en plus de pouvoir admirer de beaux bateaux, il y aura une panoplie d'activités.

Pour tous les goûts

À l'angle des rues de la Commune et McGill, des stands dressés pour l'occasion invitent les curieux à venir se familiariser avec les institutions maritimes, comme l'Association des amateurs de bateaux de bois, Parcs Canada, l'Association maritime du Québec, l'Institut maritime du Québec. Un salon à flot entre les écluses 1 et 2 du canal de Lachine permettra de voir de plus près les «beaux» amarrés à des quais flottants et de jaser avec leurs propriétaires; un salon à sec exposera les bateaux qui, par leur nature, leur âge ou leur niveau de restauration, ne peuvent pas être mis à l'eau. Un marché nautique présentera objets et services divers reliés au monde maritime.

Louis Gagnon, copropriétaire du Chris Craft «Allez», participe pour la deuxième année au festival, non seulement comme passionné de bateaux classiques, mais aussi comme juge au concours de la plus belle embarcation d'époque. La petite histoire de l'Allez n'est pas banale. Construit en 1929, ce magnifique «fast commuter» de 48 pieds, qui navigue à une vitesse de 60 km à l'heure, servait de limousine aux riches hommes d'affaires de New York se déplaçant de leurs somptueuses maisons de Long Island à Wall Street. «C'était la limousine de l'époque, raconte Louis Gagnon. La légende veut que le richissime prenne place dans la cabine, y boive son café, y lise son journal tout en se faisant couper les cheveux par son coiffeur.» Autre époque!

Ce n'est qu'une histoire parmi tant d'autres: il faut prendre le temps de s'arrêter, d'écouter, de voter pour le prix du public. Et d'assister à l'une ou l'autre des onze conférences à l'horaire, dont celle de Mylène Paquette qui présente un intérêt particulier. Cette aventurière de la mer, seule femme à bord parmi cinq membres de l'équipage, a traversé à la rame l'Atlantique en près de 58 jours sans assistance. Ou encore celle d'André Trottier, pilote maritime sur le Saint-Laurent pendant 36 ans, qui a gouverné plus de 4300 navires venus de tous les coins du monde.

Quant aux enfants, ils ne seront pas laissés pour compte, car des ateliers de fabrication de noeuds marins, de peinture sur voile et d'assemblage de mini-voiliers sont au programme. Le tout agrémenté d'une dizaine de concerts en plein air, dont le quintette Makaya, le groupe Kultchaz, les Musiques militaires internationales, réunissant quelque 150 musiciens du Brésil, du Canada, de l'Italie et de la Russie, Shavora, Elisapie Isacc, Lucky Uke... Y participeront aussi Les Murènes, un groupe musico-théâtral spécialisé dans les chants marins de l'âge d'or de la piraterie.

«Et tout est gratuit», insiste Simon Lebrun, puisque le but de ce festival haut en couleur est de «démocratiser le monde maritime sur le canal de Lachine et le fleuve Saint-Laurent».

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Textes et photos par Hélène Clément