Capsule sur le café dans les Antilles.

Hélène Clément Caraïbes, Jamaïque

La petite histoire d’un grand café qui revoit le jour en Martinique

Au XVIIIe siècle, le roi Louis XV aurait envoyé trois plants de café «arabica typica» en Martinique, dont un fut donné cinq ans plus tard au gouverneur anglais de la Jamaïque, sir Nicholas Lawes. Depuis, l’un des plus prestigieux cafés au monde s’épanouit sur les contreforts de la paroisse St. Andrew, dans les «Blue Mountains», à l’ombre de bananiers, de papayers, d’arbres à akee, de mahots bleus et d’acajous. Et dans un microclimat influencé par les alizés est-ouest, un sol volcanique, une pluviométrie favorable, une température de cinq à sept degrés plus basse que sur le reste de l’île — ce qui permet, entre floraison et récolte, de prolonger la saison jusqu’à dix mois, plutôt que cinq —, ainsi que la présence d’un épais brouillard parfumé. Ce qui est fondamental pour un bon café.

Et en Martinique alors? Et bien vinrent des temps difficiles : cyclones, fourmis, concurrence des grands producteurs, effondrement des prix…Et le café disparait.

Et pourtant, pourtant…. La Martinique a des atouts. Un terroir volcanique fertile baigné de soleil et d’eau et un savoir-faire. Suffit de s’y remettre.

Chose dite, chose faite ! Voilà que les autorités martiniquaises – suite à la visite de Japonais et d’Américains amoureux du café qui poussent sur les flancs des «Blue Mountains», en Jamaïque, s’intéressent à nouveau au «typica arabica». Un agriculteur du quartier du Morne-Vert, dans le nord caraïbe, a été choisi avec une vingtaine d’autres producteurs de café en Martinique, pour exploiter le fameux plant au pied du morne Lacroix, à l’ombre des pitons du Carbet. Et l’aventure commence!

La première récolte aura lieu dans 3 ans en 2020, sur les 20 hectares en production au Morne Vert, à Bellefontaine et à Fonds-Saint-Denis.
À lire aussi dans le quotidien Le Devoir: http://www.ledevoir.com/plaisirs/voyage/428297/tourisme-jamaique-j-ta-couleur-cafe