Une petite Cadie en Martinique

Hélène Clément Air Canada, Caraïbes, Martinique

Bien des questions!

Qu’espéraient les administrateurs français en installant en Martinique les Acadiens ? « Qu’ils deviennent des défricheurs, des éleveurs et des agriculteurs, raconte André-Carl Vachon. Ce qui était très peu réaliste. Les Acadiens étaient charpentiers, tailleurs d’habits, marchands, armuriers, ferblantiers, forgerons, tailleurs de pierre, navigateurs, négociants… Ils faisaient partie de la catégorie des petits-blancs, ou petite bourgeoisie. »

Ont-ils connu la solitude des mornes caféiers ou le dur travail de la coupe de la canne, le broyage et le murmure du moût dans les cuves de fermentation du rhum ? « Un seul Acadien travaille dans les sucreries : Joseph Martin est raffineur et économe. » Puis un seul est dit « laboureur de son métier », soit Louis Maillet, précise M. Vachon.
Après la déportation, des Acadiens recommencèrent leur vie en Martinique. Mais à quel prix ?
André-Carl Vachon, auteur du livre «Une petite Cadie en Martinique»

Ont-ils été témoins de la naissance en 1765 du rhum Saint-James — le seul rhum agricole vendu en tout temps à la SAQ ? À l’époque, le roi Louis XV, voulant protéger son eau de vie, en interdisait l’exportation vers la France. On a donc cherché au début à l’exporter en Nouvelle-Angleterre, d’où son nom anglais pour un meilleur marketing.

Craignaient-ils le trigonocéphale, ou fer de lance, ce serpent au venin mortel — ouf, il existe de nos jours un sérum antivenin ! — qui a tant marqué l’histoire de la colonisation de la Martinique qu’il figure sur le drapeau emblématique de l’île depuis 1766 ? Est-ce que du sang acadien coule dans les veines des Martiniquais ? « Seules des recherches généalogiques pourraient y répondre », écrit l’auteur d’Une petite Cadie en Martinique qui, dans son ouvrage, dresse une liste de quelques couples susceptibles d’avoir eu une descendance parmi les Martiniquais.

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